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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Pérou sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements

 

B. UNE SITUATION ÉCONOMIQUE EXCEPTIONNELLE - DES INCIDENCES SOCIALES PRÉOCCUPANTES

1. Une économie essentiellement primaire

L'économie péruvienne bénéficie des grandes richesses minières du pays. Ce secteur, qui occupe 8 % de la population active, contribue à 15 % du PNB. En premier rang en valeur, viennent le pétrole, l'argent (2e producteur mondial), l'or, le cuivre, le zinc, le gaz naturel, le fer et le plomb.

Le maïs et le riz sont les productions dominantes d'une agriculture longtemps sous-productive, après une réforme agraire qui en avait bureaucratisé la gestion . Le Pérou est le 4e producteur dans le domaine de la pêche, qui alimente une importante industrie de farine de poisson. Enfin, le Pérou détient le triste record d'être le premier producteur mondial de coca. La lutte contre la drogue est l'une des priorités du gouvernement et fait l'objet d'une coopération avec les Etats-Unis et l'Union européenne qui, dans le cadre du « SPG-drogue » conclu en 1990 et renouvelé en 1995, accorde au Pérou des facilités commerciales pour aider le pays à lutter contre l'économie de la drogue.

2. Une politique économique radicale

La politique économique lancée en 1990, particulièrement rigoureuse, -baptisée « Fujichoc » par les Péruviens- a donné des résultats spectaculaires. Le programme proposait tout d'abord de ramener les prix et les taux de change à leur valeur réelle tout en augmentant la pression fiscale pour réduire le déficit public : de 7 500 % en 1990, l'inflation est passée à 139 % en 1991, elle devait atteindre 8-10 % en 1995. Parallèlement, avec une croissance annuelle de 13 % en 1994 et encore 9 % en 1995, l'économie péruvienne est l'une des plus dynamiques de l'Amérique Latine.

Le deuxième objectif du plan fut la renégociation de la dette péruvienne qui, bien qu'encore élevée -23 milliards de dollars- a été renégociée en 1993 dans des conditions avantageuses dans le cadre d'accords passés avec le FMI et le Club de Paris.

3. Le nécessaire accompagnement social

Le troisième objectif était dès 1990 la mise en oeuvre d'un programme social d'urgence afin d'atténuer les conséquences intérieures de cette thérapie de choc : baisse des salaires de 35 %, pour une population dont la moitié vit en-dessous du seuil de pauvreté.

Cette lutte contre le « déficit social » est d'ailleurs le mot d'ordre du second quinquennat qui ambitionne de réduire de moitié le niveau de pauvreté. Le vaste programme de privatisation -81 réalisées à ce jour- a généré des ressources -3,2 milliards de dollars, qui devraient être affectées au secteur social : éducation, santé, développement des infrastructures et création d'emplois.

Cette situation apparemment très positive de l'économie péruvienne a toutefois affecté l'équilibre des comptes externes -le déficit commercial a triplé au premier semestre 1995 et celui de la balance des paiements atteint 1,8 milliard de dollars pour les 6 premiers mois de 1995 quand il s'établissait à 2,1 milliards de dollars pour l'ensemble de l'année 1994. Les autorités péruviennes s'efforcent donc de prendre des mesures de modération de la croissance.

L'une des caractéristiques majeures de l'économie péruvienne est le rôle essentiel qu'y tiennent les investissements, notamment étrangers. Ceux-ci, favorisés par les nouveaux textes constitutionnels et législatifs, sont le véritable moteur de la croissance économique : pour les 9 premiers mois de 1995, ils ont été estimés à 294 millions de dollars compte non tenu des investissements en Bourse qui atteignent notamment 2,1 milliards de dollars pour l'Espagne et 801 millions de dollars pour les Etats-Unis.