Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord de siège entre le Gouvernement de la République française et la Communauté du Pacifique

 

C. LE RÔLE POTENTIEL DE LA CPS DANS LE CONTEXTE ACTUEL DE RENFORCEMENT DE L'INTÉGRATION RÉGIONALE DANS LA ZONE PACIFIQUE

Si du point de vue européen, la CPS ne peut donc jouer qu'un rôle marginal dans le développement intégré de la zone Pacifique, il en va différemment du point de vue des pays ACP du Pacifique.

Ceux-ci manifestent de manière croissante leurs réticences à l'égard d'un accord de partenariat économique dont les conséquences sur leur capacité de développement ont été insuffisamment étudiées.

L'Union européenne, soucieuse de respecter ses engagements internationaux, est ainsi perçue comme le vecteur d'un système de relations commerciales dont ils ne sauraient bénéficier : en effet, la fin de la non réciprocité des échanges signifierait que les pays ACP du Pacifique devraient intégralement ouvrir leurs frontières (tarifaires et non tarifaires), d'une part, entre eux et, d'autre part, avec l'Union européenne.

Dans un contexte de libéralisation générale des échanges internationaux, les pays ACP du Pacifique, qui sont fortement concurrencées par les Pays les Moins Avancés, les pays asiatiques ou les pays latino-américains, perdraient leur capacité d'exportation vers le marché communautaire, au moment même où les Etats membres de l'UE pourraient pénétrer leurs marchés sans limitation.

Cependant, les négociations, qui ont débuté en septembre 2004 et doivent aboutir au 31 décembre 2007, sont loin d'être aussi avancées que ne le prévoyait le calendrier initial.

Les pays ACP considèrent que la Commission les menace, en cas d'échec des négociations, de devoir passer directement au Système de Préférences Généralisées (dont bénéficie la plupart des pays en développement dans le monde), ce qui reviendrait à perdre définitivement les avantages comparatifs dont ils bénéficient aujourd'hui.

Dans ce contexte de tensions palpables entre l'Union européenne et les pays ACP, qui se répercutent également au niveau du Forum du pacifique sud, la CPS constitue, à l'évidence, une alternative politique visant à souligner les points d'accord entre les pays ACP plus que leurs divergences, à la différence des négociations commerciales en cours.

La CPS apporte, en effet, les garanties de sécurité et de fiabilité d'un organisme dont l'histoire atteste le caractère d'interlocuteur privilégié des différentes parties prenantes de l'Océan pacifique.

La confirmation du siège de la CPS en Nouvelle-Calédonie représente ainsi un atout à double titre, car elle témoigne de la volonté de la France et de ses pays et territoires d'outre-mer d'approfondir leurs relations avec les pays voisins et manifeste le signe que les initiatives menées dans le cadre de la CPS procèdent des principes français de la coopération et du développement durable, et ne sont pas influencées par d'autres considérations.

Dans un climat de réticences de certains pays à l'égard d'autres organisations régionales, la CPS peut donc apporter la stabilité politique nécessaire au développement d'un dialogue renforcé entre les pays du Pacifique sud.