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Projet de loi de finances pour 2010 : Le budget de 2010 et son contexte économique et financier : le budget de 2010, entre crise et reprise

 

b) Une part de la dette publique dans le PIB qui ne serait pas significativement accrue

Même dans le scénario sans augmentation de la croissance potentielle, l'impact sur la dette est négligeable à long terme.

En effet, selon ce scénario, en 2010, le ratio dette/PIB est accru de 1,2 point, mais en fin de période, la part de la dette dans le PIB est accrue de seulement 0,1 point : à partir de 2016 la dette, avant même les remboursements des prêts accordés par l'Etat, n'est augmentée que d'environ 10 milliards d'euros (et non 30). Ce résultat paradoxal vient du fait que même si le PIB retrouve rapidement le niveau qu'il aurait eu en l'absence du grand emprunt, le supplément de PIB observé en début de période (de près de 2 points en cumulé) réduit les déficits cumulés, et donc la dette, d'environ 20 milliards d'euros.

A cela s'ajoute le fait que l'on suppose qu'un tiers du grand emprunt, soit 10 milliards d'euros, financent des prêts qui sont ensuite remboursés à l'Etat, ce qui annule quasiment l'augmentation de la dette en fin de période.

Dans le scénario optimiste, avec augmentation de la croissance potentielle, la part de la dette publique dans le PIB serait réduite de plus de 15 points en 2020.

c) L'idée d'un « très grand emprunt » de 100 milliards d'euros semble devoir être écartée

La faible augmentation du taux d'endettement dans le scénario sans augmentation de la croissance potentielle ne doit pas cependant conduire à considérer qu'il serait envisageable de faire un « très grand emprunt », de par exemple 100 milliards d'euros.

En effet, dans ce scénario quand la stimulation budgétaire s'arrête, la croissance est autant réduite qu'elle a auparavant été accrue. Ainsi, si un « très grand emprunt » de 100 milliards d'euros, soit 5 points de PIB, correspondant à des dépenses concentrées sur les années 2010 et 2011, pourrait en principe fortement soutenir la croissance en 2010 et en 2011, aucun gouvernement n'accepterait l'impact fortement négatif sur la croissance qui s'ensuivrait.

Il est certain que le supplément de dépenses constitué par le grand emprunt deviendrait alors en grande partie pérenne, aggravant d'autant le déficit structurel.

Certes, il en irait différemment si l'on était sûr que le grand emprunt augmente significativement la croissance potentielle. Cependant, même avec un montant de 100 milliards d'euros, cela resterait très aléatoire.