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Projet de loi relatif à l'organe central des caisses d'épargne et des banques populaires

 

B. UN MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT BOULEVERSÉ PAR LA CRISE FINANCIÈRE

1. Une crise mondiale qui n'a pas épargné les banques françaises

La crise financière qui est née aux Etats-Unis au cours de l'été 2007 n'a pas épargné les banques françaises et a révélé les failles d'une diversification mal maîtrisée, voire hasardeuse, des groupes Caisse d'épargne et Banque populaire dans les activités de marché et la banque de financement et d'investissement.

La « contamination » des provisions pour dépréciations d'actifs et des pertes, amplifiée par la procyclicité des normes comptables en valeur de marché, a été progressive mais inexorable au sein des pays industrialisés : augmentation du taux de défaut sur le marché immobilier américain au printemps 2007, défaillances des sociétés de crédit hypothécaire et banques d'investissement américaines (Bear Sterns, Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, Lehman Brothers...), contagion aux banques de détail anglo-saxonnes (HBOS, Wachovia, Northern Rock, Bradford & Bingley, Washington Mutual...) puis allemandes et du Bénélux (Fortis, Dexia, Hypo Real Estate, ING...), et enfin difficultés - certes de moindre ampleur - pour les banques françaises, espagnoles et italiennes.

Le montant cumulé des dépréciations enregistrées par les banques dans le monde en janvier 2009 a été estimé à 792 milliards de dollars par le FMI8(*), et celui des pertes latentes à terme à un maximum de 4.000 milliards de dollars9(*). La valorisation boursière du secteur bancaire a en tout état de cause subi une contraction brutale (cf. encadré infra) avant que les cours ne connaissent une relative embellie en avril et mai 2009, et la crise a infiltré l'ensemble de l'économie réelle, se traduisant par des déficits publics massifs, une chute des investissements et des carnets de commandes des entreprises, et une brusque hausse du chômage.

Evolution de la capitalisation boursière des principales banques de mi-2007 à fin mars 2009

(en milliards d'euros)

 

Au 29 juin 2007

Au 24 mars 2009

Evolution

Citigroup

188

12

-93,6 %

Bank of America

161

34

-78,9 %

HSBC

159

73

-54,1 %

JP Morgan Chase

123

73

-40,6 %

Morgan Stanley

65

20

-69,2 %

UBS

94

25

-73,4 %

Crédit Suisse

64

27

-57,8 %

Royal Bank of Scotland

89

16

-82 %

Barclays

68

11

-83,8 %

Santander

86

45

-47,7 %

Unicredit Group

69

20

-71 %

Deutsche Bank

56

20

-64,3 %

Crédit Agricole

50

21

-58 %

BNP Paribas

82

30

-63,4 %

Société Générale

63

18

-71,4 %

Source : Datastream

* 8 Pour y faire face, les banques ont collecté 826 milliards de dollars de capitaux, dont 380 milliards de dollars d'origine publique.

* 9 Les « tests de résistance » financière (« stress tests ») réalisés par la Réserve fédérale américaine en mai 2009 sur 19 établissements financiers ont conclu à des besoins en capital n'excédant pas 74,6 milliards de dollars pour dix banques, dont 33,9 milliards de dollars pour la seule banque Bank of America. Les « négociations » qui ont parfois précédé ces résultats tendent cependant à en relativiser la portée.