Allez au contenu, Allez à la navigation

Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions)

3 avril 2013 : Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions) ( rapport d'information )
Audition de M. Jean-Marie BATAILLE, directeur de l'Institut français d'application pour le corps et l'esprit (Iface) (mardi 26 février 2013)

M. Alain Milon, président. - Nous recevons M. Jean-Marie Bataille, de l'Institut français d'application pour le corps et l'esprit (Iface). Notre réunion n'est pas ouverte au public et un compte rendu en sera publié avec le rapport. Pouvez-vous me confirmer, monsieur Bataille, que vous n'avez pas donné votre accord pour que cette audition fasse l'objet d'une captation vidéo ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je le confirme.

M. Alain Milon, président. - Je rappelle à l'attention de M. Jean-Marie Bataille que notre commission d'enquête s'est constituée sur la base du droit de tirage annuel du groupe RDSE, dont M. Jacques Mézard, notre rapporteur, est président.

Conformément à la procédure applicable aux commissions d'enquête, je vais maintenant demander à M. Bataille de prêter serment.

Je rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434-13,434-14 et 434-15 du code pénal.

Monsieur Jean-Marie Bataille, veuillez prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, levez la main droite et dites : « Je le jure ».

M. Jean-Marie Bataille. - Je le jure.

M. Alain Milon, président. - Monsieur Bataille, vous avez la parole...

M. Jean-Marie Bataille. - Je vais vous transmettre deux dossiers, l'un sur le rapport d'activité de l'Iface et l'autre sur le syndicat des ondobiologues.

La société Iface a été créée le 24 octobre 1986. C'est une SARL. Je suis donc en activité depuis vingt-sept ans. Je vous remercie de m'avoir convoqué, chose que n'a jamais faite la Miviludes qui a pourtant décrété que nous étions peut-être bien une secte, ce qui a été gravement préjudiciable à notre activité. J'étais loin de me douter qu'il puisse y avoir dans notre République des services aussi nuisibles.

Du fait de la Miviludes, notre société s'est réduite à trois personnes et à trois praticiens installés qui se relaient pour assurer les formations, selon les besoins, en faisant profiter les stagiaires de leur expérience. Notre chiffre d'affaires est en constante régression depuis 2009 : il est passé de 1 560 000 euros à 993 000 euros l'année dernière tandis que notre marge passait de 269 000 euros à 103 000 euros, ce qui m'a conduit à ne pas percevoir mes dividendes à cause de ces problèmes de trésorerie.

Il y a eu des scandales médiatiques suite à l'émission Droit de réponse. Il y a eu un complot.

Alors que nous exercions notre activité depuis fort longtemps et que notre activité était déclarée, la Miviludes s'en est prise à nous en même temps que l'administration des impôts et nous avons dû nous acquitter de la TVA. Le service régional de la formation professionnelle a décidé que notre activité de formation n'était plus acceptable. C'est grave. On peut s'interroger sur l'utilité de tels services qui nous ont mis dans une situation délicate, alors que nous créions une centaine d'emplois par an.

A l'heure actuelle, nous dispensons quatre types de formations différentes : formation de base (cinq jours), formation supérieure (sur le même principe, par exemple la semaine suivante, selon la volonté de stagiaires), formation en drainolymphologie, formation en biochirurgie immatérielle. Au total, nous avons fait 1 669 formations : 384 en formation de base, 785 en formation supérieure, 341 en drainolymphologie et 159 en biochirurgie immatérielle. Je vous renvoie aux diverses pièces que contient la brochure de l'Iface. Au début, j'enseignais entre une et trois journées, mais pas sur quatre semaines comme maintenant. Cette évolution a été progressive. Je tiens néanmoins à attirer votre attention notamment sur la pièce 17 qui rappelle que la médaille du « mérite et dévouement français » m'a été remise au Sénat par le président de cette association, Jacques Hablot, qui est mort maintenant. La pièce 18 signale que la Cour de cassation estime que le terme de médecine n'est pas protégé du tout : on peut l'employer dès lors que l'on ne fait pas de diagnostic et qu'on ne prescrit pas. La pièce 20, modèle d'inscription à l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), nous classe dans les professions de santé humaine non répertoriées, ce qui nous a amené à créer notre syndicat pour éviter que des personnes se déclarent ondobiologues sans avoir été correctement formées. Notre syndicat vise donc à protéger le public. Notre code de déontologie a le même objet. La pièce 21 - à mon avis la plus importante - revient sur les dérives sectaires, ce qui ne nous concerne ni de près, ni de loin car nous ne commettons pas d'abus de faiblesse, de mise en danger.

M. Alain Milon, président. - Nous connaissons tout cela.

M. Jean-Marie Bataille. - Il est quand même utile de rappeler que nous ne sommes aucunement concernés : il n'y a pas abus de faiblesse ni mise en danger d'autrui à l'Iface.

M. Alain Milon, président. - Je passe la parole à M. Mézard.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Ce qui nous intéresse, c'est de savoir ce que vous faites : en quoi consiste l'ondobiologie ? Que soigne l'ondobiologie ? Qu'est-ce que la « biochirurgie immatérielle » ? Comment la pratiquez-vous ? Pourquoi faudrait-il, selon vous, former 6 000 ondobiologues ?

M. Jean-Marie Bataille. - Oui, un pour 10 000 habitants, pour remplacer les magnétiseurs surtout.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous êtes passé de l'ordre des biomagnétiseurs au syndicat des ondobiologues. Quelles sont vos pratiques ? Qu'est-ce que l'ondobiologie ?

M. Jean-Marie Bataille. - J'ai passé dix ans de ma vie professionnelle à faire des analyses biochimiques (urée, cholestérol...) dans des laboratoires médicaux et vétérinaires ; j'ai été obligé d'arrêter parce que j'ai eu les cordes vocales atteintes par les réactifs. J'ai voulu faire l'expérience du magnétisme pour comprendre ce phénomène. Je me suis rendu compte que nous fournissions nous-mêmes nos énergies électromagnétiques, mais qu'on ne pouvait les utiliser sur des gens sans les contrôler. Au cours d'une séance, j'ai donné trop d'énergies à une femme et j'ai pris en retour toutes les siennes, si bien que j'ai perdu la vue pendant une heure et que ma tension est montée en flèche. J'ai vraiment failli en mourir. Il me fallait donc être plus prudent et extraire les énergies usées de ces personnes avant d'en introduire de nouvelles.

J'ai donc mené une expérience sur une femme qui avait les jambes lourdes. J'ai extrait les énergies usées d'une de ses jambes et j'ai constaté ensuite qu'elle boitait. Elle ne sentait plus sa jambe mais l'autre était lourde. C'était donc ainsi qu'il fallait procéder : extraire les énergies usées - notamment du dos, de chaque côté de la colonne vertébrale - pour que les organes puissent se régénérer. Pour parfaire cette technique, je me suis un peu inspiré de la médecine chinoise. Effectivement, chaque organe correspond à une cuvette d'évacuation. L'ondobiologie part du principe qu'on ne vivait que d'ondes. Et d'ailleurs Luc Montagnier, prix Nobel, est parti en Chine car on lui faisait trop de misères en France : il estime que l'avenir réside dans les ondes électromagnétiques humaines. Maintenant, je peux vous parler de la drainolymphologie.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Je suis d'accord. Parlez-nous des « rénovations lymphatiques - méthode Bataille ». Vous écrivez que préalablement à toute rénovation lymphatique, il convient de nettoyer les égouts d'énergie et les cuvettes collectrices pour rétablir les fonctions lymphatiques. Je lis qu'il est indispensable de rénover les ganglions pour les débarrasser de toutes les incrustations de déchets qui les empêchent de fonctionner. Vous dites aussi que ces soins sont prodigués sans toucher les personnes et que « seule la méthode Bataille peut réaliser cette prouesse technique. » C'est quoi, la méthode Bataille ? Elle a un effet direct sur les ganglions ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je peux le prouver tout de suite. Les drainages lymphatiques sont faits par des kinésithérapeutes qui engagent la responsabilité des médecins qui les prescrivent. Or, les kinés acquièrent leurs connaissances en dehors de la faculté puisque - ce n'est d'ailleurs pas de leur faute - seules sept heures de cours sont dispensées en trois ans sur les problèmes lymphatiques. Or, en enlevant les énergies usées qui les bloquent, les ganglions peuvent à nouveau fonctionner sans problème. Nous, nous enlevons les énergies usées et le ganglion refonctionne. Nous évitons ainsi des opérations, notamment des seins.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous dites que vous pouvez éliminer les nodules.

M. Jean-Marie Bataille. - Absolument. Pas cancéreux, attention !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Ne croyez-vous pas que vous n'utilisez pas un certain abus de faiblesse ?

M. Jean-Marie Bataille. - Absolument pas ! Vous n'avez qu'à lire tous les courriers de remerciement que je reçois. Où est l'abus de faiblesse alors que nous parvenons à désengorger des ganglions, ce qui évite à des femmes de se faire opérer de la chaîne de ganglions sous les aisselles ? Attention : les ganglions ne disparaissent pas, ils se dégorgent. Il faut le voir pour le croire.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Qu'est-ce que la biochirurgie immatérielle ?

M. Jean-Marie Bataille. - Il s'agit de l'aboutissement de toutes les recherches que j'ai pu mener. En cas par exemple de lombaires douloureuses, au lieu de se faire opérer, il est possible de les rénover en extrayant tout ce qu'il faut régénérer ; on crée une pièce que je pense être des cellules souches ; on la remet en place ; on reprogramme la génétique et après ça se rematérialise et ça se raccorde.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous estimez avoir une action dans le corps sans y toucher. D'après vous, vous dématérialisez ce qui doit être restauré en créant instantanément une pièce nouvelle en plasma énergétique immatérielle composée de cellules souches. Pour les lombaires, vous dématérialisez ces vertèbres et vous en remettez d'autres, sans intervention chirurgicale, sans toucher le patient et en décrivant de l'extérieur une opération biochirurgicale, en étant en blouse...

M. Jean-Marie Bataille. - Tout à fait. Je précise bien : biochirurgicale immatérielle. On n'est pas urgentiste.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Et je lis que vous pouvez éliminer un kyste sur un ovaire ? Vous faites comment, là ?

M. Jean-Marie Bataille. - On désagrège le kyste. C'est une opération qui peut être dangereuse d'ailleurs. Au moment où le kyste se désagrège, il faut le jeter dans une poubelle, mais il faut aller très très vite.

M. Alain Milon, président. - Et la poubelle, qu'est-ce que vous en faites ?

M. Jacques Mézard, rapporteur. - La poubelle est-elle immatérielle ?

M. Jean-Marie Bataille. - Non, et on la vide dans l'espace. A l'échographie, ça se voit immédiatement.

Mme Catherine Deroche. - Faites-vous des échographies avant et après vos interventions ?

M. Jean-Marie Bataille. - Les gens qui viennent nous voir ont les éléments. Ils nous disent : « j'ai un kyste, qu'est-ce que vous pouvez faire ? »

M. Alain Milon, président. - Qui pose le diagnostic ?

M. Jean-Marie Bataille. - Le médecin !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Si vous ne faites pas de diagnostic, comment réalisez-vous des opérations immatérielles ? Comment jugez-vous de ce qu'il faut faire en opérant ?

M. Jean-Marie Bataille. - Le diagnostic est une chose et l'opération une autre.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment faites-vous pour décider d'opérer quelqu'un par exemple d'une vertèbre sans diagnostic ?

M. Jean-Marie Bataille. - Il y a des douleurs, des dos bloqués... Lorsqu'il y a une bascule du bassin, le problème est facile à voir lorsque le patient est à plat ventre, s'il y a une jambe qui dépasse l'autre.

M. Alain Milon, président. - Vous parvenez à détecter une bascule du bassin à plat ventre ?

M. Jean-Marie Bataille. - Absolument ! Il faut réformer beaucoup de choses. A plat ventre, vous voyez tout de suite si une jambe dépasse l'autre.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment faites-vous pour les kystes sur l'ovaire ? Ne s'agit-il pas d'exercice de la médecine ?

M. Jean-Marie Bataille. - Absolument pas ! Les gens viennent avec une échographie. Je lis le compte rendu. Il n'y a pas de diagnostic et nous ne prescrivons rien.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment persuadez-vous les gens qui viennent vous voir que vous les avez soignés ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je ne prétends pas soigner les gens, à part les stagiaires.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Est-il raisonnable de demander comme vous le faites dans vos publicités, comme celle qui est parue dans la revue Profession thérapeute, que 6 000 personnes soient formées à votre méthode, sans connaissances spéciales ? Pensez-vous qu'il soit possible de réaliser ces miracles grâce à votre formation ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je n'emploie jamais ce mot !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Pensez-vous que des gens puissent enlever des kystes sur des ovaires sans connaissances spéciales ? Je termine. Je cite votre publicité. Vous vous adressez à « certains humanistes qui aimeraient partir dans le Tiers-monde pour aider les malades démunis, grâce aux moyens salutaires et providentiels de notre médecine à mains nues qui ne coûte rien ». Vous croyez que c'est bien de soutenir de telles thèses ?

M. Jean-Marie Bataille. - Parfaitement bien. Je serais honteux de ne pas l'avoir écrit.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Ne s'agit-il pas d'un super abus de faiblesse ?

M. Jean-Marie Bataille. - Mes portes sont ouvertes à tous les médecins et à tous les kinés. Lorsqu'un médecin vient se former, il n'est pas rare que dès le premier jour ou le deuxième, il se mette à pleurer et qu'il soit en colère parce qu'on lui a caché à la faculté l'existence des énergies. Les kinésithérapeutes, quant à eux, doivent oublier tout ce qu'ils ont appris afin de travailler de façon globale, avec l'« esprit intégral ».

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Qu'est-ce que c'est, l'« esprit intégral » ?

M. Jean-Marie Bataille. - On a le conscient et le subconscient. Le conscient veut tout mais ne peut rien tandis que le subconscient ne veut rien mais peut tout : il faut faire travailler les deux ensemble pour obtenir ce qu'on veut. On peut faire beaucoup de choses à partir des énergies.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Est-il raisonnable de faire croire à nos concitoyens que vous pouvez changer leurs vertèbres sans les toucher ?

M. Jean-Marie Bataille. - Pourquoi « faire croire » ? Mes stagiaires le vivent eux-mêmes ! Je ne peux que vous inviter à venir voir ce qu'il en est. Georges Fenech n'est jamais venu.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Combien votre syndicat compte-t-il d'adhérents ?

M. Jean-Marie Bataille. - Pas plus de 150 personnes.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Combien coûte une séance ?

M. Jean-Marie Bataille. - C'est libre. Il faut compter 60 euros pour une heure et 500 euros pour une heure d'opération. S'ils mettent une demi-heure, ils prennent 250 euros.

Nous nous adressons à ceux qui veulent soigner les autres et pour montrer l'efficacité de la méthode, nous faisons des démonstrations les vendredis sur les stagiaires qui souffrent de douleurs, notamment de vertèbres cervicales, de lombaires.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Maintenez-vous que l'on peut enlever un kyste sur un ovaire, un rein, un sein, en l'expulsant du corps ?

M. Jean-Marie Bataille. - Tout à fait.

M. Alain Milon, président. - Il est dit dans votre brochure que les infirmières qui suivent votre enseignement peuvent apprendre « une technique réellement instantanée qui permet de stopper une crise cardiaque dans l'instant, sans toucher la personne, laquelle revient à elle immédiatement sans aucune souffrance ni séquelle, avec un pouls normal, une bonne respiration, en se disant bien dégagée ».

M. Jean-Marie Bataille. - C'est la réalité. Moi-même, j'ai pratiqué cette technique un soir de Saint-Sylvestre et tout le village peut en témoigner : un homme âgé s'est évanoui - crise cardiaque - et, après mon intervention, il est revenu à lui et il s'est mis à danser.

M. Alain Milon, président. - C'était un malaise vagal, pas une crise cardiaque.

M. Jean-Marie Bataille. - Vous n'en savez rien du tout. Vous n'étiez pas là.

M. Alain Milon, président. - Donc ce soir-là, vous avez fait un diagnostic ?

M. Jean-Marie Bataille. - Il n'y avait pas de diagnostic à faire. Tout le monde était perdu. C'est très facile. Tout le monde devrait l'apprendre, cette technique.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - De par les photos que je vois, vous opérez en blouse blanche. A quoi sert d'opérer en blouse blanche alors qu'il s'agit d'opérations immatérielles ? Vous ne touchez pas le patient. Vous donnez l'impression que ça ressemble à de la médecine.

M. Jean-Marie Bataille. - Nos blouses ne sont pas blanches, mais jaunes. D'ailleurs, les médecins font une erreur avec leurs blouses blanches qui constituent un barrage à l'énergie. Le jaune absorbe les énergies. Je parle des énergies du soleil.

Mme Catherine Deroche. - Comment avez-vous appris la technique de l'ondobiologie ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je ne l'ai pas apprise, je l'ai inventée. J'ai d'ailleurs passé ma vie à chercher, à inventer. Ainsi en a-t-il été d'un chauffage solaire que j'ai mis au point.

Ce sont les échecs qui m'ont permis de progresser : je ne tolérais pas de ne pas pouvoir soigner quelque chose - hormis les cancers dont je n'ai jamais voulu m'occuper. De fil en aiguille, ma technique s'est améliorée et je suis parvenu à l'ondobiologie que je vous invite à venir découvrir, mais sans l'aide de personne car aucun livre ne traite de l'énergie électromagnétique.

Mme Catherine Deroche. - En même temps, vous dites qu'à aucun moment vous ne vous substituez aux médecins et qu'il faut que la personne qui vient vers vous ait déjà un diagnostic. Mais que se passe-t-il lorsque vous avez affaire à un kyste, par exemple sur un ovaire, qui vous dit qu'il n'est pas de nature cancéreuse ?

M. Jean-Marie Bataille. - Nous essayons notre méthode et nous voyons le résultat. Il y a des kystes d'eau. On essaie et on voit. Si ça ne marche pas, il ne faut pas faire payer.

Mme Catherine Deroche. - Vous dites : je vide un ganglion. Mais un ganglion, ce peut être beaucoup de choses. Vous dites que cela fonctionne : très bien ! Comment être sûr que vous ne faites pas perdre au patient des chances, s'il avait un cancer, d'être traité par la médecine ?

M. Jean-Marie Bataille. - Absolument. Nous sommes prudents. Nous essayons de relancer l'activité du ganglion. Si nous n'y arrivons pas, nous suggérons au malade d'en parler à son médecin. Il faut être prudent car ce n'est plus de notre ressort : il n'y a pas de miracle !

Mme Hélène Lipietz. - Sur votre site, il est indiqué que vous soignez la stérilité féminine : et la stérilité masculine ?

M. Jean-Marie Bataille. - Ce n'est pas notre domaine. Je vais vous faire une confidence : j'ai exercé à Montargis, et c'est à cause de problèmes de stérilité féminine que j'en suis parti. Je recevais des couples - on voit de tout - qui essayaient depuis sept ou huit ans d'avoir un enfant. Or, j'ai remarqué, grâce à la biochirurgie, que la trompe de Fallope se spasmait, empêchant l'ovule de descendre.

M. Alain Milon, président. - Il était bloqué.

M. Jean-Marie Bataille. - Oui, et c'était dramatique ! J'ai mis au point une méthode qui consistait de façon immatérielle à envoyer une sonde avec un petit coussinet au bout que l'on gonflait avec une poire extérieure pour dilater la trompe. La personne le sentait d'ailleurs. Ça lui faisait mal. Après je leur disais d'avoir leur rapport - pas chez moi, chez eux ! Avec cette méthode, je n'ai pas connu un seul échec. Pourquoi ai-je quitté Montargis ? Et bien, je n'ai jamais eu le moindre coup de fil de remerciement. Avant qu'ils attendent l'enfant, ils me faisaient des promesses pharamineuses. Pas un merci. Le seul coup de fil que j'aie eu est celui d'une future grand-mère. Une fois seulement, une brave femme m'a déclaré « Grâce à vous, je suis enceinte » alors que c'est une ancienne stagiaire qui l'avait soignée et qui a tenu à ce qu'elle m'appelle. L'attitude de ces couples m'a écoeuré complètement. Ça m'a tellement marqué que je suis parti.

Mme Hélène Lipietz. - Sur votre site, un clic sur la biochirurgie immatérielle donne accès à une photo où vous figurez en blouse blanche, aux côtés d'une dame en blouse jaune. Il va falloir songer à changer de couleur de blouse !

M. Jean-Marie Bataille. - Cette blouse est beige. Vous avez un problème de chromatique. Ça se soigne aussi.

Mme Hélène Lipietz. - Le site est très intéressant, mais les tarifs ne sont jamais mentionnés. Stages, séances : combien cela coûte-t-il ? J'ai cherché dans la « liste des professionnels » les praticiens de Saint-Chaprais, dans les Hautes-Alpes, commune que je connais bien. L'un d'entre eux indique : « Le prix des consultations est variable. Téléphoner ». Si vous ne relevez pas de la médecine, ne relevez-vous pas comme tout prestataire de service du droit de la consommation et que vous devez annoncer vos prix ?

M. Jean-Marie Bataille. - Ils sont libres de demander le prix qu'ils veulent. Et dans tous les métiers, il y a des bons et des moins bons... Comment exclure les véreux ? Ce qu'écrit ce praticien ne me regarde pas. Il y en a qui mettent le prix, quand même.

Mme Hélène Lipietz. - Pourriez-vous nous renseigner sur la géobiologie ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je ne suis pas géobiologue. La géobiologie s'intéresse aux énergies de la Terre ; les ondes telluriques peuvent être dangereuses pour l'homme. Ainsi, beaucoup pensent que la mort subite du nourrisson est liée au fait que l'enfant dort sur une ligne tellurique.

M. Alain Milon, président. - Comment vous sentez-vous après cette audition ?

M. Jean-Marie Bataille. - Je me sens libéré. Je vous en remercie. Je n'ai senti aucune agressivité de votre part, malgré quelques sourires : c'est normal, vous ne me connaissez pas ! Mais je vous invite à venir...