Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision

 

C. UNE TÉLÉVISION PUBLIQUE LIBÉRÉE DE LA « TYRANNIE DE L'AUDIMAT » : DE L'INCANTATION AUX ACTES

1. Une réponse consensuelle à la « crise d'identité » de l'audiovisuel public ?

Si, comme cela a été souligné, la suppression totale de la publicité des chaînes publiques a bien souvent été prônée, pour libérer le service public des contraintes commerciales et de la « tyrannie de l'audimat », ce projet a toujours achoppé, jusqu'à présent, sur la question du financement. Il s'agit pourtant d'un levier essentiel d'une réforme de fond de l'audiovisuel public, en vue de clarifier ses missions, de renouer avec sa vocation de service public et de renforcer sa qualité, son identité et sa différentiation.

Telle est l'ambition que porte le projet de loi, en écho au souhait, exprimé par le Président de la République le 8 janvier 2008, d'accomplir « une véritable révolution culturelle dans le service public de la télévision », en réfléchissant à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques.

Il est intéressant de relever, à cet égard, qu'un grand nombre de candidats aux élections présidentielles de 2007 - et notamment les candidats de gauche et d'extrême gauche - avaient inscrits dans leur programme l'idée d'une suppression de la publicité des chaînes publiques, afin que celles-ci ne soient pas une « pâle imitation » des chaînes privées. En outre, l'idée d'une taxation des recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l'audiovisuel public avait été avancée par la candidate du parti socialiste, en vue de renforcer les chaînes publiques et de favoriser une télévision de qualité.

Le débat n'est donc pas nouveau : il est par ailleurs quasiment consensuel dans son principe général et sa finalité.

En effet, comme le souligne l'exposé des motifs du projet de loi, la suppression de la publicité et la compensation des ressources commerciales - par nature aléatoires - par un financement public garanti n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour permettre à la télévision publique d'« assumer son identité, sa différence ».

Comme le soulignait M. Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, lors de la table ronde organisée par votre commission en février 2008 : « la publicité est une contrainte et non un avantage » ; « ne pas avoir cette contrainte constitue une chance extraordinaire pour le service public »15(*). Rendu moins dépendant de recettes par nature aléatoires, a fortiori dans le contexte morose du marché publicitaire actuel, l'audiovisuel public est invité à renouer avec sa vocation, au service de l'intérêt général.

* 15 Voir rapport précité.