Le 24 février 2022, M. Bernard Fournier (Les Républicains – Loire), président du groupe interparlementaire d’amitié France-Roumanie, s’est entretenu au Sénat avec S.E. M. Luca Niculescu, Ambassadeur de Roumanie en France.

Étaient également présents : MM. Olivier Cadic (Union centriste – Français établis hors de France), Jean-Yves Leconte (Socialiste, Écologiste et Républicain – Français établis hors de France) et Thierry Meignen (Les Républicains – Seine-Saint-Denis).

S.E. M. Luca Niculescu (à gauche), entouré de M. Bernard Fournier,
M. Jean-Yves Leconte et M. Thierry Meignen

M. Bernard Fournier, président, a accueilli S.E. M. Luca Niculescu en mettant en avant les excellentes relations entre la France et la Roumanie, le contexte international particulier donnant l’occasion de témoigner de la solidité de ces liens.

Disant sa joie d’être à nouveau reçu par le groupe d’amitié, l’ambassadeur a salué le soutien apporté par la France dans la procédure d’adhésion à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont la première phase des discussions a été lancée le 25 janvier dernier.

S’agissant des perspectives d’adhésion à l’espace Schengen, l’ambassadeur a dit combien la Roumanie espérait l’aboutissement de la procédure, plus de dix ans après le feu vert donné par le Parlement européen.

Sur le plan économique, il a souligné la résilience dont avait fait preuve l’économie roumaine : après une profonde contraction en 2020 déclenchée par la pandémie de coronavirus, l'activité a fortement rebondi en 2021, avec une croissance de 13% au deuxième trimestre, permettant au PIB de rejoindre son niveau d’avant crise. De plus, la Roumanie bénéficiera, jusqu’en 2026, du versement de 29,2 milliards d'euros[1] au titre du plan pour la reprise et la résilience, approuvé par la Commission européenne en septembre dernier. Dans ce cadre, le pays est impatient d’accueillir les investissements de la part des entreprises françaises ; le déplacement effectué à Bucarest au début du mois de février par une délégation du Mouvement des entreprises de France (Medef) a ainsi permis d’étudier les possibilités de coopération économique, notamment dans les secteurs de l’industrie automobile et de la transition environnementale.

S’agissant de la gestion de la crise sanitaire, si le taux de vaccination est inférieur à 50 % de la population générale, la tendance est au ralentissement du nombre d’hospitalisations et de décès liés à l’épidémie de Covid-19. Après un automne marqué par un taux de surmortalité particulièrement élevé[2], la vague due au variant « Omicron » a été maîtrisée.

M. Olivier Cadic a remercié la Roumanie pour la qualité de la prise en charge vaccinale des Français habitant en Roumanie. Il a par ailleurs appelé à une coopération approfondie entre les services d’état civil de Roumanie et les caisses de prévoyance et de retraite françaises, sur le modèle du partenariat avec l’Allemagne et la Belgique, afin de fluidifier et automatiser les échanges d’informations entre les deux pays.

Sur le plan politique, le gouvernement de coalition qui s’est formé en novembre dernier rassemble les libéraux (Parti national libéral), dont est issu le Premier ministre Nicolae Ciucă, les sociaux-démocrates (Parti social-démocrate), dont devra être issu le futur Premier ministre à compter de 2023, et la minorité hongroise (Union démocrate magyare de Roumanie).

Sur le plan culturel, S.E. M. Luca Niculescu a rappelé que l’année 2021 avait été marquée par le 140e anniversaire de la naissance du compositeur roumain George Enescu. Sous le haut patronage des présidents Klaus Iohannis et Emmanuel Macron, s’est ainsi tenue une série d’hommages, dont la présence de l'Orchestre national français lors de la 25e édition du Festival Enescu à Bucarest. L’ambassadeur a, à ce titre, salué la décision du conseil municipal de Paris de baptiser une place du 9e arrondissement du nom du compositeur ; l’inauguration devrait avoir lieu prochainement.

M. Thierry Meignen a évoqué la manifestation culturelle roumaine à venir dans la commune du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, ainsi que la convention signée en novembre dernier visant à ouvrir un centre culturel et religieux à destination de la population d’origine roumaine.

De gauche à droite : M. Razvan Junescu, ministre conseiller, M. Jean-Yves Leconte, S.E. M. Luca Niculescu, M. Bernard Fournier, M. Olivier Cadic, Mme Sena Latif,
chef de mission adjoint, M. Thierry Meignen

S’agissant des événements en Ukraine, l’ambassadeur a rappelé que la Roumanie était le pays de l’Union européenne possédant la plus longue frontière avec ce pays (649 km). Dès le 22 février, les autorités roumaines ont vivement condamné la reconnaissance par Moscou de régions séparatistes prorusses d’Ukraine, et appelé à une réponse ferme de la communauté internationale,  tout en demandant, dans le cadre de l’OTAN, l’activation  de l’article 4 de la charte de l’Alliance.

L’ambassadeur a souligné également la nécessité de veiller, au-delà de la seule Ukraine, à l’ensemble de la région de la Mer noire et à la situation des républiques de Moldavie et de Géorgie.

En réponse à M. Jean-Yves Leconte, l’ambassadeur a indiqué que la Roumanie s’attendait à un afflux de plus de 500 000 réfugiés en provenance d’Ukraine, et préparait pour cela des structures d’accueil le long de la frontière.

Le gouvernement roumain est par ailleurs sensible à l’intention annoncée de la France de contribuer à la présence avancée de l’OTAN et d’envoyer plusieurs centaines de militaires en Roumanie ; l’ambassadeur a également rappelé la décision de la Roumanie de rejoindre la « task force Takuba » au Sahel.

En conclusion, l’ambassadeur a indiqué que le groupe d’amitié interparlementaire Roumanie-France du Sénat roumain, qui s’est renouvelé en mai 2021, était très impatient – ainsi que l’ensemble des institutions roumaines – d’accueillir dès que possible une délégation du groupe d’amitié du Sénat.


[1] Répartis entre des subventions, pour un montant de 14,2 milliards d’euros, et des prêts au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), pour un montant de 14,9 milliards d’euros.

[2] Taux de surmortalité de 110% en octobre 2021.

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