Le 9 mars 2021, Mme Colette Mélot (INDEP – Seine-et-Marne), présidente du groupe interparlementaire d’amitié France-Slovénie, s’est entretenue au Sénat avec S. Exc. Mme Metka Ipavic, Ambassadrice de Slovénie en France.

Étaient également présents : MM. André Gattolin (RDPI – Hauts-de-Seine), Joël Guerriau (INDEP – Loire-Atlantique), Laurent Somon (Les Républicains – Somme) et Dany Wattebled (INDEP – Nord).

De gauche à droite : M. André Gattolin, M. Dany Wattebled, Mme Colette Mélot,
S. Exc. Mme Metka Ipavic, M. Joël Guerriau et M. Laurent Somon

Invitée par Mme Colette Mélot, présidente, à dresser un bilan de la situation actuelle en Slovénie et à présenter les axes de la politique du gouvernement, S.Exc. Mme Metka Ipavic a souligné l’amélioration de la situation sanitaire depuis la fin du mois de février, permettant la réouverture des écoles élémentaires – les collèges, lycées et universités restant néanmoins fermés. Les commerces non essentiels et les musées sont également ouverts, à la différence des bars, des restaurants, des théâtres et des cinémas ; un couvre-feu s’applique de 21h à 6h.

Dans ce contexte, l’adoption de mesures en réponse à la crise sanitaire, et en particulier la définition de la stratégie de vaccination, constitue la première priorité du gouvernement slovène. Les réformes économiques et sociales en vue de lutter contre les conséquences de la pandémie concentrent également l’attention du pouvoir exécutif.

Une autre priorité gouvernementale réside en la préparation de la présidence de l’Union européenne (UE), que la Slovénie assurera au second semestre 2021, succédant à l’Allemagne (second semestre 2020) et au Portugal (premier semestre 2021). Pour définir le programme de travail qu’elle portera pendant sa présidence, la Slovénie a travaillé en étroite coopération avec les autres membres du « trio » ainsi constitué, mais également avec la France, qui lui succèdera le 1er janvier 2022, afin de veiller à la cohérence de la transition.

L’ambassadrice a présenté les priorités de la présidence slovène, au nombre de quatre : améliorer la gestion des crises ; assurer le renouveau économique et mettre en œuvre le plan de relance ; défendre l’état de droit et promouvoir le mode de vie européen ; conforter les relations de l’Union européenne avec les États-Unis et l’OTAN d’une part, et les pays voisins d’autre part.

S’agissant de la gestion de crise, la Slovénie souhaite que l’UE puisse renforcer sa résilience en tirant les enseignements de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, et en répondant à la crise de la confiance des citoyens à l’égard des élus. À cet égard, l’ambassadrice a exprimé la volonté de son pays de s’impliquer activement dans les travaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe, dont l’inauguration, initialement prévue pour le 9 mai 2020, a été décalée d’un an en raison de la situation sanitaire. Soulignant combien les grandes consultations menées auprès des citoyens de l’UE constituaient un exercice difficile, M. André Gattolin a insisté sur le rôle à jouer par les parlements nationaux en tant que relais structurés et structurants de l’opinion publique.

Au plan économique, la Slovénie souhaite que la relance s’appuie sur la transition verte, avec en particulier la modernisation du système d’échange de quotas d’émission de l’UE et le développement des énergies renouvelables, ainsi que sur la transformation numérique. L’ambassadrice a rappelé à ce titre que son pays s’engagerait en faveur des lois sur le marché numérique et sur les services numériques, en défendant le principe de la souveraineté européenne dans ce domaine. M. Joël Guerriau ayant mis en avant les blocages induits par l’adoption à l’unanimité des décisions les plus importantes, l’Ambassadrice a souligné l’engagement de la Slovénie en faveur du plan de relance européen et de sa prochaine mise en œuvre, tout en reconnaissant que l’efficacité du processus législatif se trouvait parfois amoindrie par la règle de l’unanimité.

Répondant à une question de M. Laurent Somon, S. Exc. Mme Metka Ipavic a précisé l’impact économique de la crise liée à l’épidémie de Covid-19 – une diminution du produit intérieur brut (PIB) de 6,2% en 2020 et une croissance prévue de +4,2% en 2021 –, et a indiqué que le plan de relance national était en cours de discussion devant le parlement slovène.

À propos de la défense de l’état de droit, l’ambassadrice a confirmé que la Slovénie poursuivrait lors de sa présidence les travaux menés par la Commission européenne dans son premier rapport annuel publié sur le sujet, et qu’elle mènerait en particulier des discussions avec Chypre, la Croatie, l’Italie, la Lettonie et la Lituanie, en appliquant les principes de transparence et d’égalité de traitement. Le nouveau pacte sur la migration et l’asile constituera également un point d’attention pour la Slovénie, qui souhaite favoriser un consensus entre les États membres sur ces sujets sensibles.

Par ailleurs, l’ambassadrice a souligné l’importance pour l’UE de s’affirmer comme un partenaire fiable vis-à-vis des États-Unis et de l’OTAN, d’une part, et des pays voisins et en particulier des Balkans occidentaux –, d’autre part. Elle a rappelé que la Slovénie, convaincue de la nécessité d’envoyer un signal politique fort aux pays candidats de la région (Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie), souhaitait vivement voir se poursuivre le processus d’intégration européenne.

Enfin, répondant à M. Dany Wattebled, l’ambassadrice a salué la tradition établie au Sénat depuis 2018 d’un déjeuner avec le groupe d’amitié à l’occasion de la journée mondiale des abeilles, le 20 mai. Mme Colette Mélot, présidente, a rappelé à ce sujet le projet, présenté par les membres de la délégation du Conseil national de Slovénie accueillie au Sénat en octobre 2019, d’installer une ruche slovène au sein du rucher-école du Luxembourg, et elle a formé le vœu qu’il puisse se réaliser dans le courant de l’année 2021.

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