Une délégation du Groupe français de l’UIP composée de son président, M. Xavier Iacovelli, sénateur (Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants) des Hauts-de-Seine, de M. Louis-Jean de Nicolaÿ, sénateur (Les Républicains) de la Sarthe et de Mme Sophie Mette, députée (Les Démocrates) de la Gironde, a participé les 12 et 13 février 2026 à la traditionnelle audition parlementaire de l’UIP aux Nations Unies.
Cette audition avait pour thème « Les parlements et les Nations Unies, mieux ensemble au service des peuples ». Elle s’est déroulée sous la présidence de Mme Tulia Akson, présidente de l’UIP, et de Mme Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Consacrée au 80e anniversaire de l’ONU, la première séquence a été introduite par le Représentant permanent du Koweït auprès des Nations Unies et par la Représentante permanente de la Nouvelle-Zélande. Elle a mis en lumière les défis et menaces auxquels l’organisation est aujourd’hui confrontée et les réponses y apporter, en lien avec Pacte pour l’Avenir, adopté par les Etats membres en septembre 2024. M. Iacovelli a souligné que l’ONU souffrait d’une multiplicité de crises (politique, administrative, financière…), l’organisation n’en restait pas moins indispensable à la régulation du système international. Il a rappelé que la France soutenait pleinement le Pacte pour l’avenir, tout en mettant l’accent sur certaines priorités comme l’Agenda pour la paix ou la gouvernance mondiale du numérique. Il a insisté sur la nécessité d’une réforme de l’ONU qui ne compromette pas sa capacité à assurer ses missions fondamentales : veiller au respect du droit international, des droits de l’homme et au maintien de la paix, proposer des solutions aux problèmes de développement, apporter de l’aide aux populations dans le besoin. Enfin, il a souligné l’attention portée par la France au maintien de certaines politiques récentes comme en matière de droits des femmes et de santé sexuelle et reproductive.
La deuxième séquence s’est penchée sur les réformes conduites dans les cinq domaines d’action identifiés par le Pacte pour l’Avenir : le développement durable, la paix et la sécurité internationale, les jeunes et les générations futures, la science, la technologie, l’innovation et la coopération numérique, enfin la gouvernance mondiale. Les débats ont mis en évidence le rôle que les parlements peuvent jouer à cet égard, à travers leurs fonctions législatives et budgétaires.
Consacrée au recul de la démocratie, la troisième séquence s’est interrogée sur la manière dont les parlements peuvent préserver leurs fonctions essentielles et renforcer leur légitimité dans le contexte d’une crise de confiance. M. de Nicolaÿ a mis l’accent sur les causes de l’érosion démocratique, citant notamment les blocages politiques, la diffusion, facilitée par les réseaux sociaux, d’un discours anti-élites et de fausses informations qui alimentent la défiance, et aussi une forme d’impatience à voir se régler des problèmes complexes. Il a appelé les parlementaires à renforcer leur exemplarité, en privilégiant toujours l’intérêt général, à développer la redevabilité envers les électeurs, à associer davantage les citoyens et la société civile à leurs travaux, enfin à faire connaître le parlement notamment aux plus jeunes, pour les sensibiliser à l’importance de la démocratie et du débat public.
Un volet spécial a été consacré à la présentation d’un rapport de l’UIP sur les violences politiques, au terme d’une enquête menée auprès de 519 parlementaires. Il en ressort que 71 % d’entre eux ont été la cible de violences au cours de leur mandat, directement ou en ligne.
La quatrième séquence avait pour thème le financement des Nations Unies. L’ONU est confrontée depuis plusieurs années à une crise financière liée au non-paiement ou au paiement tardif des contributions statutaires. S’inquiétant, selon les mots employés par le secrétaire général de l’ONU, du risque d’un « effondrement financier imminent » de l’organisation, Mme Mette a mis en cause non seulement le désengagement unilatéral américain, mais aussi une dynamique générale et massive de réduction des financements (1,6 milliard de dollars de cotisations impayées en 2025), qui menace le système onusien. Elle a souligné que de nombreuses agences onusiennes et organismes internationaux intervenant dans le champ humanitaire voyaient leurs capacités d’action amputées. Elle a souligné que la rationalisation prévue dans le cadre de l’initiative ONU 80 était nécessaire pour surmonter cette crise et que la France soutenait cette réforme.
En marge de l’audition parlementaire, la délégation s’est entretenue avec M. Jay Dharmadhikari, Ambassadeur de France, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies. Les échanges ont porté notamment sur la place de la France à l’ONU, les stratégies des grandes puissances et l’élection du futur secrétaire général de l’organisation.