C. LE RECOURS AUX MAÎTRES AUXILIAIRES

1. La situation des maîtres auxiliaires

Depuis plusieurs années, des dispositions ont été prises pour faciliter l'accès des maîtres auxiliaires aux corps enseignants par la voie des concours.

Depuis 1989, les conditions d'accès aux concours internes ont été modifiées, notamment par la suppression des limites d'âge et la réduction de trois à cinq ans de l'ancienneté requise.

Les mesures qui avaient été retenues en 1993-1994 pour faciliter la préparation des concours par les maîtres auxiliaires ont été reconduites à la présente rentrée : allocations d'IUFM et congés de formation.

Par ailleurs, des concours spécifiques ont été créés pour quatre sessions à compter de 1995, en plus des concours externes et internes déjà existants. Ces concours sont spécialement conçus pour les maîtres auxiliaires, en raison tant des conditions d'inscription que de la nature des épreuves (les concours spécifiques comportent uniquement des épreuves orales).

A la session 1997 ont été mis en place des concours réservés à certains agents non titulaires. Ces derniers concours, institués dans le cadre de la loi du 16 décembre 1996 relative à l'emploi dans la fonction publique favorisent l'accès des maîtres auxiliaires dans différents corps du second degré. Pour tenir compte du profil des enseignants non titulaires, il a été décidé que les épreuves de ces concours s'appuieraient essentiellement sur l'expérience professionnelle des candidats.

Pour la session 1997, 2.700 postes ont été offerts aux concours réservés en plus des 2.390 postes ouverts aux concours spécifiques. Cette politique de résorption de l'auxiliariat a porté ses fruits puisque 6.314 maîtres auxiliaires ont été lauréats de l'ensemble des concours de recrutement de personnels du second degré en 1997, dont 2.149 aux concours réservés. Cet effectif est nettement supérieur à celui des sessions précédentes : 3.672 en 1993, 3.945 en 1994, 4.388 en 1995 et 4.286 en 1996. En conséquence, en 1997, plus d'un lauréat sur quatre était auparavant maître auxiliaire contre un sur cinq lors des sessions précédentes.

Pour la session 1998, les maîtres auxiliaires auront la possibilité de s'inscrire, en vue de leur accès à un corps de personnel du second degré, à la fois à l'un des trois concours externe, interne ou spécifique, et au concours réservé.

2. Le réemploi des maîtres auxiliaires

Le dispositif mis en place à la rentrée scolaire 1997 prévoit le réemploi pour la durée de l'année scolaire de tous les maîtres auxiliaires qui ont été employés au cours des deux années scolaires précédentes, sous réserve qu'ils aient donné satisfaction sur le plan pédagogique et qu'ils en aient fait la demande avant le 1er octobre.

Cette mesure a concerné 28.000 maîtres auxiliaires et a été financée par la transformation de 90.000 heures supplémentaires. Les crédits inscrits dans le projet de budget devraient permettre de continuer à assurer l'emploi de ces personnels à la rentrée 1998.

D'après une enquête menée par le syndicat national des personnels de direction, environ un millier de postes d'enseignants n'aurait pas été pourvu depuis la dernière rentrée scolaire, notamment dans les disciplines spécialisées des lycées professionnels mais aussi dans des matières générales comme l'espagnol et les SVT.

Ce dysfonctionnement résulte du réemploi des maîtres auxiliaires en poste entre 1995 et 1997 qui exclut désormais tout recours à des nouveaux maîtres auxiliaires et donc l'utilisation par les rectorats de ces " variables d'ajustement ".

L'éducation nationale dispose ainsi de maîtres auxiliaires en surnombre dans certaines disciplines et, dans le même temps, des cours ne sont pas assurés faute de personnels qualifiés dans des disciplines déficitaires qui n'ont bénéficié dans le passé de recrutements suffisants. Les chefs d'établissement sont donc contraints de faire appel à des vacataires, à des contractuels, voire à des candidats admissibles aux concours : le réemploi des maîtres auxiliaires se traduit ainsi par un développement d'un auxiliariat encore plus précaire.

Votre commission ne peut que souligner la nécessité pour l'éducation nationale de gérer de manière plus satisfaisante les flux d'enseignants et de mieux définir à long terme le nombre de postes mis au concours dans les différentes disciplines.

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