LES
CONCLUSIONS DE LA COMMISSION DES LOIS
Après avoir entendu MM. Pascal Clément,
garde des sceaux, ministre de la justice, et Philippe Bas, ministre
délégué à la sécurité sociale, aux
personnes âgées, aux personnes handicapées et à la
famille, le mardi 6 février 2007, la commission des
lois, réunie le mercredi 7 février 2007 sous la
présidence de M. Jean-Jacques Hyest, président,
a examiné le rapport de M. Henri de Richemont sur le projet de
loi n° 172 (2006-2007), adopté par l'Assemblée
nationale après déclaration d'urgence, portant réforme de
la protection juridique des majeurs.
La commission a adopté
103 amendements ayant quatre objectifs principaux.
? Sécuriser le mandat de protection
future
A cette fin, la commission propose :
- d'interdire la conclusion de plusieurs
mandats, le mandat unique pouvant cependant être confié
à plusieurs personnes (article 5 du projet de loi - article 477 du
code civil) ;
- de clarifier le régime des actes
passés par le mandant, en prévoyant qu'ils peuvent
être rescindés pour simple lésion ou réduits en cas
d'excès mais en aucun cas annulés au motif qu'ils entreraient
dans le champ du mandat (article 5 du projet de loi - article 488 du code
civil) ;
- de supprimer l'obligation de
faire appel à deux notaires pour la conclusion d'un mandat
authentique (article 5 du projet de loi - article 489 du code
civil) ;
- de garantir la qualité
du contenu d'un mandat sous seing privé en exigeant qu'il soit
contresigné par un avocat ou établi selon un modèle
défini par décret en Conseil d'Etat (article
5 du projet de loi - article 492 du code civil).
? Eviter le rétablissement d'une curatelle
pour prodigalité
Les amendements adoptés par la commission ont pour
objet :
- de limiter, comme le prévoyait
le texte initial du projet de loi, le champ de la mesure
d'accompagnement judiciaire (MAJ), en raison de son caractère
contraignant, à la gestion des seules prestations
sociales du majeur (article 5 du projet de
loi - article 495-4 du code civil) ;
- d'étendre, en raison de son
caractère contractuel, le champ de la mesure d'accompagnement
social personnalisé (MASP) aux autres ressources du majeur,
la perception de prestations sociales demeurant une condition
d'éligibilité à cette mesure (article 8
du projet de loi).
? Mieux encadrer l'activité des
mandataires judiciaires à la protection des majeurs
La commission juge nécessaire :
- d'interdire à la personne chargée
de la protection d'un majeur non seulement de modifier un
compte ou un livret déjà ouvert au nom de
l'intéressé mais aussi d'en ouvrir un autre sans
l'accord du juge ou du conseil de famille s'il a été
constitué (article 5 du projet de loi - article 427 du code
civil) ;
- de permettre aux associations
tutélaires de continuer à bénéficier d'aides des
collectivités publiques au titre de leur fonctionnement
général (article 5 du projet de loi - article 420 du code
civil) ;
- de garantir que,
lorsqu'il exerce une fonction de mandataire judiciaire à la protection
des majeurs, le préposé d'un établissement social
ou médico-social remplit sa mission de protection en toute
indépendance par rapport à cet établissement
(article 14 du projet de loi) ;
- d'étendre l'obligation de
déclaration préalable des préposés
d'établissement à l'ensemble des établissements sociaux ou
médico-sociaux (article 14 du projet de
loi) ;
- de soumettre les personnes physiques
mandataires judiciaires à la protection des majeurs au régime
social des indépendants, qui s'avère plus adapté
à leur situation que celui des collaborateurs occasionnels du service
public dont ils dépendent actuellement (article additionnel
après l'article 15 et article 25 du projet de loi).
? Faciliter la gestion du patrimoine du majeur
protégé
Les modifications proposées ont pour objet :
- de faciliter le recours et la
gestion des contrats d'assurance sur la vie
(article 21) ;
- de permettre, quand l'importance du
patrimoine du majeur protégé le justifie, de
placer ses biens, sous l'autorisation du juge des tutelles, dans
une fiducie-gestion (article 6 du projet de
loi).
Par ailleurs, la commission a adopté un amendement
tendant à réintroduire une possibilité de
récupération sur la succession du majeur protégé ou
sur les donations et les legs qu'il a effectués des sommes prises en
charge par la collectivité publique (article 14 du
projet de loi).
Sous le bénéfice de ces amendements, la
commission propose d'adopter le projet de loi portant réforme de la
protection juridique des majeurs.
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