Allez au contenu, Allez à la navigation



 

    retour sommaire suite

2. Garantir la maîtrise du socle par une personnalisation des apprentissages

Définir un socle commun que la Nation s'engage à faire maîtriser par chacun impose d'adapter les méthodes de l'école à la diversité des élèves.

Afin d'assurer le principe d'« égalité de l'éducation »27(*) défini par Jules Ferry, l'école doit offrir aux élèves des parcours pluriels. Telle est l'ambition de la mise en place d'un contrat individuel de réussite éducative, rebaptisé « programme personnalisé de réussite scolaire ».

Quel que soit le nom qu'on lui donne, ce dispositif permettra d'apporter un soutien plus individualisé aux élèves, au sein de groupes restreints, pendant lequel l'enseignant pourra mieux s'adapter aux différents rythmes d'apprentissage de chacun, et répondre à ses besoins spécifiques.

La notion de « contrat » avait le mérite de traduire explicitement l'implication de l'élève dans sa réussite, l'engagement mutuel de l'école et de la famille étant matérialisé par la signature du contrat, par l'élève, ses parents, le directeur d'école ou le chef d'établissement, et l'enseignant. Toutefois, en raison d'une possible dérive vers une interprétation strictement juridique, l'Assemblée nationale en a modifié l'appellation.

Votre commission estime, néanmoins, plus approprié de parler de « parcours personnalisé », cette formule ayant l'avantage de traduire la notion de progression par étapes successives.

Ainsi, ce parcours devra être clairement balisé, et faire l'objet d'un suivi régulier. Il devra fixer des objectifs lisibles aux élèves, ciblés sur leurs difficultés, mais valorisant également leurs points forts, afin qu'ils reprennent confiance en eux.

En cela, l'importance du diagnostic et du bilan personnalisé préalable est primordiale, pour adapter le soutien aux difficultés identifiées et mettre en oeuvre des pédagogies différenciées. Il est inefficace, en effet, de répéter de la même façon un même enseignement à un élève qui ne l'aurait pas compris la première fois. Le recours à des approches plus diversifiées devra être privilégié, pour prendre en compte la diversité des élèves.

C'est pourquoi ce doit être un parcours de « réussite éducative », abordant la difficulté de l'élève de façon globale, et non sous le seul angle strictement scolaire. L'influence de l'environnement social et familial sur la scolarité des enfants invite à ne pas dissocier les deux volets.

Il s'agit de reconnaître la responsabilité et le rôle des parents dans la réussite de leur enfant. Ils ne doivent pas être tenus à l'écart du suivi de sa scolarité. La confiance mutuelle et l'exigence de vérité doivent être au fondement de la relation entre l'école et les familles.

Par ailleurs, l'école et les équipes éducatives ne sauraient assurer seules l'ensemble de la dimension éducative du soutien de l'élève. Comme l'a souligné l'Assemblée nationale dans le rapport annexé, l'articulation de ce parcours avec les autres dispositifs existants -notamment les dispositifs de réussite éducative mis en place par la loi de programmation pour la cohésion sociale- sera assurée dans le cadre d'un « projet éducatif ». Il s'agit d'assurer une cohérence et une continuité entre le temps scolaire et les activités éducatives, sociales, sportives et culturelles proposées pendant le temps extra scolaire. Les collectivités territoriales devront y être associées.

* 27 « De l'égalité d'éducation », conférence prononcée à Paris par M. Jules Ferry, salle Molière, le 10 avril 1870.

    retour sommaire suite