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Réformer la protection sociale : les leçons du modèle suédois

 

g) La pérennité du système suppose le respect de la stabilité des règles par le pouvoir politique

Pour les concepteurs des comptes notionnels, l'enjeu est celui de l'adhésion de la majorité de la population suédoise dans la durée.

Or, celle-ci pourrait être remise en cause si les pouvoirs publics interviennent pour modifier des règles du jeu censées être fixées une fois pour toutes. C'est ce qui s'est produit en Italie qui, après avoir opté en 1995 pour un système en comptes notionnels s'inspirant partiellement de l'exemple de la Suède, lui a déjà apporté un changement important : la possibilité initiale de faire liquider ses droits à la retraite entre cinquante-sept et soixante-cinq ans sera remplacée en 2008 par un âge fixe de soixante ans pour les femmes et de soixante-cinq ans pour les hommes. La logique première a ainsi été rompue29(*).

En définitive, la loi du 8 juin 1998 est désormais soumise à l'épreuve du temps. Compte tenu de l'inertie des systèmes de retraite, on ne pourra vraiment commencer à parler de succès que dans une vingtaine d'années. Mais les débuts sont prometteurs et riche d'enseignements.

* 29 Lire sur le sujet : La lettre de l'observatoire des retraites (mars 2005 - n° 14) - « La technique de retraite par points ».