Le jeudi 9 juillet 2026, sous la présidence de M. Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE (Socialiste, Écologiste et Républicain – Lot), président délégué pour l’Amérique centrale, le groupe d’amitié France-Mexique-Pays d’Amérique centrale a accueilli au Sénat une délégation de députés mexicains conduite par Mme Alma Marina VITELA RODRÍGUEZ, présidente du groupe d’amitié Mexique-France de la Chambre des députés, et comprenant M. Carlos Alonso CASTILLO PÉREZ, Mme Claudia GARCÍA HERNÁNDEZ, Mme Rafaela Vianey GARCÍA ROMERO, M Jaime Genaro LÓPEZ VELA, Mme Magda Erika SALGADO PONCE et M. Isidro Enrique VILLEGAS GARCÍA, accompagnés de S.E. Mme Blanca Elena JIMÉNEZ CISNEROS, ambassadrice du Mexique en France.

Étaient également présents : M. Olivier CADIC (Union Centriste – Français établis hors de France), Mme Marion CANALÈS (SER – Puy-de-Dôme) et Mme Marianne MARGATÉ (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky – Seine-et-Marne).

M. Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE a tout d’abord rappelé que cette rencontre intervenait dans une année particulièrement symbolique, marquée par le bicentenaire des relations diplomatiques entre la France et le Mexique. Il a souligné qu’il ne résultait pas seulement de ces deux siècles de relations un héritage historique, mais aussi une responsabilité commune : continuer à faire vivre une relation politique, économique, culturelle et humaine d’une grande actualité. Il a insisté sur le rôle du groupe d’amitié, qui permet d’inscrire le dialogue parlementaire dans la durée, au-delà des seuls échanges gouvernementaux.

Le président délégué a également évoqué le déplacement effectué au Mexique par une délégation sénatoriale en septembre 2024, qui avait permis de renforcer les liens avec le Sénat mexicain et la Chambre des députés, dans un contexte institutionnel renouvelé après les élections générales. Trois axes de coopération ont été mis en avant : le dialogue démocratique et parlementaire, dans un contexte international instable ; la coopération économique et industrielle, avec une présence française importante au Mexique dans des secteurs stratégiques ; enfin, la question des territoires, particulièrement importante pour le Sénat français. En 2024, le déplacement de la délégation sénatoriale dans l’État du Chiapas avait notamment illustré des enjeux partagés autour du développement local, des populations autochtones, des migrations, de l’accès aux services publics, de la sécurité et de la transition écologique.

S.E. Mme Blanca Elena JIMÉNEZ CISNEROS a remercié le Sénat pour son accueil et a rappelé la profondeur des liens d’amitié entre les deux pays. Évoquant la coopération autour de la protection et de la restitution des biens culturels, elle a souligné l’importance, pour le Mexique, de la restitution des codex Azcatitlán et Borbonicus, en raison de leur lien avec les traditions toujours vivantes de plusieurs peuples originaires. L’ambassadrice a également insisté sur la dimension économique de la relation bilatérale, rappelant la présence d’entreprises françaises au Mexique et d’entreprises mexicaines en France, le Mexique étant le premier investisseur latino-américain en France. Elle a enfin mentionné la volonté des deux ambassades de mettre en valeur les liens humains et amicaux qui dépassent les seules relations économiques.

Mme Alma Marina VITELA RODRÍGUEZ a remercié les sénateurs pour leur accueil et a souligné l’importance des groupes d’amitié pour renforcer les relations interparlementaires et échanger des bonnes pratiques législatives. Présentant la période actuelle comme un moment de transformation politique au Mexique, marqué par l’élection, pour la première fois, d’une femme à la présidence de la République, elle a mis en avant l’agenda progressiste de la présidente Claudia SHEINBAUM et les réformes adoptées grâce à la majorité parlementaire, notamment dans les domaines des droits humains, de la santé, de l’éducation et de la sécurité publique. Elle a insisté sur le fait que ces avancées ne devaient pas être conçues comme des concessions, mais comme des droits reconnus aux Mexicaines et aux Mexicains.

Puis les échanges ont porté sur les inégalités, la fiscalité et les politiques sociales. M. Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE a interrogé la délégation mexicaine sur la réduction des écarts entre les plus riches et les plus pauvres, ainsi que sur l’éventuelle évolution de la fiscalité du capital. M. Carlos Alonso CASTILLO PÉREZ a présenté la politique de bien-être conduite depuis 2018 comme une réponse à la fois sociale et sécuritaire, l’objectif étant de traiter les causes de l’insécurité en réduisant la marginalisation. Il a cité la pension universelle pour les personnes âgées, les aides aux personnes en situation de handicap, les bourses destinées aux jeunes et les soutiens accordés aux enfants de mères travailleuses, autant de politiques ayant, selon lui, permis à plusieurs millions de personnes de sortir de la pauvreté.

M. Jaime Genaro LÓPEZ VELA a complété cette intervention en évoquant les réformes constitutionnelles et législatives adoptées au Mexique, qu’il a présentées comme un permettant de rétablir la justice sociale. Citant notamment la réforme du pouvoir judiciaire, l’inscription de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la Constitution, la reconnaissance des peuples originaires et indigènes, ainsi que les réformes en matière de droit du travail. Il a également abordé les relations avec les États-Unis, la question du narcotrafic et la nécessité, selon lui, de replacer cette problématique dans une perspective régionale.

La discussion a ensuite porté sur l’enseignement privé, les entreprises et l’investissement. M. Olivier CADIC a évoqué les Français résidant au Mexique, le musée consacré aux racines françaises et le lycée franco-mexicain. Ayant interrogé la délégation sur les inquiétudes exprimées par certains acteurs de l’enseignement privé face à une éventuelle incertitude réglementaire, M. Jaime Genaro LÓPEZ VELA a indiqué que le Gouvernement mexicain n’était opposé ni à l’enseignement privé, ni à l’entreprise privée, précisant toutefois que l’État entendait lutter contre les privilèges, notamment lorsque certains grands acteurs économiques ne s’acquittent pas de leurs obligations fiscales. Mme Claudia GARCÍA HERNÁNDEZ a ajouté que le Mexique, tout en respectant toutes les formes d’enseignement, soutenait fortement l’éducation publique, les bourses, les universités et les formations scientifiques et technologiques.

Les échanges se sont alors engagés sur l’enfance, la santé, l’alimentation et l’environnement. Mme Marion CANALÈS a interrogé la délégation sur la protection des enfants, la lutte contre les violences, l’obésité infantile, la sédentarité et les produits ultratransformés. Après avoir présenté les politiques mexicaines en matière d’alimentation en milieu scolaire, de réduction du sucre et de santé alimentaire, M. Isidro Enrique VILLEGAS GARCÍA a souligné l’augmentation du salaire minimum, le développement des bourses, la reforestation, la lutte contre la pollution plastique et les grands projets ferroviaires, notamment le train Maya et le train interocéanique. Mme Magda Erika SALGADO PONCE a, pour sa part, insisté sur la volonté du Mexique d’attirer les investissements, notamment par une loi sur l’infrastructure mixte destinée à donner davantage de sécurité juridique aux entreprises, en particulier dans les infrastructures, les énergies propres, l’industrie pharmaceutique, l’aérospatial et l’agriculture.

Enfin, Mme Marianne MARGATÉ a interrogé la délégation sur le travail informel et sur le rôle du secteur public dans la garantie de l’accès aux droits. Tout en reconnaissant l’importance de l’informalité au Mexique, Mme Rafaela Vianey GARCÍA ROMERO a indiqué que l’augmentation du salaire minimum et l’affiliation accrue au système de sécurité sociale avaient permis une progression historique de l’emploi formel. Elle a également évoqué les réformes visant à mieux protéger les travailleurs des plateformes et l’objectif d’universalisation du système de santé. 

En conclusion, M. Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE a souligné la nécessité de poursuivre ces échanges et a indiqué que la présence de la délégation mexicaine ouvrait la voie à un nouveau déplacement du groupe d’amitié au Mexique en 2028.

À l’issue des discussions, la délégation mexicaine a été invitée à visiter le Palais du Luxembourg afin de découvrir les principaux espaces historiques et institutionnels du Sénat. Les députés mexicains se sont ensuite rendus dans la tribune d’honneur de l’hémicycle, où ils ont fait l’objet en séance publique d’un salut officiel.

De gauche à droite : M. Jaime Genaro López Vela, Mme Claudia García Hernández, Mme Marion Canalès, Mme Blanca Elena JIMÉNEZ CISNEROS, M. Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE, Mme Alma Marina Vitela Rodríguez, Carlos Alonso Castillo Pérez, Mme Rafaela Vianey García Romero, Mme Magda Erika Salgado Ponce et M. Isidro Enrique Villegas.

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