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G) POURQUOI TANT INSISTER SUR LE PASSE ?

Parce que le passé a de l'avenir ; que ses leçons demeurent actuelles, et singulièrement dans le domaine de la société de l'information ; et, enfin, parce que notre histoire continue à influencer notre présent, surtout à travers nos mentalités.

Or, le psychisme est, en définitive, ce qui permet de transformer un handicap en stimulation, de muer le fatalisme en volonté de relever victorieusement des défis ; bref, de faire en sorte, pour reprendre un mot de Montesquieu, que " les causes morales l'emportent sur les causes physiques ".

L'exemple de l'imprimerie démontre à l'envi que le succès d'un nouveau média suppose la rencontre simultanée d'une offre de techniques et de contenus et d'une demande reposant sur l'éducation et la volonté de communiquer.

L'esprit d'entreprise, dont la confiance constitue le ressort fondamental, est ce qui permet cet ajustement.

L'exemple des pays réformés nous a prouvé, par ailleurs, que la diffusion du savoir, par l'instruction, est un facteur important, lui aussi, non seulement de la réussite des nouvelles techniques mais surtout, plus généralement, du développement des sociétés (or, comment n'en pas convenir, la croissance est, de nos jours, ce qui nous importe le plus ?).

Enfin, pour qu'un media s'impose, il doit trouver un système de valeurs qui lui corresponde.

Notre entrée dans la société d'information nécessite que nous sachions nous inspirer des leçons du passé ; que nous développions en nous-mêmes, comme à la Renaissance ou dans les sociétés réformées, le goût de la communication et de l'échange intellectuel, la volonté d'instruire et la soif de savoir, et l'esprit d'entreprise, enfin, qui permet aux techniques nouvelles de satisfaire ces besoins.

Il nous faut ainsi lever nos inhibitions mentales, héritées de notre histoire, qu'elles soient directement ou non, en tout ou partie, d'origine religieuse, pour nous adapter aux valeurs de cette nouvelle société.

Ces valeurs sont fondées sur la confiance qui suppose la prise d'initiatives innovantes ainsi qu'une ouverture d'esprit propice à l'échange d'informations et au partage du savoir.

Or, la société française souffre à la fois, paradoxalement de trop de centralisme et d'un excès de cloisonnements (hiérarchiques notamment) qui tendent à paralyser les initiatives et à freiner la communication.

A bien des égards et notamment, par la crainte que lui inspire les effets des techniques nouvelles, la France apparaît encore comme une " société bloquée ", (Michel Crozier) ou comme une " société de défiance ", (Alain Peyrefitte).

Notre passé troublé (par les guerres, les invasions, les révolutions de toutes sortes) et nos divisions, sociales et culturelles, au moins autant que religieuses, en sont probablement la cause, en même temps qu'un certain archaïsme de notre mentalité économique.

Notre entrée dans la société de l'information exige de nous un effort initial, en un sens décisif pour surmonter ces blocages. Mais, n'en doutons pas, elle peut en retour contribuer à accélérer cette évolution, une fois que nous nous y serons engagés.

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