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Projet de loi de finances pour 2009 : Enseignement scolaire

 

II. L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE, UNE EXCEPTION REMARQUABLE QUI MÉRITE D'ÊTRE RENFORCÉE

Aux yeux de votre rapporteur, l'enseignement agricole mérite une attention budgétaire particulière non seulement au nom du principe d'égalité entre les élèves fréquentant les diverses structures éducatives, mais aussi et surtout en raison des singularités qui font de lui une exception remarquable dans le paysage éducatif français.

Longtemps ses performances singulières sont restées inaperçues faute d'une publicité suffisante. Si chacun savait au niveau local le rôle essentiel que jouaient les établissements agricoles, cela n'était ni assez dit ni assez écrit.

Désormais, ces qualités sont connues de tous : une série de rapports récents a en effet mis l'accent sur les performances qui sont les siennes ainsi que sur le rôle bien particulier que cette forme d'enseignement joue dans les territoires ruraux.

Celles-ci s'expliquent en premier lieu par l'engagement exceptionnel de l'ensemble de la communauté éducative agricole : quiconque a rencontré les enseignants, les formateurs et l'ensemble des personnels des établissements, mais aussi les services déconcentrés et centraux du ministère de l'agriculture et de la pêche a pu prendre la mesure de l'investissement passionné et sans réserve qui est le leur.

Une nouvelle fois, votre rapporteur souhaite saluer leur travail remarquable et forme le voeu que les moyens qui leur sont donnés soient enfin à la hauteur de cet engagement.

A. L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE, UN RENFORT BIENVENU DANS LES ZONES RURALES

La place singulière qu'occupe l'enseignement agricole dans le paysage éducatif français tient en premier lieu à l'ancrage local qui est le sien. C'est en effet au coeur des territoires ruraux que sont le plus souvent implantés les établissements agricoles, qui assurent ainsi l'avenir de régions souvent malmenées par ailleurs.

Car ni l'agriculture ni la ruralité ne sauraient subsister bien longtemps si n'étaient formés chaque année des jeunes hommes et des jeunes femmes capables de prendre la relève de leurs aînés dans les filières de production ou de transformation. De même, ces territoires ne sauraient se développer sans les nouveaux métiers de service auxquels prépare l'enseignement agricole.

1. Un enseignement à la vocation sociale nettement affirmée

Les établissements agricoles ont une autre singularité particulièrement remarquable : ils accueillent 36 % de boursiers, contre 26 % en moyenne nationale dans les collèges et lycées de l'éducation nationale.

Là encore, cette singularité tient à leur ancrage local : les établissements agricoles sont en effet à l'image des territoires où ils se trouvent, avec les handicaps et les atouts de la ruralité.

Fermer des classes dans l'enseignement agricole, c'est priver cette jeunesse venue des milieux ruraux d'une voie de réussite aux performances particulièrement remarquables.

2. Des classes de 4e et de 3e qui réussissent souvent là où l'enseignement classique a échoué

Le maintien des classes de 4e et de 3e de l'enseignement agricole le prouve. La logique administrative voudrait en effet que ces classes, qui au premier abord ne relèvent pas d'un enseignement essentiellement technique, soient d'une manière ou une autre rapprochées des structures classiques existantes.

Mais sur ce point, la logique d'un découpage clair et net des compétences ne serait pas de bon conseil : le maintien de ces classes de 4e et de 3e s'explique en effet par leurs excellents résultats en matière de remédiation. Elles accueillent des élèves qui, le plus souvent, se sont lentement enfoncés dans l'échec scolaire et ne sont pas parvenus, dans les établissements scolaires classiques, à s'épanouir et à réussir. Dans l'enseignement agricole, ils retrouvent souvent pied.

Nombreux sont chaque année les jeunes qui retrouvent ainsi confiance non seulement en eux, mais aussi dans l'École à l'issue de leurs deux années de scolarité.

Sur tout le territoire, les classes de 4e et de 3e de l'enseignement agricole forment ainsi un maillage de proximité au service des élèves les plus en difficulté.

C'est pourquoi votre rapporteur se réjouit que le ministre de l'agriculture et de la pêche, M. Michel Barnier, ait pris l'engagement de maintenir ces classes et de les préserver de tout ajustement budgétaire.

Cet engagement figurera au coeur du 5e schéma prévisionnel des formations de l'enseignement agricole, qui pourrait consacrer la mission de remédiation propre à l'enseignement agricole.

       

PRIVE

     
 

Public

CNEAP

Sans affiliation

UNMFREO

UNREP

Total Public + Privé

REGION

3ème

4ème

Total

3ème

4ème

Total

3ème

4ème

Total

3ème

4ème

Total

3ème

4ème

Total

3ème

4ème

Total

Alsace

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21

20

41

21

20

41

Aquitaine

159

50

209

290

177

467

 

 

 

734

471

1205

85

39

124

1268

737

2005

Auvergne

103

61

164

107

65

172

 

 

 

204

146

350

 

 

 

414

272

686

Basse-Normandie

64

45

109

110

93

203

 

 

 

746

453

1199

46

42

88

966

633

1599

Bourgogne

137

92

229

231

150

381

 

 

 

376

239

615

22

7

29

766

488

1254

Bretagne

131

81

212

987

640

1627

 

 

 

773

554

1327

 

 

 

1891

1275

3166

Centre

145

140

285

298

208

506

25

16

41

399

289

688

37

30

67

904

683

1587

Champagne-Ardenne

139

57

196

137

114

251

 

 

 

135

100

235

40

32

72

451

303

754

Franche-Comté

61

24

85

116

95

211

 

 

 

415

244

659

 

 

 

592

363

955

Guadeloupe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

103

80

183

 

 

 

103

80

183

Guyane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23

15

38

 

 

 

23

15

38

Haute-Normandie

75

45

120

55

53

108

 

 

 

211

203

414

 

 

 

341

301

642

Île-de-France

21

 

21

120

88

208

 

 

 

64

66

130

136

114

250

341

268

609

La Réunion

 

 

 

28

12

40

 

 

 

117

94

211

 

 

 

145

106

251

Languedoc-Roussillon

60

51

111

449

312

761

 

 

 

141

99

240

215

155

370

865

617

1482

Limousin

103

50

153

 

 

 

 

 

 

101

63

164

 

 

 

204

113

317

Lorraine

90

29

119

14

13

27

 

 

 

297

198

495

27

16

43

428

256

684

Martinique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28

28

56

 

 

 

28

28

56

Mayotte

30

24

54

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30

24

54

Midi-Pyrénées

315

131

446

302

223

525

 

 

 

314

215

529

4

23

27

935

592

1527

Nord-Pas-de-Calais

16

 

16

411

346

757

 

 

 

237

175

412

19

23

42

683

544

1227

Pays de la Loire

79

28

107

754

443

1197

 

 

 

1472

966

2438

86

44

130

2391

1481

3872

Picardie

51

25

76

131

99

230

 

 

 

376

259

635

91

60

151

649

443

1092

Poitou-Charentes

128

37

165

70

46

116

 

 

 

681

503

1184

 

 

 

879

586

1465

Polynésie Française

15

 

15

 

 

 

 

 

 

147

117

264

 

 

 

162

117

279

Provence-Alpes-Côte d'Azur

115

52

167

178

111

289

 

 

 

322

282

604

89

45

134

704

490

1194

Rhône-Alpes

229

106

335

809

554

1363

 

 

 

1481

1063

2544

86

39

125

2605

1762

4367

Total

2266

1128

3394

5597

3842

9439

25

16

41

9897

6922

16819

1004

689

1693

18789

12597

31386

3. Des diplômes qui ouvrent la voie de l'insertion professionnelle

L'enseignement agricole assume d'autant mieux cette mission de remédiation que cohabitent dans ses établissements des filières de nature bien différente : on y trouve en effet l'équivalent de classes de collège, mais aussi des sections professionnelles et des formations générales classiques, avec notamment des sections scientifiques dont les résultats sont souvent excellents. Au sein des établissements agricoles, la mixité des publics est donc une réalité.

Elle explique au moins partiellement les très bons résultats de l'enseignement agricole tant aux examens qu'en matière d'insertion professionnelle.

Sur ce point, il est difficile de comparer l'insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement agricole et celle des lauréats de l'enseignement professionnel, les deux ministères construisant leurs statistiques sur des bases différentes : l'éducation nationale retient un taux à 7 mois là où l'enseignement agricole suit ses élèves quatre années après leur sortie du système éducatif.

Toutefois, une enquête commune vient d'être menée en Basse-Normandie. Ses résultats sont les suivants :

TAUX D'INSERTION À 7 MOIS

Taux d'insertion 

Enseignement agricole public

Éducation nationale

À niveau V

56,3 %

52,6 %

A niveau IV

73,9 %

64,8 %

A niveau II

73,8 %

73,5 %

Taux global d'insertion

71,4 %

63,1 %

Source : Ministère de l'éducation nationale - Ministère de l'agriculture et de la pêche