Allez au contenu, Allez à la navigation

Projet de loi de finances pour 2013 : Recherche et enseignement supérieur

22 novembre 2012 : Budget - Recherche et enseignement supérieur ( avis - première lecture )

E. RENFORCER LES LIENS AVEC LES MILIEUX ÉCONOMIQUES ET INDUSTRIELS AFIN DE FAVORISER L'INSERTION PROFESSIONNELLE

Dans son rapport sur la compétitivité de l'industrie française de novembre 2012, M. Louis Gallois, commissaire général à l'investissement, dénonce « l'inadéquation entre l'offre de formation et les besoins de l'industrie, tant au niveau de la formation initiale que de la formation continue ».

Le 11 octobre 2012, Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, et M. Thierry Repentin, ministre délégué à la formation professionnelle, ont salué, au cours d'une visite à l'université de Cergy-Pontoise, le dynamisme de l'apprentissage dans cette agglomération. La formation en apprentissage constitue, de longue date, un enseignement prioritaire à Cergy-Pontoise, avec 17 centres de formation des apprentis (CFA), dont 10 rattachés à des formations supérieures, et 4 000 places d'apprentis.

Votre rapporteure pour avis tient à saluer les dispositifs mis en oeuvre à Cergy-Pontoise en vue de construire des passerelles entre les entreprises (notamment des petites et moyennes entreprises - PME - locales) et l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur présents sur le territoire :

- elle apporte son soutien au dispositif des bourses « Tremplin », créé par la fondation de l'université de Cergy-Pontoise, qui permet aux étudiants méritants de l'université de bénéficier d'une bourse d'étude et d'être accompagnés dans leur parcours par un professionnel appartenant à une entreprise mécène ;

- elle a mis en oeuvre l'opération « Univ' d'Hiver » qui permet aux lycéens de seconde de réaliser un temps d'immersion dans un établissement d'enseignement supérieur. Ainsi, les lycéens sont accueillis sur le campus et accompagnés par des étudiants, des enseignants et des professionnels afin de mieux comprendre les filières universitaires et leurs débouchés économiques. Cette initiative vise à réduire les taux d'abandon dans les premières années d'études supérieures liés à des erreurs d'orientation ou de choix.

D'autres expériences fructueuses existent sur le territoire qui méritent d'être portées à la connaissance du plus grand nombre, évaluées, modélisées voire généralisées en fonction des objectifs visés et de leur atteinte.

Selon les résultats de la troisième enquête nationale sur l'insertion professionnelle des diplômés de l'université, comme pour leurs prédécesseurs en décembre 2009 et 2010, 91 % des diplômés de master et 92 % des diplômés de licence professionnelle sont en emploi en décembre 2011, 30 mois après leur entrée dans la vie active après l'obtention de leur diplôme en 2009 ; le pourcentage est de 89 % pour les diplômés de DUT (diplôme universitaire de technologie), en léger recul par rapport à l'année précédente. La part des entreprises privées dans les emplois occupés diminue légèrement au profit de la fonction publique d'État, territoriale ou hospitalière.

La « loi LRU » a conduit les établissements d'enseignement supérieur à créer un bureau d'aide à l'insertion professionnelle (BAIP). La mise en place effective des BAIP s'est faite à la suite des travaux de la commission Chaudron-Uhaldeborde, qui a remis ses conclusions à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en juin 2008. Consécutivement à ces travaux, la ministre a demandé aux universités, par circulaire du 19 novembre 2008, d'élaborer leur schéma directeur de l'aide à l'insertion professionnelle (l'analyse des schémas directeurs de l'aide à l'insertion professionnelle a fait l'objet d'un rapport d'analyse du ministère, publié en début d'année 2010).

Les principaux axes de développement de la politique d'insertion professionnelle peuvent être décrits comme suit :

- accent sur le caractère professionnalisant de toutes les formations. Les formations universitaires (licence, master, doctorat) sont inscrites de droit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ;

- logiques de compétences introduites dans la conception, l'élaboration, la réalisation et l'évaluation des formations universitaires ;

- étudiants objet d'un accompagnement systématique dans l'élaboration de leur projet professionnel ;

- aide dans l'accès aux stages et à l'emploi à travers la mise en place d'accompagnements et de services dédiés pour tous les étudiants :

Ø des ateliers rédaction de CV et lettres de motivation ;

Ø un recueil et une mise à disposition des offres de stage/emploi ;

Ø l'organisation de forums, rencontres, présentations des métiers au cours desquels les étudiants sont mis en contact avec les professionnels concernés ;

- on observe une montée en charge progressive des réseaux et annuaires d'anciens afin de favoriser le continuum université/emploi.

Le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche suit l'action des établissements dans la mise en oeuvre de la mission insertion professionnelle à travers, notamment, l'animation d'un groupe de travail « suivi des BAIP ». Les travaux de ce groupe, installé par la DGESIP le 17 décembre 2010, ont débouché sur la tenue des deux premiers séminaires nationaux des BAIP. Chacune de ces deux manifestations a donné lieu à l'édition d'un recueil d'observations et d'analyse : en 2011 avec « Les BAIP, une dynamique en marche », et en 2012 avec « Mieux voir, mieux être vu, un enjeu pour les BAIP ».

Il convient également de favoriser l'employabilité des jeunes titulaires d'un doctorat au sein de la fonction publique, afin de favoriser la diversité de recrutement pour les plus hauts niveaux de responsabilité. Il importe, en outre, de remédier au taux d'échec en licence des bacheliers professionnels et technologiques. Le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche rappelle, en effet, qu'en 2009, 59 % des bacheliers généraux sont en deuxième année de licence un an après leur inscription en première année, ce qui n'est le cas que de 14 % des bacheliers professionnels, plus nombreux à effectuer une seconde première année, à se réorienter, et surtout à arrêter leurs études. Un quart des bacheliers professionnels 2008 inscrits en L1 à la rentrée 2008 déclarent, un an après, avoir arrêté leurs études13(*). Le rapport précité de M. Louis Gallois regrettait précisément que « l'enseignement technique et professionnel ne bénéficie toujours pas, en France, de la priorité qu'il mérite ».


* 13 Note d'information 12.04 du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.