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CARTIGNY Ernest

Ancien sénateur de la Seine-Saint-Denis

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 1986 jusqu'au 1er octobre 1995 (non réélu)
  • Redevenu Sénateur le 11 décembre 2002 (en remplacement de M. Robert Calméjane, décédé.)
  • Fin de mandat le 30 septembre 2004 (ne se représente pas)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

CARTIGNY (Ernest)

MAISON


CARTIGNY (Ernest)

Né le 18 juillet 1923 à Lourches (Nord)

Décédé le 9 décembre 2009 à Paris

Sénateur de la Seine-Saint-Denis de 1986 à 1995 et de 2002 à 2004

Né le 18 juillet 1923 à Lourches dans le Nord, au sein d'une famille qui s'installe bientôt à Valenciennes, Ernest Cartigny est issu d'un milieu bourgeois et très patriote. Son père est engagé volontaire en 1914. La guerre le laisse grand infirme et décoré de la Légion d'honneur ; il meurt en 1939. Il a auparavant et très régulièrement emmené son fils, durant les années 1930, à des meetings aériens sur des aérodromes du Nord. Très jeune, Ernest Cartigny apprend donc à aimer l'aviation. Il rejoint, après des études secondaires, l'armée d'armistice, comme volontaire, à 18 ans. Il est affecté dans l'armée de l'air à Montpellier Fréjorgues. En novembre 1942, il s'échappe de la base investie par la Wehrmacht. Après avoir tenté, en vain, de rejoindre les forces françaises libres en Angleterre par La Rochelle puis Morlaix, il se réinstalle dans le Nord et entre en résistance. En septembre 1944, il participe aux combats marquant la libération de Valenciennes. Blessé grièvement, il est laissé pour mort par les Allemands qui achèvent ses sept camarades de commando après l'attaque d'une colonne blindée. Rétabli, il intègre les troupes françaises pour la campagne d'Allemagne. Dans les derniers mois de la guerre, il participe de manière quasi clandestine à des survols de l'Allemagne à bord de bombardiers américains B 26.

Démobilisé en novembre 1945, Ernest Cartigny se marie l'année suivante et entre comme cadre commercial chez General Motors. Il s'engage en politique en 1949 en adhérant au RPF, très puissant dans le Nord où le mouvement est organisé par Léon Delbecque. Il devient vite conseiller départemental du Rassemblement avant d'être candidat gaulliste, lors des cantonales de 1951, dans le canton de Valenciennes. Son échec électoral prolongé par le rapide déclin du RPF le ramène à sa vie professionnelle. Installé désormais en région parisienne, il fonde, en 1955, à Aubervilliers, une entreprise de traitement des eaux et de climatisation, la Compagnie française de diffusion (CFD). Resté attaché au général de Gaulle, Ernest Cartigny monte en mai 1958 une manifestation automobile sur les Champs Elysées, en soutien à Charles de Gaulle, et se met à la disposition de ce dernier.

Au milieu des années 1960, Ernest Cartigny, comme de nombreux jeunes dirigeants d'entreprise, adhère aux Républicains indépendants, attiré par la modernité socio-économique « à l'américaine » qu'entend incarner Valéry Giscard d'Estaing. En 1967, il devient le secrétaire de la fédération RI de Seine-Saint-Denis. La contestation du Quartier Latin et les violences qui s'ensuivent en mai 68 le choquent beaucoup. Ressentant cette agitation comme l'expression d'un conflit de générations influencée par la gauche et exploitée par le Parti communiste, il participe en réaction à la contre-manifestation des Champs-Elysées le 30 mai. Puis il rejoint les Comités de défense de la République (CDR) dont il apprécie l'esprit apolitique ouvert par rapport aux formations militantes classiques. Il devient vite un proche du patron des CDR, Yves Lancien, qui le nomme secrétaire général adjoint du mouvement. Dans la mesure de ses responsabilités professionnelles, Ernest Cartigny participe dans les années suivantes à toutes les activités des CDR : travail de réflexion et de structuration du mouvement, organisation d'opérations de communication et de solidarité citoyenne (comme l'opération « point vert » consistant en un covoiturage lors des grèves de transport en Île-de-France). Il découvre là une autre façon de faire de la politique, loin des appareils, avec le souci de donner la parole à la majorité silencieuse, de valoriser le dialogue, de rechercher le consensus, de respecter les droits mais aussi les devoirs. La direction combinée des CDR et des RI de Seine-Saint-Denis lui permet d'implanter ses réseaux politiques dans ce département solidement tenu par la gauche.

Ernest Cartigny quitte les CDR en 1973 pour incompatibilité politique. Membre des RI et giscardien affiché, il comprend que sa présence n'est plus souhaitée dans le premier cercle des responsables CDR qui préparent la prochaine campagne présidentielle en relation étroite avec les chabanistes. L'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 sonne de toute façon le glas des CDR, vite récupérés par le nouveau parti chiraquien fin 1976. En 1978, Ernest Cartigny prend part à la création de l'UDF dont il dirige la fédération de Seine-Saint-Denis. Dans ce bastion communiste, il n'est pas facile d'incarner le parti giscardien et de défendre la politique du Gouvernement. Après avoir animé la campagne du président sortant en 1981, Ernest Cartigny s'occupe de la restructuration de l'UDF. Il devient un des responsables nationaux des Adhérents directs, une des composantes de cette galaxie - avec le PR, le CDS, etc. - qui regroupe ceux qui veulent soutenir l'UDF sans dépendre de manière trop rigide d'une organisation militante. En 1982, il est membre fondateur puis, en novembre 1988, délégué général adjoint de l'Association de gestion des Adhérents directs de l'UDF, en charge des finances. Lors de la campagne présidentielle de 1988, il est mandataire départemental de Raymond Barre.

C'est en mars 1983 qu'il est élu pour la première fois au conseil municipal d'Aubervilliers. Il y restera jusqu'en 1995. En dépit de ce mandat et de ses responsabilités au sein de l'appareil UDF, Ernest Cartigny ne figure pas en bonne place sur la liste UDF-RPR des sénatoriales du 28 septembre 1986 en Seine-Saint-Denis. Il est néanmoins élu avec 250 voix sur 1 904 suffrages exprimés. La majorité obtient deux sièges, un pour le RPR Calmejane et l'autre pour l'UDF Cartigny. Ce résultat traduit le déclin électoral des communistes dans un département jusque-là totalement contrôlé au Sénat par la gauche avec quatre communistes et deux socialistes. Ernest Cartigny s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique (dont il assure le secrétariat dès 1987) qui devient, à partir d'avril 1989, le Rassemblement démocratique et européen (RDE). Il est membre de la commission des affaires culturelles (1986-1988) puis de celle des finances (1988-1995). En octobre 1989, cet homme discret mais efficace prend la présidence du RDE. En avril 1995, il est élu avec 207 voix vice-président du Sénat en remplacement d'Etienne Dailly nommé membre du Conseil constitutionnel par le président René Monory. Il le restera jusqu'au terme de son mandat en septembre de la même année.

Ernest Cartigny se montre assez sévère à l'égard du fonctionnement des assemblées et de la vie politique en général. A ses yeux, le rythme de travail du Parlement (deux sessions ordinaires de trois mois auxquelles viennent s'ajouter des sessions extraordinaires) n'est pas assez efficace et doit être revu. Il préconise d'instituer une session unique de neuf mois et de rationaliser le travail parlementaire en renonçant à placer dans les derniers jours de la session les textes les plus importants. Il recommande également une limitation drastique des mandats selon le principe : « un homme, un mandat ». Même s'il reconnaît les améliorations intervenues selon lui depuis l'arrivée au « plateau » de René Monory (les membres du Gouvernement se déplacent davantage pour répondre aux questions des sénateurs), il regrette la diffusion trop confidentielle des rapports du Sénat. De manière générale, Ernest Cartigny entend moderniser le Sénat en l'ouvrant davantage sur le monde extérieur. Il donne l'exemple en mai 1994 en organisant une série de déjeuners regroupant des dirigeants d'entreprises, des journalistes et des sénateurs du groupe RDE afin de discuter de manière informelle mais efficace des grands problèmes de société.

Dès 1986, le sénateur de la Seine-Saint-Denis manifeste au Palais du Luxembourg son grand intérêt pour l'aviation civile. Pilote privé depuis 1981 après avoir appris à voler sur un petit terrain au nord de Paris, il multiplie vite les responsabilités dans le monde associatif lié à l'aviation. Il est administrateur de l'aéroclub du Var puis vice-président d'honneur de l'aéroclub de France. Il entend poursuivre l'oeuvre du sénateur Bernard Parmentier, qui voulait démocratiser l'aviation dans le prolongement de l'aviation populaire de 1936. Cela suppose une aide accrue de l'Etat en termes de crédits publics, la diminution des contraintes réglementaires pesant sur cette activité et une synergie entre tous les acteurs du milieu (fédérations, associations, constructeurs, écoles et centres de formation). A la tête de la commission d'enquête sur la situation d'Air France, il se mobilise pour relancer la compagnie en difficulté financière. Il organise ainsi, en janvier 1994, un colloque au Sénat sur la crise du transport aérien et soutient le plan « Reconstruire Air France » du président Christian Blanc. En 1993 et 1994, membre du comité national de coordination pour le développement de l'aviation civile, il prend la tête du groupe d'étude de l'aviation civile au Sénat et rapporte chaque année le budget de l'aviation civile et des transports aériens. C'est l'occasion de dénoncer régulièrement des dysfonctionnements.

Lors des sénatoriales du 24 septembre 1995, Ernest Cartigny figure en deuxième position sur la liste d'union de la majorité en Seine-Saint-Denis, derrière le gaulliste René Calmejane. Mais une candidature dissidente, celle du député-maire de Neuilly-Plaisance, le RPR Christian Demuynck, divise l'électorat de la majorité et provoque l'échec du président du groupe RDE. Ernest Cartigny retrouve toutefois le Sénat le 11 décembre 2002 en remplacement de Robert Calmejane qui vient de décéder. Il y reste jusqu'au 30 septembre 2004. Toujours membre du groupe du RDSE, il rejoint la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il s'intéresse une fois de plus aux questions du transport aérien et intervient en 2003 et 2004 sur projet de loi relatif à la société Air France. Dans le cadre de l'alliance de celle-ci avec KLM, il s'interroge sur le sort du personnel de la compagnie française et sur la répartition du trafic à l'échelle mondiale.

Au Sénat, Ernest Cartigny vote la loi du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion, la loi constitutionnelle du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne », la loi du 22 juillet 1993 relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale, et la loi du 28 mars 2003 relative à l'organisation décentralisée de la République.

Son mandat prend fin le 30 septembre 2004. Âgé de 81 ans, il ne se représente pas. Il décède le 9 décembre 2009. Il était officier de la Légion d'honneur.

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Photo de M. Ernest CARTIGNY, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen
Etat-civil
Né le 18 juillet 1923
Décédé le 9 décembre 2009
Profession
Chef d'entreprise honoraire
Département
Seine-Saint-Denis