Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, Christine Lavarde, a livré aujourd’hui son analyse des grands équilibres du projet de loi de finances pour 2027 proposé par le Gouvernement. Elle dresse un constat préoccupant de la situation économique et budgétaire du pays et appelle à un sursaut de responsabilité afin de restaurer durablement la crédibilité financière de la France.
Tout d’abord, le contexte économique et budgétaire dans lequel s'inscrit l'examen du budget 2027 est particulièrement dégradé. Avec une croissance en recul continu depuis 2022, devenant l’une des plus faibles de la zone euro et un déficit public parmi les plus élevés, l'économie française commence à apparaître comme “l'homme malade de l'Europe”. La détérioration de la situation économique n’explique qu’en partie celle des finances publiques, car l'incurie des gouvernements passés et l'inflation ont également contribué à augmenter la charge de la dette, laquelle alimente de plus en plus les déficits malgré les efforts engagés. Le ralentissement de la croissance, la remontée du chômage, l'alourdissement continu de la dette publique et l'érosion des marges de manœuvre budgétaires traduisent désormais des difficultés structurelles plutôt que conjoncturelles : tel est le bilan des deux quinquennats d’Emmanuel Macron.
La hausse des taux d’emprunt, les craintes des investisseurs et surtout la nécessité de tenir un langage de vérité aux Français à l’approche de la prochaine élection présidentielle, auraient dû faire prendre conscience au Gouvernement de la nécessité d’être enfin crédible. Pour cela, ce qui importe n’est pas tant d’afficher des objectifs “rassurants”, mais surtout atteignables. Or la prévision de croissance du Gouvernement pour 2027, établie à 1 %, est imprudente. En particulier, la prévision d’investissement est inexplicablement optimiste, tandis que le risque d’éclatement de la bulle IA, dont les ressorts présentent d’inquiétantes similitudes avec la crise des subprimes, semble négligé par le Gouvernement.
Il ressort donc de l’examen du projet de loi de finances, construit sur des hypothèses déjà dépassées, que le redressement budgétaire est à l’arrêt, malgré la situation d'urgence dans laquelle le pays se trouve. Le déficit budgétaire de l’État sera en hausse de près de 20 milliards d'euros en 2027, loin du redressement annoncé et nécessaire et bien que les recettes fiscales, poussées par de nombreuses mesures et par une estimation optimiste des rentrées, soient affichées en hausse de 18 milliards d'euros.
Malgré la communication biaisée du Gouvernement sur un illusoire “gel” des crédits et des emplois, les dépenses comme les effectifs de l’État continuent à progresser alors que seules des économies permettraient d’engager enfin une amélioration durable de la situation des finances publiques. Sans changement de cap, la France pourrait voir sa capacité à financer sa dette devenir un enjeu majeur dans les années à venir.
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