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Projet de loi de finances pour 2007 : Sport, jeunesse et vie associative

 

B. VALORISER LE LIEN SOCIAL : UNE POLITIQUE EN DIRECTION DES PUBLICS ÉLOIGNÉS DE LA PRATIQUE SPORTIVE

Certaines catégories de la population, pour des raisons diverses, sont en retrait de la pratique sportive, et sont également peu représentées au sein des structures sportives. Le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative a ainsi initié une politique de valorisation de la fonction sociale du sport, à destination de publics dits cibles, les femmes, les personnes handicapées, les familles et les jeunes issus des quartiers sensibles. Il s'agit, au travers de différentes actions, de leur permettre d'accéder à une pratique sportive.

1. Renforcer la place et la part des femmes dans le sport

La pratique du sport au féminin se distingue nettement de la pratique masculine de par sa fréquence, les disciplines choisies, les lieux et les modalités de pratique. Les femmes ne représentaient, en juillet 2000, que 40 % des adhérents à un club ou une association et seulement 24 % des compétiteurs. La nature des sports les plus fréquemment cités -la gymnastique, la natation ou le vélo- peut être un facteur d'explication. Le sport est essentiellement conçu comme un espace de détente.

Dans de nombreuses disciplines sportives, les femmes sont très peu présentes, à commencer par les deux sports très populaires que sont le football et le rugby. Ces sports ne se sont d'ailleurs ouverts aux femmes que récemment, il y a une dizaine d'années. Cependant, une certaine évolution sociologique est aujourd'hui perceptible. Ainsi, le président de la Fédération française de rugby, M. Bernard Lapasset, a indiqué à votre rapporteur que le nombre de pratiquantes au sein de ce sport augmentait de plus de 15 % par an.

Il convient de préciser que l'année 2005 a connu une très forte progression du nombre de licences sportives délivrées aux jeunes filles et aux femmes, de l'ordre de 4,85 %. Près d'une licence supplémentaire sur deux est désormais attribuée à une femme, alors que la part des femmes dans les licences sportives est à peine supérieure à un tiers.

En ce sens, la politique conduite par le ministère a pris en compte cette nécessité de favoriser le développement de la pratique sportive féminine et la participation des femmes à la vie associative.

L'enquête de 2000 avait également démontré que seules 19 % des femmes appartenant à un club, contre 37 % des hommes, y exerçaient des responsabilités. Faisant le constat de la part minoritaire des femmes dans la pratique sportive et de leur absence dans les instances dirigeantes, le rapport de Mme Brigitte Deydier formulait plusieurs propositions pour contribuer à améliorer la pratique des femmes et des jeunes filles ainsi que leur accès aux responsabilités. Cette volonté s'est traduite par l'adoption de nouvelles dispositions réglementaires9(*) qui ont permis de faire progresser le nombre de femmes dans les instances dirigeantes des fédérations.

Par ailleurs, depuis 2005, le ministère a mis en place, en partenariat avec le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), un concours national intitulé « Femmes et Sport » qui s'inscrit dans une volonté de promouvoir l'image, la place et le rôle des femmes dans les pratiques physiques et sportives et leur accès aux responsabilités en France, notamment dans les quartiers urbains sensibles.

* 9 Décret n° 2004-22 du 7 janvier 2001 relatif à l'agrément et aux statuts des fédérations sportives qui a introduit le principe de proportionnalité entre le nombre de femmes licenciées et le nombre de sièges dont elles doivent disposer au sein de ces instances.