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CHAPITRE PREMIER :

LES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES POUR 2005

I. RETOUR SUR UNE PRÉVISION POUR 2004 TRÈS PRUDENTE

A. UNE CROISSANCE DU PIB SUPÉRIEURE DE PRÈS DE 1 POINT AUX PRÉVISIONS

1. L'art difficile de la prévision économique

Depuis 1999, la croissance du PIB s'est écartée chaque année d'environ 1 point du consensus des conjoncturistes et de la prévision du gouvernement, comme l'indique le graphique ci-après.

La croissance du PIB de l'économie française : prévision et croissance effective

(en points de PIB)

(1) Commission économique de la Nation (en 1999, commission des comptes économiques de la Nation).

(2) Consensus des conjoncturistes (commission économique de la Nation, 1er octobre 2004).

Sources : projets de lois de finances ; commission économique de la Nation ; Insee

En comparaison, l'écart entre la prévision du gouvernement et celle du consensus des conjoncturistes semble négligeable.

Ce phénomène provient de la difficulté des économistes à anticiper les retournements de conjoncture, et de leur tendance à privilégier les scénarios où la croissance s'écarte peu de son taux potentiel. Ainsi, la croissance du PIB en 2003 a été nettement plus faible que ce que laissaient penser les indicateurs conjoncturels à l'été 2002, ce qui s'explique en particulier par l'appréciation de l'euro et l'impact du conflit irakien - largement sous-estimé par tous les prévisionnistes, malgré de très nombreuses mises en garde...

2. Un dynamisme inattendu de la demande intérieure

En 2004, la croissance du PIB serait de 2,5 % selon les prévisions du gouvernement et le consensus des conjoncturistes, contre 1,7 % selon le projet de loi de finances initiale pour 2004.

Certaines prévisions de la croissance en 2004 sont plus élevées. Ainsi, le FMI prévoit une croissance de l'économie française de 2,6 % en 2004.

Lors du débat d'orientation budgétaire pour 2005, le gouvernement a maintenu sa prévision de croissance inchangée, à 1,7 %, alors que le consensus des conjoncturistes était alors de 2,1 %. Ce n'est que dans le cadre du présent projet de loi de finances qu'il présente une prévision de croissance révisée.

La demande intérieure a surpris par son dynamisme, toutes ses composantes ayant une contribution à la croissance plus forte que celle anticipée, ce qui a permis de contrebalancer l'impact fortement négatif de la contribution du commerce extérieur, comme l'indique le graphique ci-après.

Contributions à la croissance du PIB

(en points de PIB)

Sources : projet de loi de finances pour 2004 ; commission économique de la Nation, octobre 2004

Le dynamisme de la demande intérieure s'explique en particulier par les mesures de soutien de la consommation1(*) prises en grande partie par la loi éponyme2(*). Selon les estimations présentées par votre commission à l'occasion du débat d'orientation budgétaire pour 20053(*), ces mesures pourraient susciter une augmentation à court terme (en 2004 et 2005) de la consommation des ménages comprise entre 0,25 et 0,6 point de PIB.

* 1 Exonération des intérêts des crédits à la consommation ; transfert de l'épargne vers les jeunes générations ; déblocage anticipé sur les réserves de participation ; diminution des prix dans la grande distribution.

* 2 Loi n° 2004-804 du 9 août 2004 pour le soutien à la consommation et à l'investissement.

* 3 Estimations s'appuyant en particulier sur celles du gouvernement et de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

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