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C. UN POIDS FINANCIER QUI SE RÉDUIT DANS LE BUDGET DE LA DÉFENSE

Les principes de stricte suffisance et de crédibilité conditionnent le format de nos forces nucléaires et les différents programmes visant à les faire évoluer.

Les besoins financiers correspondant à ces programmes sont notablement inférieurs aux budgets consacrés à la dissuasion nucléaire au début de la précédente décennie.

Après un point bas en 2001, les crédits de la dissuasion nucléaire ont progressé de 2002 à 2004. Ils se stabilisent en 2005 et devront ensuite diminuer jusqu'à la fin de la loi de programmation, en 2008.

Évolution des crédits de la dissuasion nucléaire de 1990 à 2005

Crédits de paiement

Domaine nucléaire

Part du nucléaire dans les titres
V et VI

milliards d'€ courants

milliards d'€ 2005

1990

4,89

6,20

31,4 %

1995

3,16

3,63

21,9 %

2000

2,42

2,63

19,1 %

2005

3,15

3,15

20,7 %

Le tableau ci-dessus montre qu'en monnaie constante, le budget de la dissuasion nucléaire a été divisé par deux entre 1990 et 2005. Dans le même temps, le budget d'équipement militaire a diminué de plus de 20 %, si bien que la part de la dissuasion nucléaire dans les dépenses d'investissement de la défense est passée de 31,4 % en 1990 à 20,7 % en 2005. Il est prévu qu'en 2008, la proportion descende en dessous de 18 %, la part de la dissuasion nucléaire représentant en moyenne 19,5 % de l'effort d'équipement militaire sur la période 2003-2008 contre 20 % au cours de la loi de programmation précédente.

La réduction du coût financier de la dissuasion nucléaire est donc une réalité incontestable. Elle ne découle pas d'une recherche d'économies immédiates mais d'une définition cohérente de notre posture nucléaire. Cette posture peut être résumée par trois éléments : la permanence à la mer d'un et, si nécessaire, de deux sous-marins armés de missiles stratégiques capables d'atteindre tout adversaire potentiel, une composante aérienne à la fois plus visible et plus souple d'emploi, et des moyens de simulation qui garantissent la fiabilité, et donc la crédibilité des armes nucléaires en l'absence d'essais en vraie grandeur.

Pour votre rapporteur, il ne semble guère envisageable aujourd'hui d'aller plus loin dans la réduction du budget de la dissuasion nucléaire sans remettre profondément en cause l'un de ces trois éléments.

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