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Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions)

3 avril 2013 : Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions) ( rapport d'information )
Audition de M. Daniel CHAUVIN, président de l'association Invitation à la Vie (IVI), accompagné de Mmes Alberte GENTOU, Lorraine BOUNINE CABALÉ et Catherine CORDIER DE BARTHA (mercredi 27 février 2013)

M. Alain Milon, président. - Mes chers collègues, nous recevons aujourd'hui M. Daniel Chauvin, président de l'association Invitation à la Vie (IVI), accompagné de Mmes Alberte Gentou, Lorraine Bounine Cabalé et Catherine Cordier De Bartha.

Notre réunion d'aujourd'hui n'est pas ouverte au public ; un compte rendu en sera publié avec le rapport.

Monsieur Daniel Chauvin, me confirmez-vous que vous n'avez pas donné votre accord pour que cette audition fasse l'objet d'une captation vidéo ?

M. Daniel Chauvin. - Je le confirme.

M. Alain Milon, président. - Je vous donne acte de ce refus.

Je précise à l'attention de M. Daniel Chauvin et des personnes qui l'accompagnent que notre commission d'enquête s'est constituée à l'initiative de M. Jacques Mézard, qui est notre rapporteur.

Je vais maintenant, conformément à la procédure applicable aux commissions d'enquête, demander à M. Daniel Chauvin et à Mmes Alberte Gentou, Lorraine Bounine Cabalé et Catherine Cordier De Bartha de prêter serment.

Je rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal.

Monsieur Daniel Chauvin, mesdames Alberte Gentou, Lorraine Bounine Cabalé et Catherine Cordier De Bartha, veuillez successivement prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, levez la main droite et dites : « Je le jure ».

Les quatre personnes se lèvent et prêtent serment.

Ainsi que vous en avez été informés, notre audition est prévue pour durer quarante-cinq minutes. Je vous invite donc à prononcer un court exposé introductif, puis mon collègue Jacques Mézard et les sénateurs membres de la commission vous poseront quelques questions.

Monsieur Daniel Chauvin, vous avez la parole.

M. Daniel Chauvin, président de l'association « Invitation à la vie ». - Je souhaiterais, avant de répondre à vos questions, faire une déclaration liminaire au nom de l'association Invitation à la vie, de ses membres et de son conseil d'administration.

Invitation à la Vie note qu'elle est convoquée en ma personne pour être entendue par votre commission, intitulée « Commission d'enquête sur l'influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé ».

J'en déduis que :

- soit vous considérez que je suis une personne informée sur ces mouvements, et je vous déclare que je ne dispose d'aucune information sur des mouvements de cette nature ;

- soit que vous paraissez considérer qu'Invitation à la vie serait un « mouvement à caractère sectaire », et vous voudriez bien noter nos plus vives protestations contre cette opinion.

Tout d'abord parce qu'à prendre le terme « secte » en son sens classique et littéral, Invitation à la vie, qui est une association loi de 1901, et non une association cultuelle, n'est pas un courant ou une division doctrinale d'un mouvement religieux ou spirituel.

Ensuite, à s'en tenir au sens moderne du terme, IVI n'est pas isolée dans le monde et ses membres ne sont pas coupés de leurs environnements familiaux ou sociaux. Dans ces conditions, si Invitation à la vie et ses membres étaient par malheur « sectarisés », sachez que ce serait bien malgré eux. Ce serait exclusivement le fait de l'ostracisme et du regard de personnes mal informées sur ce qu'est notre association.

Enfin, à prendre le terme au sens juridique, ce serait un non-sens puisque votre commission sait bien que les sectes n'existent pas dans notre droit, et que défendre l'idée contraire constitue une atteinte aux principes de liberté de pensée, d'opinion, d'expression, d'association voire de conscience qui font partie de notre bloc de constitutionnalité.

Nous rejetons donc sans réserve l'idée que notre association aurait un caractère sectaire et nous formons toutes réserves utiles dès à présent à ce sujet.

Nous observons encore que l'objet de votre enquête serait l'influence que notre association pourrait avoir dans le domaine de la santé.

Ceci ne manque pas de nous intriguer puisqu'elle n'en a aucun, et nous sommes bien évidemment là pour vous en informer si jamais vous l'ignoriez.

Je vous remercie de l'attention que vous avez bien voulu porter à notre déclaration liminaire. Nous sommes prêts à répondre à toutes vos questions.

J'en viens à une rapide présentation de l'association. Fondée le 20 janvier 1983, Invitation à la vie est une association loi de 1901 à but non lucratif, laïque d'inspiration chrétienne, ouverte à tous, qui rassemble et accueille des personnes de tous âges, de tous horizons social et culturel, sans distinction de race, de nationalité, de religion, croyantes ou non. Chacun de ses membres et chacune des personnes qu'elle accueille restent libre de vivre selon les convictions religieuses, politiques, idéologiques et culturelles de leur choix.

L'association compte à ce jour dix-sept centres d'accueil sur le territoire national. Notre but est l'accueil, l'écoute et la consolation, par le biais des permanences téléphoniques de SOS-écoute et dans les centres d'IVI par l'écoute et l'harmonisation.

Les centres d'IVI sont tenus par des bénévoles qui s'y relaient afin que chaque visiteur soit reçu, écouté et réconforté.

(M. Chauvin donne lecture de l'objet de l'association figurant dans les statuts d'IVI, joints en annexe)

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Votre association a été fondée par Yvonne Trubert qui avait héritée d'un « don de guérison ». Ce don constituait un élément essentiel de son modèle. Dans ses écrits et selon d'autres documents, elle affirmait guérir la maladie par la prière. Vous avez mentionné un axe religieux, un axe humanitaire et social ; votre association a-t-elle également une vocation médicale ?

M. Daniel Chauvin. - Mme Trubert, décédée il y a trois ans et demi, était selon moi une sainte femme : elle priait beaucoup et était animée d'une grande foi. Les gens venaient à elle et elle les aidait, les réconfortait en leur donnant de l'espérance. C'est le maître mot de son héritage : avec de l'espérance, il devient plus facile de retrouver de l'énergie pour se soigner ou combattre les maladies.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - L'objectif de redonner l'espoir à nos concitoyens peut être partagé. Mais dans une conférence diffusée sur Antenne 2 en juillet 1988, elle ne se bornait pas à la prière, elle expliquait que le cancer des os se soignait par la simple absorption de magnésium et de fixateur de calcium. Dès lors, selon ses mots, « un miracle se produit » et la guérison intervient. De même dans Homme nouveau, nouvelle médecine, elle écrit : « Il n'y a pas de maladies inguérissables. » Cet enseignement est-il toujours d'actualité ?

M. Daniel Chauvin. - Il ne s'agit pas d'un enseignement. Quant à l'enregistrement que vous évoquez, les propos ont été sortis de leur contexte. Il est toujours facile de faire dire aux gens ce que l'on veut dans ces conditions.

Mme Catherine Cordier De Bartha. - L'affirmation selon laquelle il n'y a pas de maladies inguérissables l'engage elle, mais pas nous.

M. Alain Milon, président. - Ses patients aussi !

Mme Catherine Cordier De Bartha. - On peut reformuler sa pensée ainsi : il n'y a que des malades qui ne guérissent pas. Le but de son enseignement n'est pas de guérir les gens mais de les aider à aller mieux, pour les encourager à se soigner par les moyens de leur choix. Comme nous l'indiquons sur de grands panneaux dans nos centres, nous ne nous substituons pas à la médecine. Je suis médecin. L'enseignement de Mme Trubert vise au bien-être des membres de l'association et de ceux qui viennent se faire harmoniser dans nos centres, dont nous ne possédons pas les locaux ; nous les louons. Ses propos sont souvent tronqués. Elle disait souvent : « Si vous aviez la foi aussi grosse qu'un grain de sénevé, vous pourriez guérir. » Mais qui a la foi ? N'oublions pas ce préambule, qu'elle répétait maintes fois. Il éclaire ses propos.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - On peut toujours considérer que les propos ont été tronqués, mais est-il raisonnable de faire croire à des malades atteints de cancer qu'ils peuvent guérir de la sorte ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - La citation a été sortie de son contexte. Il ne s'agit que d'une goutte d'eau dans son enseignement, qui n'a pas de visée médicale. Si elle nous avait appris l'art de guérir, notre association compterait plus membres : sur 900 membres, nous sommes moins de 10 médecins.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Qu'est-ce que l'« harmonisation » ?

M. Daniel Chauvin. - Une personne ne peut être harmonisée qu'avec son consentement. Elle est allongée sur un lit, habillée, recouverte d'un drap, les yeux fermés. Nous nous agenouillons au bord du lit et procédons à une gestuelle sur le corps - pas un massage, plutôt une caresse - sans équivoque - tout en priant intérieurement, en silence, durant tout le protocole qui dure une vingtaine de minutes. Conformément à l'héritage de Mme Trubert, la prière est centrale dans cette action. Nous récitons des prières chrétiennes et faisons des rosaires. Nous prions pour l'humanité, pour la résolution des conflits, pour nos dirigeants, pour les chômeurs, pour ceux qui souffrent... Nous écoutons les gens. Ils en ont besoin. Puis nous harmonisons. Mme Trubert nous a transmis cette technique qu'elle a reçue de Dieu, mais chacun reste libre de le croire...

Nous avons rencontré des difficultés médiatiques : lorsque notre mouvement, d'inspiration chrétienne, s'est constitué, l'Eglise catholique nous a demandé de nous rattacher à des mouvements charismatiques. L'association a refusé car elle accueille des personnes de toutes croyances, chacun étant libre de pratiquer son culte, même si tous récitent les mêmes prières. Cela a fortement déplu à l'Eglise et les ennuis ont commencé. Un prêtre a répandu des rumeurs dont les médias se sont emparés, à une époque marquée par la lutte contre les sectes. Nous avons été pris dans cette tourmente. Les propos que Mme Trubert a prononcés lors d'un séminaire, où elle avait accepté la présence de caméras, ne cessent d'être répétés et tronqués. Elle ne s'adressait pas à des malades. Son seul souhait était de rendre aux personnes l'espérance, permettant de surmonter les maladies. De là, un amalgame est né qui nous empêche d'apporter aux autres du réconfort et de la consolation. Il suffit de venir dans nos centres pour vérifier nos pratiques. Rien n'est secret, ils sont ouverts au public. La commission d'enquête de l'Assemblée nationale nous a inclus dans sa liste de sectes. Celle-ci n'étant pas attaquable, nous en subissons les conséquences et de nombreuses personnes ont perdu leur emploi en raison de leur appartenance à l'association.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Dans votre brochure, vous indiquez que l'harmonisation, qui agit sur tous les plans de l'être, « ne se substitue à aucune thérapie, est dispensée à toute personne qui le désire dans les centres d'IVI ou sur demande à l'extérieur : domicile, hôpital, maison de retraite... ». Pourquoi cibler les hôpitaux ou les maisons de retraite ? Est-ce parce qu'ils accueillent des personnes qui souffrent ? Pourquoi ne pas le faire dans vos centres ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Tous les gens ne sont pas en état de se déplacer.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - L'hôpital est-il le lieu adéquat pour ce genre de pratique ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Nous n'y procédons que sur demande expresse des patients. C'est très rare, une dizaine de cas par an à Paris. Lorsque j'étais chef de clinique à l'hôpital, tous mes patrons acceptaient et me demandaient d'harmoniser des patients car ils avaient pu en constater les bienfaits, en complément des traitements, pour le bien-être des malades. Etant médecin de rééducation neurologique, je soignais des personnes tétraplégiques, paraplégiques, ou sortant du coma. L'harmonisation les aidait à accepter leur handicap et à retrouver une envie de vivre. Un jour je suis allé visiter un ami à l'hôpital ; il venait de se suicider et avait envie de recommencer. Il était allongé sur son lit d'hôpital, je l'ai harmonisé, sans le lui dire. Le lendemain, il m'a dit : « je ne sais pas ce que tu m'as fait, mais hier, je n'avais qu'une envie, c'était me suicider, et aujourd'hui je n'en ai plus du tout envie. » C'était il y a vingt ans, il est toujours en vie. Nous n'en avons jamais reparlé. Nous ne faisons pas de prosélytisme. Nous n'intervenons que si une personne le demande ou qu'elle en a besoin.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Et les « vibrations » ?

M. Daniel Chauvin. - Les vibrations constituent, avec la prière et l'harmonisation, la troisième clef de nos pratiques. Il s'agit d'émettre des sons en groupe, et de chanter. De tous temps, on a reconnu de grandes vertus aux chants.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Nous ne souhaitons pas vous empêcher de prier ni de chanter. Nous sommes attachés au respect de la liberté de conscience et à la liberté religieuse. Nous nous intéressons à ce qui touche à la santé. Peut-on affirmer, comme il était écrit sur votre ancien site, que « la liberté de guérir étant laissée à chaque individu, sa guérison totale lui appartient et ne peut se produire que lorsque l'âme l'a choisi » ? Vous faisiez référence à la physique quantique. Vous définissiez la maladie comme « une dérégulation des énergies cosmiques et universelles qui alimentent le corps, comme il l'a été prouvé scientifiquement », et présentiez l'harmonisation comme une réponse. Quelles sont ces preuves scientifiques ? Il y a un lien direct avec la santé.

M. Daniel Chauvin. - Je n'ai pas connaissances de ces éléments. Nous n'avons eu qu'un site, ouvert depuis sept ou huit ans.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Est-ce la philosophie de votre mouvement ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Peut-être s'agit-il d'un témoignage publié sur notre site. La mécanique quantique est étrangère à l'objet de notre mouvement.

Mme Hélène Lipietz. - Pourtant, sur votre site, on trouve une mention de la mécanique quantique dans une lettre adressée à M. Xavier Martin-Dupont, éditeur du site prevensectes le 13 janvier 2011. Vous citez même Einstein.

M. Daniel Chauvin. - Cette lettre répond à certaines rumeurs propagées sur notre compte mais ne résume pas notre philosophie.

Mme Alberte Gentou. - Nous vous avons apporté un livre Invités à vivre, recueil de témoignages d'une trentaine de membres de notre association, aux parcours très divers, de toutes les nations. Cet ouvrage est conçu pour présenter notre association au grand public et donne une image fidèle de notre mouvement aujourd'hui.

M. Alain Milon, président. - « Les vibrations constituent un travail avec les sons, destiné à redonner à la Terre l'énergie et la vie aujourd'hui très diminuées ».

M. Daniel Chauvin. - C'est juste.

M. Alain Milon, président. - Confirmez-vous qu'un de vos membres s'est félicité que les adeptes d'IVI sont parvenus à bloquer un incendie, à Marbella, en 2012, grâce à des vibrations ?

M. Daniel Chauvin. - Je ne sais pas. Il s'agit d'un témoignage ?

M. Alain Milon, président. - Je le vois dans un article paru dans Le Monde en janvier 2013.

Mme Alberte Gentou. - Nous sommes plusieurs centaines : il est difficile de contrôler les propos de chacun. Plus généralement notre enseignement nous conduit à replacer l'homme dans son environnement. Notre démarche est pure. Nous prions pour la Terre, pour l'environnement. La Terre est fatiguée, les océans pollués. Je prie de tout mon coeur pour une meilleure insertion de l'homme dans la nature.

M. Alain Milon, président. - L'argument du nombre ne tient pas. Il ne suffit pas de dire que vous ne pouvez pas contrôler toutes les déclarations de vos adhérents !

Mme Lorraine Bounine Cabalé. - Je m'étais renseignée sur cet article. La personne interrogée avait expliqué que, lors de l'incendie, les membres de l'association locale avaient récité des rosaires pour protéger la Terre et procéder à des séances de vibrations. Mais à aucun moment ils n'ont prétendu avoir arrêté le feu. C'est l'article qui le dit.

M. Alain Milon, président. - Il n'y a pas eu de démenti.

Mme Lorraine Bounine Cabalé. - Nous avons publié un démenti à l'occasion de la parution d'un article du Figaro, mais pour cet article du Monde, notre avocat ne l'a pas jugé utile.

Mme Catherine Génisson. - Les écrits que vous réfutez sont lourds de conséquences. Pourquoi ne pas les démentir clairement ? Pourquoi ne pas supprimer ces mentions de votre site, si elles sont erronées ? Quid d'Homme nouveau, nouvelle médecine ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Ce livre n'est plus publié depuis vingt ans. Il s'agissait d'un petit livre à usage interne, une sorte de recueil de « remèdes de bonne femme ».

Mme Catherine Génisson. - Certes. Mais dans ce livre il est écrit : « On arrive totalement à irriguer et à détruire la maladie, le processus de la maladie. Les métastases s'envoleront sous vos doigts. Vous pensez bien qu'une chimiothérapie ne remettra pas d'ordre, au contraire, les rayons X pas davantage. Les cellules renaîtront si vous vous travaillez ». Il ne s'agit pas de « remèdes de bonne femme » !

Mme Catherine Cordier De Bartha. - A ma connaissance, ces propos ne figurent pas dans ce livre. Il s'agit de la transcription de propos tenus dans un séminaire. Ce livre a été retiré des ventes. Il a fait des remous.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous les comprenez ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Oui.

Mme Catherine Génisson. - Pourquoi votre association ne condamne-t-elle pas ces écrits ? Si vous ne les cautionnez pas, il importe de le dire. Lors d'une séance d'harmonisation, les personnes sont-elles actives ou passives ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Les personnes qui reçoivent une harmonisation le font à leur demande parce qu'elles ont déjà pratiqué cette méthode. Pour la première fois, elles peuvent en avoir entendu parler et souhaiter découvrir cette pratique. Mais si nous rencontrons une personne en grande détresse et que nous estimons pouvoir l'apaiser, nous l'aidons. L'apaiser signifie l'écouter ou l'harmoniser si le lieu s'y prête. La personne s'allonge habillée sur un lit, recouverte d'un drap pour éviter tout contact direct. Notre prière intérieure et notre amour pendant ce gestuel permettent de lui remettre de l'harmonie dans ses centres d'énergie. La personne n'a pas besoin de savoir ni de participer. Si elle le souhaite, nous lui expliquons la démarche. 

Mme Catherine Génisson. - Sans toucher ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Nous nous contentons d'effleurer la personne avec beaucoup de respect.

Mme Hélène Lipietz. - Cette pratique est-elle rémunérée ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Non. Chaque patient est libre de donner ce qu'il veut.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Mais elle a aussi lieu dans des hôpitaux ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Il s'agit de cas marginaux et, dans ce cas, l'harmonisation n'a lieu qu'à la demande du patient qui connaît déjà la procédure. Nous faisons en sorte, après consultation des équipes soignantes, de ne pas perturber la bonne administration des soins. Nous ne pratiquons pas le prosélytisme à l'hôpital. Nous ne sommes d'ailleurs pas assez nombreux pour cela.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - L'article du Monde du 18 janvier 2013 fait état de liens supposés entre votre association et le laboratoire Sevene Pharma.

M. Daniel Chauvin. - Je préside l'association depuis douze ans et suis président du Directoire de Sevene Pharma depuis cinq ans. Je dirige une entreprise de décoration et de peinture à Avignon ; l'association m'a demandé de me porter candidat à la présidence du conseil d'IVI en raison de mes compétences en gestion. J'ai d'abord été actionnaire de Sevene Pharma, comme d'autres membres d'IVI. On m'a demandé d'aider à la gestion. Nous faisons des cultures de plantes médicinales labellisées ECOCERT dans les Cévennes. Je suis entré au Directoire à titre provisoire dans une période de difficultés. Puis le provisoire a duré. Je m'occupe de la gestion, mais le laboratoire est dirigé par un pharmacien. Les liens s'arrêtent là. La politique de Sevene Pharma n'est pas dictée par IVI. Nous possédons neuf médicaments bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché. Le laboratoire développe des traitements homéopathiques.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Pourtant le siège d'IVI est situé à la même adresse que le service marketing de Sevene Pharma ?

M. Daniel Chauvin. - C'est une erreur médiatique. Sevene Pharma possédait des bureaux trop chers à Paris. Nous avons cherché à « réduire la voilure ». Un appartement s'est libéré à côté du siège d'IVI. Nous avons conclu un bail pour une durée d'un an, le temps de trouver un nouveau lieu pour nos bureaux. Comme prévu, fin janvier, les bureaux du laboratoire ont déménagé. Ce choix était dicté par des considérations de bon sens et de saine gestion d'entreprise. Nous avons saisi une opportunité. Le siège du laboratoire est situé dans les Cévennes. Malheureusement IVI est victime d'un amalgame orchestré pour nuire à M. Séralini dont les études sont contestées. Sevene Pharma a travaillé avec lui à l'occasion d'études sur l'action de médicaments sur les cellules humaines. Son laboratoire était plus adapté. Il n'est pas adhérent de notre association et ne lui est en rien associé. Mais comme une campagne pour lui nuire s'est mise en place, les vieux clichés resurgissent tels que nous les connaissons depuis vingt ans.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Votre site indique que Homme nouveau, nouvelle médecine était un livret interne à IVI édité pour la première et dernière foisen 1985 et qui ne circule plus depuis vingt ans. Vous ajoutez qu'en dépit de son titre, il ne s'agit pas d'un livre médical mais d'un ouvrage proposant une hygiène de vie à partir de médications naturelles et traditionnelles en vente dans les pharmacies et les maisons diététiques. Que vous considériez qu'il s'agit là d'une hygiène de vie, c'est pour le moins fâcheux.

Mme Catherine Cordier De Bartha. - C'est un livre qui n'existe plus. Il ne circule plus depuis vingt ans.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Soit vous cautionnez le contenu de ce livre, soit vous ne la cautionnez pas. Quoi qu'il en soit, il est extrêmement dangereux pour les malades.

M. Daniel Chauvin. - Cela fait vingt ans qu'il n'existe plus.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Dont acte, mais admettez que ces propos s'agissant d'un livre écrit par la fondatrice de votre association prêtent pour le moins à confusion.

M. Daniel Chauvin. - Ce n'est pas Yvonne Trubert qui l'a rédigé mais un collectif de médecins qui ont décidé très naïvement d'écrire un livre tel qu'il en existe beaucoup d'autres en librairie et qui ne correspond pas du tout à l'objet de l'association. Mais ils ont cru bien faire....

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Monsieur, comment pouvez-vous considérer que des médecins puissent écrire naïvement que l'on « peut arriver à irriguer totalement et à détruire la maladie » et que « les métastases s'envoleront sous vos doigts » ?

M. Daniel Chauvin. - Ces phrases ne viennent pas de ce livre. Il s'agit de propos repris à la volée dans les séminaires d'Yvonne Trubert et sur lesquelles toutes les campagnes médiatiques se sont fondées.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - « Les maladies organiques les plus graves comme le sida ou le cancer sont entièrement guérissables. Il est inutile de recourir à la médecine traditionnelle » ; nous prenons acte du fait que ces propos ne traduisent pas votre position actuelle mais admettez qu'ils sont dangereux.

Mme Catherine Deroche. - Lorsque vous intervenez dans les hôpitaux, arrive-t-il que le personnel soignant s'oppose aux harmonisations ?

M. Daniel Chauvin. - Je n'ai pas eu connaissance de tels cas. J'ai accompagné mon père à l'hôpital jusqu'à la fin, il y a deux ans, et je n'ai jamais eu de problème. Nous posons toujours la question au personnel de l'hôpital ; je ne sais pas s'il y a déjà eu des refus.

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Cela arrive dans les services de réanimation, lorsque les malades ne sont pas en chambre isolée. Dans ces cas très exceptionnels, nous nous contentons de rester près du malade.

Mme Catherine Deroche. - Dans quels pays êtes-vous présents ?

M. Daniel Chauvin. - Nous sommes implantés dans une soixantaine de pays : en Amérique du Nord et du Sud, en Australie et en Nouvelle Zélande, et en Europe, notamment à l'Est. Nous sommes aussi un peu présents en Afrique - au Niger, au Cameroun, à Madagascar et en Ethiopie - mais pas en Asie, sauf aux Philippines.

Mme Catherine Deroche. - Combien d'adhérents avez-vous, pour combien de médecins ?

M. Daniel Chauvin. - Nous avons un millier d'adhérents en France pour sept ou huit médecins.

Mme Catherine Deroche. - Dans la mesure où vous ne facturez pas les harmonisations, comment financez-vous les centres ?

M. Daniel Chauvin. - Nous avons un budget de quelques centaines de milliers d'euros permettant d'employer un secrétaire à temps plein et une comptable à temps partiel. Près de 90 % des recettes proviennent des cotisations des adhérents.

Mme Catherine Deroche. - Quel est leur montant ?

M. Daniel Chauvin. - C'est environ 400 euros pour un adulte avec des tarifs plus avantageux pour les étudiants ou les personnes disposant de peu de moyens. Nous vendons aussi des livres et des cassettes d'Yvonne Trubert à concurrence de 60 000 euros, comme la loi l'autorise. Enfin, les personnes harmonisées peuvent effectuer des dons.

Mme Catherine Deroche. - Intervenez-vous sur des mineurs ?

M. Daniel Chauvin. - Des mineurs sont membres de l'association, souvent des enfants d'adhérents, mais les frais de cotisation liés à leur adhésion sont symboliques.

Mme Muguette Dini. - Ce ne sont pas toujours des enfants d'adhérents ?

M. Daniel Chauvin. - Si, ce sont exclusivement des enfants de membres. Je vous ferai passer nos tarifs, il y a un montant pour les adultes, un autre pour les quatre à douze ans, etc.

Mme Catherine Deroche. - Vous pensez que vos pratiques sont accessibles à des enfants de quatre ans ?

M. Daniel Chauvin. - L'adhésion des enfants est symbolique. La présence d'enfants s'explique par le fait qu'ils participent à nos fêtes et bien sûr, pas aux vibrations.

Mme Hélène Lipietz. - Je voudrai m'adresser à vous, Madame, qui êtes médecin : peut-on harmonier sans gestuelle ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Une harmonisation sans gestuelle, c'est une prière.

Mme Hélène Lipietz. - J'ai du mal à comprendre. Sauf à dire que, comme dans la transmutation, les gestes transforment la prière en état de santé, pourquoi la prière seule ne suffit-elle pas ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - La prière seule fonctionne, comme en attestent des centaines d'articles publiés dans la presse médicale, mais la gestuelle est une pratique différente. Il ne s'agit pas, comme dans le magnétisme, d'apporter au malade notre propre énergie mais grâce aux gestes, de faire en sorte que la prière nourrisse les centres d'énergie présents dans le corps. On y croit ou l'on n'y croit pas. Nous, nous y croyons et en voyons les résultats.

Mme Catherine Génisson. - Vous nous indiquez que beaucoup des ouvrages cités ne sont plus d'actualité mais dans le même temps, Yvonne Trubert demeure votre référence. En 1988, Antenne 2 a diffusé un reportage dans lequel une mère racontait comment Mme Trubert avait harmonisé sa fille hydrocéphale et lui avait recommandé d'arrêter son traitement ; la jeune fille tomba dans le coma une semaine après. Connaissez-vous ce cas ? Le démentez-vous ? Encore une fois, dites-nous clairement ce que vous cautionnez et ce que ne cautionnez pas. Par ailleurs, pouvez-vous nous dire comment un patient devient pratiquant ? La gestuelle s'apprend-t-elle rapidement ?

Mme Alberte Gentou. - La diffusion de ce film a été interdite par la Cour de cassation.

Mme Lorraine Bounine Cabalé. - Il y a eu un procès et Antenne 2 a été déboutée.

M. Daniel Chauvin. - Comment devient-t-on pratiquant ? Avant de devenir membre actif, on fait partie d'un groupe de prière où l'on écoute notamment des cassettes reprenant des enseignements d'Yvonne Trubert sur des choses toutes simples de la vie. Six à neuf mois plus tard, il est possible de participer à un séminaire dans lequel on apprend la gestuelle, tout en continuant le travail dans son groupe. Au sein de nos structures, chacun peut aller, venir, nous quitter ou revenir ; c'est totalement libre.

M. Alain Milon, président. - Le bien-être supposé du patient après l'harmonisation tient-il à la gestuelle, à la prière, aux rayons magnétiques ou à tout cela à la fois ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Nous ne procédons pas par magnétisme puisque nous ne transmettons pas notre propre énergie ; c'est uniquement par la prière que l'énergie est transmise à la personne.

Mme Muguette Dini. - Vous exercez en tant que médecin ?

Mme Catherine Cordier De Bartha. - Oui, j'exerce en cabinet médical.

ANNEXE

STATUTS

Article 1 : OBJET

Présentation de l'association

L'association, loi 1901, dénommée INVITATION A LA VIE (dont le sigle est IVI), a été fondée le 29 janvier 1983.

Son logo est :

Invitation à la Vie est une association laïque d'inspiration chrétienne, ouverte à tous, qui rassemble et accueille des personnes de tout âge, de tous horizons social et culturel, sans distinction de race, de nationalité, de religion, croyantes ou non.

Chacun de ses membres et chacune des personnes qu'elle accueille, restent libres de vivre selon les convictions religieuses, politiques, idéologiques et culturelles de leur choix.

L'association compte à ce jour seize centres d'accueil sur le territoire national.

Buts de l'association

Invitation à la Vie a pour but: -l'accueil, l'écoute et la consolation. Ses buts se réalisent -dans les centres d'Invitation à la vie par l'écoute et l'harmonisation

-à travers les permanences téléphoniques de SOS -Ecoute -par tous autres moyens, activités se rattachant aux buts indiqués ci-dessus

Moyens


· Les centres d'Invitation à la vie

L'association met à la disposition du public les centres d'Invitation à la Vie qui sont des lieux d'accueil et d'écoute ouverts à tous, adhérents et non-adhérents. Des bénévoles, membres adhérents de l'association s'y relaient afin que chaque visiteur soit reçu, écouté et réconforté.

L'écoute, à Invitation à la Vie, au cours d'un entretien individuel, c'est permettre à l'autre d'exprimer ce qu'il a sur le coeur. C'est l'accepter tel qu'il est, sans vouloir donner de conseil, sans analyse psychologique.

Ecouter c'est, par le non-jugement, la compassion, aider l'autre à se retrouver face à lui-même dans toute sa dimension, à recouvrer sa dignité.

Ecouter, c'est participer à redonner le goOt de la vie à ceux qui, comme les jeunes, s'inquiètent pour leur avenir et s'isolent dans la désespérance.

Les entretiens sont dispensés à toute personne qui en fait la demande dans les centres d'Invitation à la Vie.

L'harmonisation est un geste infiniment respectueux qui a pour but d'apaiser progressivement le corps. Elle contribue à libérer les tensions accumulées par le stress, les culpabilités ou les chagrins.

Au-delà de l'impression de détente et de légèreté qu'il procure, cet acte fraternel a un retentissement sur tous les plans de l'être.

Ce réconfort aide chacun à aborder ses engagements avec plus de sérénité.

L'harmonisation, qui ne se substitue à aucune thérapie, est dispensée à toute personne qui le désire dans les centres d'Invitation à la Vie.


· SOS
-Ecoute

L'association Invitation à la Vie met à la disposition du public à travers SOS -Ecoute des permanences téléphoniques permettant à tous, adhérents et non adhérents d'appeler pour recevoir un soutien et un réconfort personnel à travers une écoute bienveillante et anonyme. SOS -Ecoute ouvre ses lignes tous les soirs de la semaine et le dimanche toute la journée.

ï Autres moyens

L'association Invitation à la Vie se réserve la possibilité de réaliser toutes activités destinées à développer et promOUVOir les buts ci-dessus : réunions, débats, colloques, rencontres, fêtes, événements, communication, etc.

Afin de préserver ses buts, l'association Invitation à la Vie se réserve d'assurer la défense des intérêts collectifs et moraux de l'association ainsi que ceux de ses membres fondateurs contre toute atteinte aux droits fondamentaux, et notamment toute diffamation, injure ou dénigrement relatifs à leur affiliation à Invitation à la Vie.

Article 2

Sa durée est illimitée.

Elle a son siège social à Boulogne-Billancourt (92100).

Il pourra être transféré par simple décision du conseil d'administration si ce transfert a lieu dans la région parisienne ou dans Paris.

L'accord de l'assemblée générale ordinaire sera nécessaire pour tout transfert en dehors des limites géographiques énoncées ci-dessus.

Article 3

L'association se compose :

-de Membres Fondateurs, qui ont créé l'association, en sont membres à vie, ont accès à toutes les activités de l'association, participent aux frais, et peuvent prendre des responsabilités opérationnelles semblables à celles des membres actifs ;

-de Membres d'Honneur, personnes physiques ou morales, qui peuvent utilement conseiller l'association, de par leurs fonctions, activités ou connaissances ou lui manifestent un intérêt particulier et sont susceptibles de lui rendre d'éminents services;

Le titre de Membre d'Honneur peut être décerné par le conseil d'administration aux personnes qui rendent ou qui ont rendu des services signalés à "association;

Ce titre confère aux personnes qui l'ont obtenu le droit de faire partie de l'assemblée générale sans être tenues de payer une cotisation, en ayant des voix consultatives, et sans pouvoir avoir de responsabilités opérationnelles;

-de Membres Bienfaiteurs, personnes physiques ou morales, qui apportent à l'association leur soutien, ont accès à toutes les activités de l'association et participent aux frais;

-Membres adhérents, qui participent à la vie de l'association selon leurs disponibilités, ont accès à toutes les activités de l'association, participent aux frais et peuvent prendre bénévolement des responsabilités opérationnelles.

-de Membres Affiliés, personnes physiques, qui sont membres d'une association Invitation à la Vie étrangère agréée par l'association Invitation à la Vie de France, qui ont voix consultatives aux assemblées, ont accès à toutes les activités de l'association et participent aux frais;

-de Membres Juniors, âgés de moins de 18 ans, qui ont accès à toutes les activités de l'association, et n'ont pas de voix délibérative aux assemblées.

Pour être membre, il faut être agréé par le conseil d'administration.

Les montants des cotisations annuelles sont les suivants :

- Pour le membre couple bienfaiteur :

4.000€

- Pour le membre individuel bienfaiteur :

2.200€

- Pour l'adhésion couple de soutien :

1.200 €