Allez au contenu, Allez à la navigation

 


Retour Sommaire Suite

CHAPITRE IV

LA PRIORITE DES PRIORITES POUR NOTRE PAYS :
PERMETTRE A TOUS LES FRANCAIS D'ACQUERIR
DE NOUVEAUX SAVOIRS

L'acquisition par tous les Français de nouveaux savoirs est, pour notre pays, la priorité des priorités pour des raisons déjà exposées en partie dans cet ouvrage. On se permettra de les rappeler une nouvelle fois.


I. POURQUOI ?

Il est impossible de ne pas le constater : le développement de la société de l'information est un phénomène mondial et inéluctable, déjà largement entamé, auquel nous ne pouvons pas nous soustraire.

Or le savoir, on l'a vu, est ce qui permet de valoriser le minerai de base qu'est l'information pour en faire une connaissance. Cette transformation des informations en connaissances renforce, en retour, le savoir qui l'a permise, car celui-ci est un mode d'intégration des connaissances en systèmes organisés. Elle permet en outre d'utiliser au mieux nos capacités d'expertise afin d'apporter à ces connaissances une valeur ajoutée. Ce bon usage de nos capacités d'expertise apporte à nos vieilles nations une sagesse qui en est la somme et une culture qui en est la mémoire.

Toffler, on l'a vu également, a montré d'autre part que le savoir est désormais une source de pouvoir plus déterminante que la force ou que la richesse. Mieux : le savoir confère aux deux autres facteurs un effet de levier, un rôle démultiplicateur. De sorte que la puissance se trouve dès lors déconnectée du nombre :

- dans le domaine militaire, on peut vaincre en étant moins nombreux et moins armé ;

- dans le domaine économique, la réussite n'est plus proportionnée (comme en témoigne le succès de start-up, comme Microsoft ou Sun) à l'importance de la mise de fond initiale ou à la disponibilité, à côté du capital, de ressources importantes en matières premières et en force de travail.

Contrairement au capital, au travail et aux richesses naturelles, le savoir est inépuisable, et permet, en outre, d'économiser les autres facteurs de production ; c'est là ce qui constitue sa force. Il n'y a plus de limite à la reproduction et à la diffusion des oeuvres de l'intelligence ni au nombre de chargements que l'on peut faire d'un logiciel ou de copies d'une image numérique.

Dans une économie devenue super symbolique, - c'est-à-dire dans laquelle les travailleurs sont désormais plus nombreux à manier les symboles que les choses -, le savoir, parce qu'il est le substitut final, est devenu la ressource économique ultime.

Comment, en effet, ne pas le constater : le cerveau remplace progressivement le muscle, le prolétariat devient cognitariat et l'ensemble du cycle de la production et de la distribution dépend de plus en plus du savoir qui s'y investit L'intelligence permet également d'expliquer le passage, auquel on assiste actuellement, d'une production de masse hyperstandardisée à une économie du sur mesure dans laquelle industrie et services tendent à s'intégrer toujours davantage.

Cette évolution redonne sa chance, même si le marché se mondialise, à de petites unités très spécialisées, implantées en dehors des grandes zones d'activité économique. De sorte que tout un nouveau système de création de richesse, à la fois localisé et planétaire, fondé sur la technologie avancée, se met ainsi en place.

L'accès au savoir, à travers les nouvelles technologies d'information et de communication, se révèle être, dans ces conditions, pour la France comme pour l'Europe, un enjeu majeur en terme de pouvoir, c'est-à-dire de souveraineté et d'identité, par-delà ses effets immédiats sur le niveau de nos performances économiques dans un monde de plus en plus ouvert et compétitif.

C'est aussi un des espoirs essentiels qui nous reste de retrouver les chemins de la croissance et de l'emploi par une dynamique de création de nouvelles activités, d'innovation et d'amélioration qualitative des services. En effet, il semble que les faits ont déjà démontré l'insuffisance de politiques trop exclusivement axées soit sur la recherche de gains de productivité, accompagnée d'un traitement social du chômage, soit sur le mythe du partage du travail.

Pour toutes ces raisons, l'acquisition, ou plus encore la création par les Français de nouveaux savoirs leur permettant de maîtriser et de valoriser les informations de plus en plus nombreuses que les nouvelles techniques peuvent mettre à leur disposition, apparaissent comme la priorité essentielle.

Retour Sommaire Suite