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2. Redéfinir la formation des maîtres

La formation initiale

La formation des maîtres comporte un caractère à la fois universitaire et professionnel (fondée sur l'alternance entre expérience de terrain et formation aux savoirs et savoir-faire du métier).

La plus grande proximité pédagogique des IUFM avec les universités devrait être le gage d'une amélioration de la formation des futurs enseignants, plus proche de l'actualité disciplinaire mais aussi de l'activité scientifique. Cette plus grande sensibilisation avec les méthodes scientifiques devrait contribuer à l'évolution de la transmission des savoirs et à la diffusion de la culture scientifique dans notre pays.

La dimension professionnelle doit venir d'une plus grande confrontation au terrain. Des progrès restent à faire dans ce domaine si l'on se réfère aux appréciations que les inspecteurs généraux ont recueillies auprès de jeunes enseignants sur la formation qu'ils ont reçue en IUFM. Evoquées dans le rapport 2004 de l'IGENR, ces critiques sont parfois sévères, qu'il s'agisse de l'insuffisante préparation aux gestes quotidiens du métier ou à l'hétérogénéité des publics scolaires par exemple. Un certain nombre de jeunes enseignants perçoivent un décalage entre la formation reçue et les besoins ressentis dans la réalité.

Le projet de loi n'évoque pas l'organisation de la scolarité au sein des IUFM ni le contenu de la formation qu'ils dispensent, mais son article 22 précise que le caractère professionnel de la formation des enseignants sera garanti par un cahier des charges national, dont les principes seront définis par les ministres chargés de l'enseignement supérieur et de l'éducation nationale, après avis du Haut conseil de l'éducation. Ce cahier des charges précisera les grands objectifs et les modalités d'organisation de la formation initiale des enseignants auxquels les instituts devront se conformer sous la responsabilité des universités.

Le rapport annexé précise que seront distingués trois grands ensembles de formation: l'approfondissement de la culture disciplinaire, la formation pédagogique (visant la prise en charge de l'hétérogénéité des élèves, la participation du professeur au processus d'orientation, la gestion d'une classe difficile, l'accueil des élèves handicapés) et la formation du fonctionnaire du service public de l'éducation (connaissance de la Fonction publique, des droits et devoirs des fonctionnaires, connaissance du système éducatif et de la diversité de ses niveaux et filières d'enseignement, relations avec les parents d'élèves...).

L'examen des plans de formation élaborés en réponse au cahier des charges national donnera lieu à une accréditation pour une durée limitée reposant sur une validation périodique.

D'autres mesures devraient être également de nature à améliorer la formation : une certification complémentaire en lettres, langues et mathématiques sera proposée aux enseignants du second degré. Elle sera acquise lors d'une épreuve du concours et validée par l'examen de qualification professionnelle après un complément de formation. L'obtention du certificat informatique et internet (C2i niveau 1) sera exigée de tous les étudiants entrant à l'IUFM. Celui-ci amènera les professeurs stagiaires au niveau 2 du C2i, c'est-à-dire à la capacité d'utiliser des TIC dans leur pratique pédagogique.

Le troisième concours deviendra une vraie voie de diversification du recrutement pour des personnes ayant acquis une expérience professionnelle dans le secteur privé. Pour ce faire, la condition de diplôme est supprimée, la durée de l'expérience professionnelle est portée à cinq ans, sans période de référence, et elle est élargie à tous les domaines professionnels.

Enfin, pour mieux assurer l'entrée dans le métier, formation initiale et première année d'exercice seront davantage liées. A cet effet, les concours -toujours nationaux- seront réformés pour permettre une affectation académique des lauréats. Les nouveaux enseignants resteront, au moins la première année, dans l'académie où ils ont été formés et ils bénéficieront d'un meilleur accompagnement dans leur premier poste. En outre, une aide financière sera attribuée à la première prise de fonction.

Votre commission se réjouit de ces mesures qui devraient favoriser la prise de fonction des jeunes enseignants et contribuer au renforcement de l'attractivité de ce métier. Il conviendra toutefois de veiller à ce que la mise en oeuvre de ces mesures ne s'exerce pas au détriment des enseignants titulaires.

La formation continue

Le rapport annexé définit les trois grandes priorités de la formation continue des enseignants : l'accompagnement de la politique ministérielle, l'échange de pratiques pédagogiques performantes et le ressourcement disciplinaire. L'Assemblée nationale a précisé que la deuxième de ces priorités devait avoir pour objectif l'amélioration de l'efficacité de l'enseignement, et il en a ajouté une quatrième : l'entretien et le développement de la compétence linguistique. Ceci est effectivement fondamental dans la perspective d'une nécessaire amélioration du niveau des jeunes en langues étrangères.

Le rapport indique, par ailleurs, que la formation continue doit pouvoir être offerte à tout enseignant pour répondre aux besoins de l'institution, pour permettre le développement d'un projet personnel dans le cadre de la formation tout au long de la vie, ou pour préparer l'entrée dans une deuxième carrière. L'article 25 du projet de loi prévoit que lorsqu'elle correspond à un projet personnel concourant, en accord avec le recteur, à l'amélioration des enseignements, la formation continue des enseignants s'accomplit prioritairement en dehors des obligations de service d'enseignement et peut donner lieu à une indemnisation complémentaire.

En outre, les enseignants seront invités à suivre des formations spécialisées dans l'accueil des élèves handicapés.

L'Assemblée nationale a prévu la création d'un livret récapitulatif des formations suivies et des nouvelles compétences acquises. Ce livret sera établi avec chaque enseignant de manière à lui permettre de gérer son parcours de formation tout au long de sa carrière. Il s'agit là d'une idée intéressante, d'ailleurs avancée par les inspections générales dans leur rapport de février 2003 sur « la formation initiale et continue des maîtres », et votre commission l'approuve.

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