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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord de coopération en matière de sécurité intérieure entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l'Etat des Emirats arabes unis

4 juillet 2012 : Accord France - Émirats arabes unis : sécurité intérieure ( rapport - première lecture )

B. UNE SÉCURITÉ INTÉRIEURE DONT LA QUALITÉ REPOSE SUR LE RENSEIGNEMENT

Situés au coeur d'une zone sensible, les Emirats arabes unis n'ont jamais subi d'attaque terroriste. Cela s'explique par d'excellents services de renseignement, qui recourent abondamment à la technologie (utilisation massive de la vidéosurveillance, censure d'internet, surveillance des liaisons téléphoniques, équipements de pointe dans les aéroports...) mais aussi aux sources humaines. Dans un pays qui compte environ 85 % d'expatriés, les services de renseignement disposent d'un réseau très efficace d'informateurs réguliers ou occasionnels. La combinaison de moyens technologiques modernes et de sources humaines nombreuses a permis, jusqu'à maintenant, d'éviter toute attaque terroriste sur le sol émirien.

A ces dispositions sécuritaires s'ajoute une vision modérée de l'Islam. Les prêches sont très encadrés par les autorités locales et les E.A.U exercent un contrôle très étroit du culte musulman sur leur territoire.

En l'absence de publication de statistiques sur la délinquance générale, il est difficile de se faire une idée précise des problèmes auxquels la police doit faire face, mais on peut estimer que ce pays est l'un des plus sûrs au monde. Sa majorité de résidents expatriés constitue à la fois une vulnérabilité et une force. Les quelque deux millions d'Indiens, huit cent mille Pakistanais et cinq cent mille Iraniens sont sous surveillance étroite des autorités. La loi pénale est appliquée strictement et est systématiquement assortie, pour les expatriés, d'une expulsion parfois doublée d'une interdiction de retour. Dans un pays où les expatriés trouvent par définition une situation meilleure que celle qu'ils connaissaient dans leur pays d'origine, la menace de cette double sanction est très dissuasive. La délinquance de voie publique est quasi invisible.

En matière de trafic de stupéfiants, les Emirats arabes unis appliquent une politique de tolérance zéro. Une peine automatique de quatre ans d'emprisonnement est prononcée contre un simple usager. Les trafiquants encourent la peine de mort. La direction anti-narcotiques de Dubaï communique régulièrement des informations à l'attaché de sécurité intérieure de manière informelle. Ces informations sont d'une grande fiabilité et ont abouti à plusieurs saisies de stupéfiants transitant par Dubaï.

La menace la plus importante aux Emirats arabes unis réside dans l'insécurité routière, en dépit d'infrastructures en excellent état. Depuis le début 2011, la police d'Abou Dhabi a engagé une nouvelle politique volontariste de contrôles routiers sur les routes, ce qui ne s'était jamais vu auparavant : les vitesses maximales ont été abaissées de 160 km/h à 140 km/h, ce qui a eu un impact rapide sur le comportement des conducteurs.