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SCHLEITER François

Ancien sénateur de la Meuse

Election

  • Elu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 18 mai 1952
  • Réélu le 8 juin 1958
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

SCHLEITER (François, Marie, Charles)

Né le 15 septembre 1911 à Verdun (Meuse)

Décédé le 26 septembre 1990 à Cannes (Alpes-Maritimes)

Sénateur de la Meuse de 1948 à 1983

Secrétaire d'Etat à la France d'Outre-mer du 2 juillet 1953 à 19 juin 1954

Secrétaire d'Etat au commerce du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958

C'est sans difficulté que François Schleiter, qui a été confirmé à la tête de la municipalité de Verdun quelques semaines plus tôt, est réélu sénateur de la Meuse le 26 avril 1959. Il conduit la liste du Centre national des Indépendants (CNI). L'implantation du tandem qu'il forme avec l'autre sortant, Martial Brousse, paraît si solide qu'aucun adversaire ne leur conteste les voix des grands électeurs à l'exception de l'ancien député communiste André Savard. François Schleiter rassemble donc 758 suffrages sur 820 dès le premier tour, soit 9 voix de plus de Martial Brousse.

L'ancien secrétaire d'Etat retrouve le groupe des Républicains indépendants du Sénat. Il en est le secrétaire, puis le vice-président de 1959 à 1965. Il siège à la commission des affaires culturelles de la Haute assemblée de mai 1959 à octobre 1963, puis à celle des affaires étrangères, de la défense et des forces armées jusqu'à l'automne 1965. Il est en outre élu sénateur de la Communauté en juillet 1959. Ses interventions en séances publiques abordent les sujets les plus variés, avec néanmoins une prédilection pour les questions de défense, la politique en faveur des anciens combattants et les problèmes du monde rural. Comme beaucoup de ses collègues, il déplore les conditions de travail du Parlement sous la Ve République et s'insurge notamment contre « la multiplication des séances de nuit » (19 octobre 1960). Très attaché à l'idée de « défense occidentale », François Schleiter dit se méfier des « improvisations mortelles en matière de défense nationale » lors de la séance du 26 novembre 1960. Sa sensibilité est « atlantiste » et anticommuniste. Il s'étonne ainsi qu'on ait « rendu les Français moins sensibles aux problèmes de défense nationale » depuis la fin des années 50 et qu'on « étale la non-violence sur [les] trottoirs et dans [les] films », alors que le bloc soviétique ne manifeste pas des intentions aussi pacifiques (séance du 17 novembre 1961).

La discussion du budget des travaux publics et des transports pour 1962 offre à cet élu de la Meuse l'occasion de demander au Gouvernement d'y inscrire « un premier crédit permettant d'engager l'étude du tracé technique » de la liaison Rhin-Rhône « et de commencer les achats de terrains nécessaires ». Il forme le voeu que « le sillon mer du Nord-Méditerranée », qui fut « le rendez-vous traditionnel de l'Europe les armes à la main », devienne « le rendez-vous des hommes face à face, pour le commerce, l'industrie et l'agriculture » (1er juin 1965). Le maire de Verdun ne rallie pas les Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing en décembre 1962 et continue d'appartenir au CNI. Il vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Michel Debré pour rétablir l'ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960) et approuve la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965).

La multiplication des candidatures modérées, comme celle du futur président du Conseil régional de Lorraine, André Madoux, complique la réélection de François Schleiter lors du scrutin sénatorial du 26 septembre 1965. Il connaît le succès dès le premier tour, avec 528 voix sur 860, soit une majorité confortable (61,4%), mais perd 230 suffrages par rapport à avril 1959, alors même que le nombre de grands électeurs a augmenté. Il n'est pas interdit d'y voir un début d'effritement de son implantation, alors qu'André Beauguitte lui a succédé à la mairie de Verdun quelques mois auparavant. L'attitude de François Schleiter à l'égard du pouvoir gaulliste oscille entre opposition et pragmatisme : elle est mal comprise d'une partie des grands électeurs. La principale personnalité politique du département, Louis Jacquinot, dont François Schleiter fut le collaborateur, a rallié les gaullistes et participe alors au gouvernement de Georges Pompidou.

François Schleiter prend la présidence du groupe des Républicains indépendants en 1966 et la conserve jusqu'en 1971. La formation parlementaire qu'il dirige est partagée entre des élus qui, comme le sénateur des Vosges, Louis Courroy, soutiennent Valéry Giscard d'Estaing, et ceux qui s'opposent au pouvoir gaulliste. François Schleiter cherche à représenter un point d'équilibre entre ces positions. Il siège à la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la nation d'octobre 1965 à octobre 1968, puis à la commission des affaires culturelles jusqu'en novembre 1973, date à laquelle il rejoint la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. A l'automne 1965, il dépose une question orale avec débat pour s'inquiéter « des informations diverses et concordantes » ayant annoncé la « fermeture prochaine de bases américaines importantes en France » (dépôt le 19 octobre 1965). Rapporteur spécial des dépenses militaires « ordinaires » pour 1966, 1967 et 1968, il constate que « les nombreuses servitudes de l'arme atomique » pèsent sur l'organisation et le budget des armées (16 novembre 1966) et laisse percevoir des réserves, à tout le moins, sur l'utilité de la force de frappe, lorsqu'il déclare que « le budget de fonctionnement des armées a été établi depuis plusieurs années en restreignant les forces conventionnelles au bénéfice d'armes nouvelles, si onéreuses que chacun n'y a libre accès » (26 novembre 1967). Il se limite pour le reste à détailler les dépenses ordinaires des armées et renvoie aux interventions d'autres spécialistes des questions militaires, comme Yves Coudé du Foresto ou Pierre de Chevigny. François Schleiter est élu délégué titulaire à l'Assemblée du Conseil de l'Europe en 1967 et 1968, et y siège à nouveau de 1977 à 1983.

Comme la quasi-totalité de ses collègues du groupe des Républicains indépendants, le sénateur de la Meuse fait campagne pour le « non » au référendum du 27 avril 1969 sur la régionalisation et la réforme de la Chambre haute. Très attaché à la solidarité occidentale et fidèle au souvenir de la Libération, il demande une suspension de séance et l'obtient le 2 avril 1969, pour manifester l'hommage du Sénat au président Eisenhower, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe, décédé le 28 mars. Elu d'un département rural, il dit sa surprise navrée de voir « fermer les dessertes et les lignes, et surtout [...] arracher les voies » de chemins de fer dans certains départements peu peuplés, alors que « la création des services d'autocars de remplacement coûte [...] plus cher que la poursuite de l'exploitation de quelques lignes de voyageurs » (12 mai 1970). Président du groupe des Républicains indépendants au Sénat, il subit pourtant un rude désaveu lors de la discussion de la loi portant réforme hospitalière, le 4 novembre 1970. Il dépose à cette occasion un amendement à l'article 1er du texte, afin de supprimer « la notion d'un service public hospitalier qui couvrirait à la fois le secteur public et le secteur privé » : il juge que « la réforme hospitalière doit conserver à chacun de ces deux secteurs [...] leur caractère propre » et relaie ainsi les inquiétudes des cliniques et hôpitaux privés. Mis aux voix, son amendement ne recueille que 13 suffrages, contre 256 qui s'opposent à son adoption. Il faut peut-être y voir un symptôme de sa perte d'autorité sur un groupe dont les élus se veulent « indépendants », mais dont l'essentiel se revendique de la majorité après l'élection de Georges Pompidou. En 1971, François Schleiter est élu vice- président du Sénat ; le giscardien Louis Courroy le remplace à la tête du groupe des Républicains indépendants du Sénat. L'ancien collaborateur de Louis Jacquinot fait partie de la délégation française à la 27e session de l'Assemblée générale des Nations unies en 1972.

L'année 1973 est celle des paradoxes pour François Schleiter. Il est en effet porté à la présidence du Centre national des Indépendants et paysans en juillet 1973 : la fonction a été créée pour lui, car le parti n'avait jusque-là qu'un président d'honneur, Antoine Pinay, et un secrétaire général, Camille Laurens. Cette accession à des responsabilités nationales est suivie d'une déconvenue électorale, puisqu'il perd son siège de conseiller général de Verdun-ouest au profit d'un socialiste, le 30 septembre 1973. Les élections sénatoriales du 22 septembre 1974 ont lieu un an après cette défaite. Les modérés s'y divisent entre la liste de François Schleiter, celle « des Républicains indépendants d'action économique et sociale » que conduit l'autre sortant, Martial Brousse, et la liste d' « Entente meusienne» du député-maire de Verdun André Beauguitte. Contraint à un second tour, François Schleiter voit 544 voix sur 939 (57,9%) se porter sur nom. Il est réélu sénateur de la Meuse, mais ne retrouve pas la vice-présidence du Sénat à l'automne 1974.

Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation d'octobre 1974 à octobre 1977, François Schleiter travaille ensuite au sein de la commission des affaires culturelles du Sénat. Il semble faire le choix de la « spécialisation » à compter du mitan des années 1970 et consacre désormais l'essentiel de son activité parlementaire aux questions budgétaires. Rapporteur des comptes spéciaux du Trésor pour 1975 et 1976, il siège à la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes à partir de décembre 1974. Il en est le secrétaire-rapporteur de 1974 à 1977, puis le président de 1977 à 1983. Cette commission assure le contrôle a posteriori de l'exécution du budget du Sénat, en coordination avec les questeurs. C'est donc son expérience - il siège au Sénat depuis 1948 - qui vaut à François Schleiter d'assumer cette responsabilité. Il abandonne la présidence du CNI en 1975 et ne prend plus la parole en séance publique au Sénat entre 1978 et 1983.

L'ancien secrétaire d'Etat ne sollicite pas le renouvellement de son mandat parlementaire en 1983. Il meurt 7 ans plus tard. Il avait reçu la Légion d'honneur « pour faits exceptionnels de guerre » en 1946 et était titulaire de nombreuses décorations.

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Photo de M. François SCHLEITER,
Appartenance politique
Groupe du Centre National des Indépendants et Paysans
Etat-civil
Né le 15 septembre 1911
Décédé le 26 septembre 1990
Profession
Avocat
Département
Meuse