Article 3 -

Indemnisation des commerçants, artisans
et membres de professions libérales

L'article examiné ci-dessus ne règle pas les problèmes spécifiques des artisans, commerçants et membres de professions libérales auxquels les affaissements miniers font subir un préjudice direct ou indirect :

- le préjudice direct relève de l'indemnisation classique ;

- mais le préjudice indirect ne reçoit pas de solution en droit. Il résulte des problèmes économiques et financiers liés à la baisse de fréquentation d'une entreprise et à la diminution de son chiffre d'affaires.

Or, il s'agit là d'un problème non négligeable si l'on prend en compte la réduction drastique de la population des communes touchées par ce type de phénomène. C'est ainsi, par exemple, qu'après avoir perdu 26 % de sa population entre 1975 et 1990 -suite aux difficultés d'emploi liées à l'arrêt des travaux miniers-, la commune d'Auboué a encore subi une baisse de 13 % du nombre de ses habitants à la suite des affaissements de 1996.

En outre, des quartiers entiers peuvent ainsi se vider à la suite de tels incidents, mettant l'activité des artisans, commerçants et professions libérales en péril.

C'est pourquoi votre commission a jugé qu'il convenait, pour des raisons d'équité, de prévoir également un mode d'indemnisation à l'égard de ces professionnels.

A cet effet, elle vous propose d'adopter un article tendant à insérer un article 75-4 nouveau dans le code minier et de prévoir que les règles d'indemnisation en cas d'expropriation seraient applicables dans de telles hypothèses.


Rappelons qu'en vertu de l'article L.13-13 du code de l'expropriation, " les indemnités allouées doivent couvrir l'intégralité du préjudice direct, matériel et certain causé par l'expropriation ".

Il appartiendra à un décret en Conseil d'Etat de préciser la notion de préjudice et les critères à retenir afin de définir le champ de l'indemnisation.

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