B. L'EFFORT DE RÉHABILITATION DU PARC LOCATIF SOCIAL EST ENCOURAGÉ

1. La réhabilitation du parc locatif social

La réhabilitation du parc locatif social repose, dans le budget pour 1998, principalement sur deux mesures : la poursuite du programme PALULOS et l'abaissement à 5,5 % du taux de la TVA applicable aux travaux réalisés dans les logements sociaux.

a) La poursuite du programme de réhabilitation du parc social

La convention signée le 17 janvier 1995 entre le Gouvernement et l'Union nationale des fédérations d'organismes d'HLM (UNFOHLM) a retenu un programme de réhabilitation du parc locatif social de 600.000 logements en cinq ans. Ce programme prévoit de financer en priorité les opérations inscrites dans le cadre du traitement des quartiers les plus prioritaires de la politique de la ville inclus dans les contrats de plan.

En 1995, 1996 et 1997, ont été programmées les trois premières tranches annuelles de ce programme avec le financement de la réhabilitation de 120.000 logements chaque année.

En réalité, déduction faite des petits travaux, le rythme de réalisation constaté sur 1995 et 1996 a été sensiblement inférieur à l'objectif fixé en raison de l'insuffisance des dotations budgétaires allouées à cette action.

Cette différence entre les objectifs poursuivis et les résultats obtenus s'explique assez largement par le poids des contraintes budgétaires dans un contexte marqué après 1992 par un environnement récessif. La conjoncture s'étant nettement améliorée au second semestre 1997, la loi de finances pour 1998 devrait permettre une meilleure réalisation des objectifs.

Prenant acte de ce changement des données économiques, le décret d'avance du 9 juillet 1997 devait par ailleurs permettre, dès 1997, d'atteindre le rythme de 120.000 logements. Pour 1998, le projet de loi de finances prévoit le financement de 120.000 PALULOS.

L'effet des PALULOS sur l'effort de réhabilitation sera relayé par la seconde mesure décidée par le Gouvernement ( voir ci-dessous ) qui prévoit qu'à compter du 14 janvier 1998, le taux réduit de TVA (5,5 %) qui est applicable depuis 1997 aux opérations de construction des logements locatifs sociaux, sera étendu aux travaux de réhabilitation, de transformation et de rénovation des logements locatifs sociaux.

Pour les opérations dont le prix de revient n'excède pas le plafond actuel subventionné de 85.000 F, la baisse du taux de TVA couplée avec le maintien d'une subvention de 10 % diminue d'environ 1 % du prix de revient le coût d'investissement pour le maître d'ouvrage par rapport au dispositif jusque-là en vigueur.

Le tableau, ci-après, donne le montant des subventions PALULOS attribuées de 1993 à 1997 (31 août) et le nombre de logements concernés.

Consommation locale des crédits en millions de francs

Nombre de logements concernés

Ensemble

dont petits travaux (1)

Ensemble

dont petits travaux (1)

1993

2.704,8

59,8

213.223

45.832

1994

2.069,2

78,3

172.696

36.282

1995

1.423,3

55,6

123.686

29.600

1996

1.493,5

40,2

136.161

27.888

1997
(au 31 août)


633,6


nd


44.900 (2)


nd

(1) Montants de travaux inférieurs à 15.000 F par logement

(2) Estimation en équivalent logements

b) La baisse du taux de TVA pour les travaux effectués dans les logements sociaux

Par ailleurs, le Gouvernement a étendu l'application du taux réduit de TVA décidée en 1997 pour la construction de logements locatifs sociaux aux travaux d'amélioration et de réhabilitation des logements sociaux. Le coût de cette mesure est estimé à 2,2 milliards de francs en 1998 et à 2,7 milliards de francs en année pleine. Sont concernés par cette mesure les travaux jusque-là bénéficiaires de subventions PALULOS, les opérations de production de logements locatifs sociaux dans l'ancien et les travaux de rénovation financés sur fonds propres par les organismes HLM.

L'application au logement social du taux réduit de TVA de 5,5 % au lieu du taux normal à 20,6 % est rendue possible par les directives européennes relatives à la TVA qui considèrent le logement social comme un bien de " première nécessité ".

Cette extension du taux réduit de TVA devrait équivaloir à une baisse d'environ 12 % du montant des travaux.

Il est regrettable toutefois que le dispositif ne s'applique pas à certains immeubles privés occupés par des personnes modestes qui auraient également besoin d'un soutien à la réhabilitation. Ceci met en évidence une différence de traitement grandissante entre le logement social et le logement intermédiaire qui devient problématique.

En outre, il y a un certain paradoxe à mettre en oeuvre une subvention fiscale dans un contexte marqué par la reprise de l'activité. Il est à craindre en effet que cette disposition se traduise autant par un effet volume -l'augmentation du nombre de réhabilitations- que par un effet prix -les prestataires profitant de la baisse du coût relatif des travaux pour augmenter leurs marges-. En fait, cette disposition apparaît comme décalée par rapport au cycle conjoncturel, elle aurait du être mise en oeuvre dans une période de récession pour satisfaire pleinement l'intérêt général.

2. L'effort pour la réhabilitation du parc privé est maintenu

La réhabilitation du parc privé ancien est assurée par deux dispositifs : la prime à l'amélioration de l'habitat (PAH) et les subventions de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH). Par ailleurs, des incitations fiscales sont prévues sans condition de ressources.

a) La prime à l'amélioration de l'habitat

La prime à l'amélioration de l'habitat est une subvention réservée aux propriétaires occupants dont les ressources ne dépassent pas 70 % des plafonds de ressources des anciens prêts aidés à l'accession à la propriété (PAP). Le taux de base de la subvention est de 20 % (25 % dans les opérations programmées d'amélioration de l'habitat). Le taux est majoré à 35 % lorsque les ressources sont inférieures à 50 % des plafonds PAP, le tout dans la limite d'une dépense subventionnable de 70.000 francs par logement (arrêté du 20 novembre 1979 modifié). Lorsque les travaux ont pour objet l'adaptation des logements aux handicapés physiques, la subvention peut atteindre 50 % du coût des travaux dans la limite d'une dépense subventionnable de 40.000 francs.

Le comité interministériel pour la ville (CIV) du 9 juillet 1993 a décidé de porter le montant des travaux subventionnables à 85.000 francs par logement dans les OPAH visant à la requalification des copropriétés dégradées qui connaissent de graves difficultés. Dans ce cas, le taux de subvention est égal à 25 % du coût des travaux pour les personnes dont les ressources sont au plus égales à 100 % du plafond des PAP, et à 35 % du coût des travaux pour les personnes dont les ressources sont au plus égales à 60 % de ce même plafond.

Le comité interministériel pour l'aménagement du territoire (CIAT) du 12 juillet 1993 a décidé de porter le montant des travaux éligibles à 85.000 francs par logement dans les zones rurales d'intervention prioritaire.

Enfin, le pacte de relance pour la ville de janvier 1996 comprend une mesure qui porte majoration du taux de la PAH dans le cadre de la réhabilitation prioritaire des copropriétés dégradées de 5 % (arrêté du 20 janvier 1997).

Les travaux susceptibles d'être financés à l'aide d'une PAH, qui sont définis par l'arrêté du 16 février 1990, sont les suivants :

- les travaux destinés à l'amélioration de la sécurité, de la salubrité et de l'équipement du logement ;

- les travaux destinés à économiser l'énergie dans les logements ;

- les travaux d'accessibilité des logements aux handicapés physiques et les travaux d'adaptation des logements aux besoins des travailleurs de nuit.

En 1996, les subventions engagées au titre de la PAH ont été de 764,3 millions de francs permettant l'amélioration de 72.756 logements.

La PAH bénéficie essentiellement à des personnes âgées dont les ressources sont inférieures à 50 % du plafond de ressources réglementaire et qui engagent des travaux de première nécessité exécutés par des artisans locaux (réfection des toitures, installation du chauffage et installation d'une salle de bain), notamment en milieu rural.

La dotation budgétaire initiale de la PAH pour 1997 est de 600 millions de francs.

Les priorités nationales suivantes ont été confirmées : la résorption de l'insalubrité, la lutte contre la vacance, le soutien aux zones de revitalisation rurale, la requalification des copropriétés en difficulté.

Le Gouvernement a décidé de mettre en place au deuxième semestre 1997, des crédits pour réhabiliter 100.000 logements supplémentaires.

Une partie de cet effort budgétaire sera consacrée aux primes à l'amélioration de l'habitat pour une enveloppe de 250 millions de francs, ce qui portera à 850 millions de francs les crédits 1997 réservés à la PAH. Prise en totalité, cette dotation permettra d'engager l'amélioration de plus de 80.000 logements pour près de 1,5 milliard de francs de travaux.

La dotation correspondante pour 1998 s'élève à 800 millions de francs, soit une baisse de 50 millions de francs par rapport à la dotation revalorisée pour 1997.

b) L'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat

L'ANAH a pour objet d'aider à l'amélioration des logements locatifs appartenant à des propriétaires privés.

A cet effet, l'ANAH reçoit une dotation du budget de l'Etat et attribue des subventions aux propriétaires privés qui réalisent des travaux d'amélioration dans les logements locatifs de plus de quinze ans et qui s'engagent à les louer pendant dix ans à titre de résidence principale.

Après travaux, les logements doivent être loués à titre de résidence principale pendant dix ans et être assujettis au versement de la taxe additionnelle au droit de bail ou exonérés de celle-ci en raison du faible montant des loyers.

Les travaux doivent permettre :

- d'améliorer l'habitat en matière de sécurité, de salubrité, d'équipement, d'accessibilité et d'adaptation aux personnes handicapées physiques ;

- d'économiser l'énergie et d'améliorer l'isolation acoustique.

Ces travaux peuvent être réalisés dans les parties privatives ou communes des immeubles.

En 1996, la subvention d'investissement de l'ANAH prévue à hauteur de 2.210 millions de francs par la loi de finances pour 1996, a été ramenée à 2.110 millions de francs par suite d'une annulation de 100 millions de francs.

Les subventions engagées en 1996 se sont montées à 2.595 millions de francs grâce à la dotation de 2.110 millions de francs et à la mobilisation complémentaire de 485 millions de francs au titre de la réutilisation des subventions attribuées les années précédentes et auxquelles leurs bénéficiaires ont renoncé. Le montant des subventions est en baisse de 5 % par rapport à celui de 1995, année exceptionnelle du fait des mesures indiquées précédemment. Les engagements ont généré un montant de travaux de 9.062 millions de francs et ont permis de subventionner 111.800 logements.

En 1997, la subvention d'investissement de l'ANAH inscrite dans la loi de finances initiale pour 1997 était de 2.015,05 millions de francs en AP.

Dans le cadre du programme supplémentaire de réhabilitation de 100.000 logements annoncé par le Premier ministre dans son discours de politique générale devant le Parlement, 200 millions de francs supplémentaires ont été attribués à l'ANAH (décret d'avance du 9 juillet 1997).

La consommation des crédits à fin juillet 1997 s'élève à 1.137 millions de francs soit 54 % du budget d'intervention pour 1997.

En 1998, les crédits de l'ANAH seront préservés puisque la dotation se montera à 2.200 millions de francs, soit un niveau équivalant au total des crédits pour 1997.

c) Les incitations fiscales à la rénovation des logements privés

Le dispositif de réduction d'impôt sur le revenu tel qu'il a été institué par l'article 85 de la loi de finances pour 1997 est maintenu. On rappellera que cette réduction d'impôt égale à 20 % du montant des dépenses concerne les contribuables qui font réaliser de gros travaux dans l'habitation principale dont ils sont propriétaires (dépenses de grosses réparations, d'amélioration et de ravalement).

Pour compléter ce dispositif et compenser la non-application du taux réduit de TVA au secteur libre, l'article 49 du projet de loi de finances pour 1998 crée un crédit d'impôt ouvert aux contribuables propriétaires ou locataires pour les travaux d'entretien et de revêtements de surface réalisés dans leur résidence principale. Ce crédit d'impôt est toutefois limité à 4.000 francs pour une personne seule (8.000 francs pour un couple). Le crédit d'impôt correspond à 15 % du montant des dépenses, soit 600 francs pour une personne seule (1.200 francs pour un couple). Il est accordé sur présentation des factures des entreprises ayant réalisé les travaux et mentionnant l'adresse de réalisations des travaux, leur nature et leur montant.

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