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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République des Philippines sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements (ensemble un protocole)

 

B. UNE DIPLOMATIE TOURNÉE DAVANTAGE VERS L'ASIE DU SUD-EST ET VERS L EUROPE

Sans remettre en cause les liens privilégiés avec les États-Unis, la rétrocession des bases de Clark et de Subie Bay aux autorités philippines en .1992 a conduit Manille à s'interroger sur la pérennité du soutien américain et inspiré une double ouverture des Philippines vers l'Asie et l'Europe.

1. Une volonté mieux affirmée d'intégration avec les pays du Sud-est asiatique

Cette priorité répond à un double objectif d'ordre économique et sécuritaire.

Il s'agit en premier lieu pour Manille de mieux tirer parti d'une croissance dont elle n'a pas su, jusqu'à présent, pleinement bénéficier (le revenu par habitant s'élève à 840 dollars aux Philippines contre 18 500 dollars à Singapour ...). Ainsi, membre fondateur de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ANSEA ou ASEAN en anglais), créée en 1967, les Philippines soutiennent les initiatives renforçant la coopération entre les pays membres, telle la création d'une aire de libre échange (AFTA) ou encore l'instauration, en 1984, d'une zone de croissance (" East Asean Growth Area ") entre le Brunei, l'Indonésie, la Malaisie et les Philippines.

En second lieu, le renforcement de la solidarité entre partenaires du sud-est asiatique présente pour Manille le mérite de mieux répondre aux menaces que les ambitions chinoises dans la région font peser sur la sécurité. Le contentieux porte principalement sur les îles Spratleys. Cet ensemble (33 îles et 400 atolls dispersés sur 160 000 km2) ne couvre guère que 10 km de terres émergées. Mais sa position stratégique au coeur des grandes routes maritimes du Pacifique et ses richesses énergétiques (gaz et pétrole) potentielles aiguisent les convoitises des principaux États de la région. Deux d'entre-eux seulement, la Chine et le Vietnam, revendiquent une souveraineté sur la totalité de ce territoire, les Philippines bornent leurs prétentions aux marges septentrionales des Spratleys. Or, le traité de sécurité avec les États-Unis (1951) exclut les Spratleys de son champ d'application. Dès lors, les Philippines entendent s'appuyer sur l'ASEAN pour compléter leur système de sécurité. La déclaration commune de Manille (1992) préconise ainsi Ie règlement pacifique des différends dans un cadre multilatéral.

Afin d'assurer la cohésion et la force de l'ASEAN, organisation essentielle pour leur économie mais aussi leur sécurité, les Philippines se sont efforcées de se rapprocher de leurs partenaires, malgré les contentieux qui pouvaient les opposer : normalisation des relations avec la Malaisie, pourtant soupçonnée, un temps, d'apporter un soutien à la rébellion musulmane, essor des liens économiques avec Singapour (malgré l'" affaire Contemplación ", ressortissante philippine accusée d'un double meurtre par la justice Singapourienne et exécutée), première visite, en 1992, d'un président philippin en Thaïlande depuis 1967 ...

Au delà de l'ASEAN, les Philippines entretiennent des liens étroits avec le Japon, premier donateur et premier fournisseur, dont l'influence Politique apparaît susceptible d'équilibrer la puissance chinoise.

2. L'ouverture vers l'Europe

Les deux tournées européennes (en 1994 et 1995) du président Ramos témoignent du nouvel intérêt que les Philippines manifestent pour l'Europe. L'Union européenne figure, du reste, au deuxième rang des donneurs d'aide et au troisième rang des investisseurs étrangers aux Philippines.

La visite officielle en France du président Ramos en septembre 1994 a permis par ailleurs de relancer le dialogue bilatéral. Le principe de consultations politiques régulières décidées à cette occasion s'est concrétisé en juillet par la visite du vice-ministre des affaires étrangères. M. Séverine à Paris en juillet dernier, et de Mme Margie Sudre, secrétaire d'état chargé de la francophonie, à Manille. En dehors de l'économie, sur laquelle votre rapporteur reviendra, la coopération porte principalement sur deux domaines : enseignement du français dispensé dans 22 établissements et 2 Alliances françaises -à Manille et Cebu- (la suppression de l'apprentissage obligatoire de l'espagnol dans l'enseignement supérieur a profité au français : le nombre "étudiants est passé de 3 500 en 1988 à 4 500 aujourd'hui) ; les sciences notamment la surveillance des volcans dans le cadre d'un programme de Prévention des risques majeurs).

L'ensemble des crédits consacrés par la Direction générale des relations culturelles scientifiques et techniques s'élève à 6,9 millions de francs.

Par ailleurs, la France accorde une aide humanitaire, principalement tournée vers les enfants en détresse.