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III. LES ENJEUX À VENIR POUR LE SECTEUR DES BIOCARBURANTS

A. L'ACCROISSEMENT DE LA COMPÉTITIVITÉ DES PRODUITS

La compétitivité des biocarburants dépend de nombreux facteurs tels que les cours des céréales, des huiles, du sucre, des coproduits (tourteaux, drèches, pulpes, glycérine), de l'euro et du dollar ainsi que de facteurs techniques tels que les spécifications des produits. Mais elle dépend surtout des cours du pétrole et des produits pétroliers, les hydrocarbures constituant la principale source d'énergie concurrente des biocarburants.

A cet égard, le développement des biocarburants est aujourd'hui en partie freiné par les coûts de production des produits, supérieurs à ceux des hydrocarbures. Ainsi, l'ordre de grandeur des prix de production européens est de 60 euros par hectolitre pour l'EMHV et de 50 euros par hectolitre pour l'éthanol, quand celui des hydrocarbures varie entre 15 et 25 euros par hectolitre selon l'évolution des cotations du pétrole et du dollar. Afin de compenser cet écart de compétitivité, des mesures fiscales ont été adoptées dans tous les pays désirant soutenir le développement des biocarburants.

Celles-ci demeurant insuffisantes pour combler entièrement l'écart de coût de production et rendre compétitive la fabrication de biocarburants, il appartient également à la filière -au besoin en y étant aidé par un soutien public- d'augmenter substantiellement sa productivité. Les professionnels du secteur estiment aujourd'hui que ce défi peut être relevé, considérant par exemple que le coût de revient de l'éthanol peut passer d'une cinquantaine d'euros actuellement à une quarantaine en 2010 et une trentaine en 2020.

B. LA MISE EN PLACE DE STRATÉGIES FACE À LA CONCURRENCE EXTÉRIEURE

Outre les efforts de compétitivité devant être consentis en vue de concurrencer les carburants fossiles, les biocarburants français doivent affronter la concurrence étrangère, qu'elle soit européenne ou internationale.

 Au niveau européen, la France est relativement bien positionnée sur le marché des biocarburants puisqu'elle figure en deuxième position pour la production d'EMHV comme d'éthanol. En tendance, cette deuxième place marque toutefois un recul car la France a longtemps occupé une place de leader sur ces marchés, avant d'être devancée par l'Allemagne pour les EMHV et par l'Espagne pour l'éthanol.

La configuration du marché européen pourrait se trouver à nouveau modifié par la révision récente de la PAC, comportant notamment la mise en place d'une nouvelle aide pour les cultures à vocation énergétique réalisées hors jachères, mais aussi l'élargissement de l'Union européenne à 10 nouveaux membres dont certains, tels la Pologne, pourraient être tentés de développer la filière biocarburants.

En tout état de cause, le dynamisme du développement de la filière dans chaque pays dépend très fortement du niveau de défiscalisation retenu pour les biocarburants. Si la France est, de ce point de vue, moins généreuse que l'Allemagne, qui de plus n'a pas fixé de quotas de production, une politique excessivement favorable peut engendrer des effets pervers. C'est ainsi que la filière allemande, qui a beaucoup investi dans de nouvelles unités de production, se trouve aujourd'hui en situation de surcapacité et parvient difficilement à écouler sa production.

 Au niveau international, la concurrence s'exerce exclusivement sur le marché de l'éthanol. Il n'y a pas, en effet, de culture oléagineuse qui soit à la fois compétitive et satisfaisante au point de vue des qualités de carburation contre le colza et le tournesol.

L'éthanol carburant a été principalement développé dans deux pays : le Brésil et les Etats-Unis. Grâce à une volonté politique affirmée et des avantages comparatifs substantiels, des volumes importants de production ont pu y être dégagés, contribuant à une baisse des coûts unitaires. C'est ainsi que l'alcool brésilien est importé en Europe à des prix variant entre 35 et 45 euros par hectolitre selon qu'il s'agit d'alcool dénaturé ou non, sachant que sont intégrés dans ces prix des droits de près de 20 euros par hectolitres.

Outre le continent américain, de nouveaux acteurs apparaissent sur la scène internationale. Bénéficiant de coûts de production relativement bas et de systèmes de préférences généralisées, ils sont en mesure de fournir une offre extrêmement compétitive. C'est ainsi que l'on trouve, en provenance du Pakistan, de l'alcool à droits zéro à des prix de l'ordre de 35 euros par hectolitre.

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