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La RGPP : un défi pour les collectivités territoriales et les territoires (rapport)

22 juin 2011 : La RGPP : un défi pour les collectivités territoriales et les territoires (rapport) ( rapport d'information )
b) Des chefs-lieux parfois en souffrance : l'exemple de Digne-les-Bains (Alpes- de- Haute-Provence)

En vue d'illustrer les problèmes rencontrés par les villes moyennes du fait de la RGPP, M. Serge Gloaguen, maire de Digne-les-Bains et membre de la Fédération des maires des villes moyennes (FMVM), a expliqué à votre mission les difficultés traversées par la commune dont il est le premier magistrat. Les éléments qui suivent sont extraits de son intervention147(*).

Digne-les-Bains, préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, voit sa population, qui avait progressé de 2001 à 2006 pour atteindre le seuil critique des 20.000 habitants, diminuer depuis peu. Elle a ainsi perdu 500 habitants en 2007 et 200 habitants en 2008. Cité administrative vivant également du tourisme, du thermalisme et de l'artisanat, elle compte 12.000 emplois, qui font également vivre un arrière-pays de 28.000 habitants. Pas moins de 53 % de ces emplois sont publics ou parapublics.

Or, Digne-les-Bains en a « perdu un certain nombre, notamment la direction des services vétérinaires et celle de l'administration fiscale »148(*).

Déjà le projet de réseau autoroutier (l' « A585 ») depuis l'A51 jusqu'à Digne-les-Bains n'avait pas été retenu dans le schéma national des infrastructures de transport (SNIT). Mais « le coup de grâce a été la programmation de la fermeture de la maison d'arrêt, la seule fermée de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur »149(*). Cette maison d'arrêt représente quarante emplois directs pour une cinquantaine de détenus.

Annoncé dans le cadre des mesures RGPP pour la justice, ce projet de fermeture fragilise bien sûr le tribunal de grande instance et les effectifs de la Police nationale de Digne-les-Bains.

Pour tenter de surmonter cet obstacle, M. Serge Gloaguen travaille depuis le début de l'année 2010, en concertation avec la Chancellerie dont il s'est rapproché, à un projet de construction d'un nouveau centre pénitentiaire. Il place beaucoup d'espoirs dans l'aboutissement de ce centre qui créerait de l'emploi. Or, « les emplois publics et privés sont liés. Le départ des fonctionnaires, surtout ceux de catégorie A, entraîne la fermeture des services parapublics : EDF et La Poste ont déménagé une partie de leurs activités à Avignon ; la Mutuelle du Soleil s'est installée à Marseille ».

Sans être contre la logique de métropolisation (« il faut renforcer Marseille face à Barcelone »), le maire de Digne-les-Bains estime toutefois qu'il faut arrêter « d'entasser les services dans les grandes cités qui concentrent les problèmes de logement, de transport, de sécurité et de santé publique ».

D'autres pistes sont également à l'étude pour permettre à Digne-les-Bains de sortir de la situation difficile dans laquelle elle se trouve et de renouer avec son dynamisme passé, comme par exemple un projet d'extension de l'activité thermale à la remise en forme dans le cadre des « pôles d'excellence rurale ». Mais les incertitudes actuelles sur son avenir fragilisent l'activité privée : « le projet d'installation d'un centre de balnéothérapie et d'une résidence sur le site du golf est gelé ; les investisseurs attendent ».

Le maire de Digne-les-Bains en est convaincu : « nous ne pouvons pas reculer ; cela signifierait une diminution de la population ».


* 147 Audition du 9 février 2011.

* 148 Idem.

* 149 Idem.