LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION DES LOIS
La commission des lois, réunie le mercredi 10 octobre
2012, sous la présidence de M. Jean-Pierre Sueur, président, a
examiné le rapport de Mme Jacqueline Gourault et établi son
texte sur la proposition de loi n° 779 (2010-2011)
présentée par M. Éric Doligé et tendant à
simplifier les normes applicables aux collectivités locales.
La commission des lois a délégué aux
commissions de la culture et du développement durable, saisies pour
avis, l'examen respectivement de l'article 27 et des articles 28 à
31.
Approuvant la démarche de simplification des normes
portée par la proposition de loi, qui lui apparaît comme une
impérieuse nécessité, la commission en a cependant
modifié certains dispositifs afin d'en conforter la
sécurité juridique. Aussi, la commission a notamment :
- supprimé le principe général de
proportionnalité des normes et de leur adaptation à la situation
des collectivités territoriales au motif qu'il revient au pouvoir
prescripteur de prévoir, le cas échéant, une modulation
des règles qu'il fixe dans le respect du principe
d'égalité (article 1er) et sur
amendement des rapporteurs ;
- renforcé les pouvoirs de la commission
consultative d'évaluation des normes, en prévoyant, d'une part,
une motivation, par les administrations d'État, de leurs
décisions lorsque celles-ci s'écarteront de l'avis de la
commission, et, d'autre part, un rapport au Parlement et au Gouvernement,
permettant de recenser, dans un domaine particulier, les évolutions
législatives et règlementaires et de proposer les
allègements qui s'imposent (article 2) ;
- conféré une existence législative
à la commission d'examen des règlements fédéraux
relatifs aux équipements sportifs (CERFRES), tout en renforçant,
en son sein, la présence des représentants des
collectivités territoriales et en lui laissant un délai de quatre
mois pour l'examen des règlements (article 2 bis
nouveau) ;
- supprimé les commissions consultatives
départementales d'application des normes (article 3) et
la commission consultative des études locales (article
4), les missions confiées à ces nouvelles instances
pouvant être exercées par des commissions déjà
existantes ;
- maintenu le principe de l'exclusivité du support
papier pour le recueil des actes administratifs en permettant toutefois un
allègement par la publication de certains actes par voie
électronique (article 5) ;
- prévu, pour toute commune optant pour la
dématérialisation de la publicité de ses actes,
l'obligation d'affichage par extraits à la porte de la mairie
(article 6) ;
- clarifié et précisé les
dispositions relatives à la création et à la dissolution
des centres communaux et intercommunaux d'action sociale, en prévoyant
un seuil de 1 500 habitants en-deçà duquel la
création serait facultative et obligatoire au-delà
(article 18) ;
- supprimé les dispositions relatives aux secteurs
de projets (article 20), aux lotissements
(articles 23 et 24) et aux règles de création de
stationnement (article 26), les règles proposées
soulevant des difficultés d'ordre pratique ou constitutionnel ;
- supprimé, à l'initiative de la commission de
la culture, les dispositions relatives à l'encadrement de la signature
de la convention d'archéologie préventive (article
27) ;
- rendu facultative la transmission des données du
rapport annuel sur le prix et la qualité du service à l'ONEMA
pour les communes et EPCI de moins de 3 500
habitants (article 28) ;
- supprimé la possibilité de faire du service de
gestion des eaux pluviales, actuellement service public administratif, un
service public industriel et commercial, en raison notamment de l'absence
d'encadrement du pouvoir d'accès aux propriétés
privées conféré aux agents du service des eaux pluviales
(article 29) ;
- clarifié et précisé les dispositions
unifiant les actuels outils de planification des déchets
(article 30) ;
- reporté au 31 décembre 2013 la faculté
laissée aux communes de plus de 50 000 habitants d'adopter leur
plan climat énergie territorial
(article 31) ;
- supprimé la faculté, pour les petites et
moyennes communes, d'organiser leurs concours de recrutement dans les
filières sociale, médico-sociale et médico-technique,
compte tenu de ses conséquences pratiques (article
32) ;
- supprimé la fusion des structures actuellement
compétentes en matière de prise en charge des infections
sexuellement transmissibles, pour permettre qu'une réflexion autonome
sur le sujet soit menée, associant les acteurs du secteur de la
santé et la commission des affaires sociales
(article 33).
La commission a adopté la proposition de loi
ainsi rédigée.
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