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Finlande : le bon élève des systèmes éducatifs occidentaux peut-il être un modèle ?

 

IV. L'ORGANISATION DES ÉTUDES SUPÉRIEURES : UNE RÉFORME EN COURS

L'enseignement supérieur est dispensé dans les universités et dans les écoles supérieures professionnelles, qui sont des établissements supérieurs de formation orientés vers la formation professionnelle.

Relevons que 70 % des Finlandaises de moins de 38 ans ont un diplôme universitaire ou d'une école supérieure professionnelle, alors que ce taux n'est que de 45 % pour les hommes. Ceci explique que le chômage touche davantage ces derniers.

A. LES ÉTUDES À L'UNIVERSITÉ

1. Une sévère sélection à l'entrée de l'université

La Finlande comporte 16 établissements de niveau universitaire, suite à la fusion de plusieurs d'entre eux. Parmi ces universités, on compte une école militaire, une école d'art dramatique et une école de musique.

Certains de ces établissements sont de petite taille afin d'assurer un enseignement universitaire au sein de villes de taille modeste.

Toutes les universités pratiquent, à tous les niveaux, un numerus clausus. Comme il y a plus de candidats que de places, les universités utilisent différents critères de sélection des étudiants.

L'entrée à l'université s'apparente donc en général à un concours, du fait du nombre limité de places.

Compte tenu de cette sélection, seuls 26 à 30 % des bacheliers entrent à l'université à l'issue des concours d'entrée.

Précisons que le ministère de l'éducation fixe le nombre total d'étudiants inscrits chaque année dans chacune des universités, à charge pour elles de les répartir selon les besoins.

Certains interlocuteurs ont déploré une baisse du niveau des bacheliers, notamment en culture générale et en langue française. L'obligation pour les élèves d'apprendre deux ou trois langues rend parfois difficile l'approfondissement de l'une d'entre elles. En outre, l'absence de méthode d'apprentissage systématique à l'école peut poser des problèmes ensuite, à l'université.

Cette diminution du niveau des candidats peut entraîner une baisse du nombre d'étudiants dans les disciplines concernées.

C'est ainsi que Mme Païvi Sihvonen, maître de conférences en français au département de langues romanes à l'université d'Helsinki, a indiqué à votre délégation qu'en raison du niveau insuffisant des candidats souhaitant poursuivre des études de français à la rentrée 2009, seuls 25 d'entre eux ont été inscrits alors que 38 places étaient offertes.

Outre les conséquences du système modulaire évoqué ci-dessus, cette situation s'explique aussi par la priorité donnée à l'apprentissage de l'anglais, qui réduit la place des autres langues. Ainsi, seules cinq villes finlandaises proposent le français comme première langue étrangère et seules une ou deux écoles d'Helsinki sont dans ce cas. Votre délégation ne peut que regretter cette moindre appétence pour l'apprentissage du français par les jeunes finlandais. Après une forte croissance de l'enseignement du français consécutive à l'entrée de la Finlande dans l'Union Européenne, la situation actuelle s'avère préoccupante. Un interlocuteur rencontré par votre délégation a estimé que la seule mesure permettant d'y remédier consisterait à interdire l'apprentissage de l'anglais comme première langue étrangère. En effet, celui-ci est à la fois plus facile et aisément accessible, la télévision finlandaise procédant à des sous-titrages systématiques des films anglo-saxons en finnois.