Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi de finances pour 2010 : Défense

 

B. LES RAPPORTEURS SPÉCIAUX SUGGÈRENT DE FIXER LORS DE LA RÉVISION DE LA LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE UN OBJECTIF DE PROJECTION DE L'ARMÉE DE TERRE PLUS ÉLEVÉ À L'HORIZON 2020

Comme ils l'ont expliqué en détails dans leur avis sur le projet de loi de programmation militaire 2009-2014, les rapporteurs spéciaux estiment cependant que l'objectif de capacité de projection 1 an sans relève de l'armée de terre, fixé par la loi de programmation militaire 2009-2014 à 30.000 combattants, dans un délai (assez long32(*)) de 6 mois (contre 50.000 combattants 1 an sans relève, sans indication de délai, pour la programmation 2003-2008), doit être considéré comme un creux temporaire.

En effet, même en prenant en compte les autres missions fixées à l'armée de terre, le « réservoir » d'effectifs potentiellement projetables (90.000 combattants) paraît permettre de projeter de l'ordre de 40.000 combattants 1 an sans relève.

Ainsi, l'effet opérationnel continuant de dépendre avant tout des effectifs, on pourrait envisager - par exemple lors de la révision du Livre blanc et de la loi de programmation militaire en 2012 - de se fixer un objectif de projection de 40.000 combattants 1 an sans relève dans un délai de 4 mois à l'horizon « lointain » de la loi de programmation militaire 2009-2014, soit après 2020. 

Un tel objectif à long terme présenterait en outre l'intérêt de clairement indiquer que l'objectif de 30.000 combattants en 6 mois n'a pas vocation à faire l'objet, dans quelques années, d'un nouvel ajustement à la baisse, mais constitue bien un minimum.

Il se justifierait par le fait que la France devrait alors normalement disposer de capacités de transport (en particulier d'une cinquantaine d'A400M) lui permettant de transporter plus de 40.000 combattants à 8.000 km en 4 mois.

Ce constat amène les rapporteurs pour avis à souligner une fois de plus la nécessité de mener à bien le programme A400M, malgré les difficultés actuelles.

* 32 Lors de la crise de Suez en 1956, le délai de réaction de 3 mois a été jugé trop long par les militaires (Amiral Pierre Barjot, article publié dans la Revue maritime, janvier 1959).