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2. La capacité d'exercer pleinement plusieurs mandats électoraux ou fonctions électives

L'absentéisme parlementaire et le règne de la technostructure sont les deux conséquences néfastes le plus fréquemment citées pour condamner l'exercice simultané de plusieurs mandats ou fonctions. Ces observations un peu rapides méritent d'être nuancées.

· Il n'a jamais été démontré que l'absentéisme parlementaire en séance publique fusse lié au nombre des mandats ou fonctions exercés ; il existe en revanche de nombreux exemples en sens contraire de présidents d'assemblée locale très présents dans les débats parlementaires.

· Autrefois organisé autour de deux sessions ordinaires, le travail des assemblées se déroule aujourd'hui principalement au long de la session unique créée pour permettre une organisation du travail hebdomadaire respectueuse du temps législatif et des obligations de la circonscription. Le Sénat a su organiser ses séances publiques (partie visible de l'iceberg parlementaire) pour les concentrer les mardi, mercredi et jeudi. L'Assemblée nationale n'a semble-t-il pas retenu une telle organisation alors qu'élus au scrutin uninominal direct, les députés, pour le bon exercice de leur mandat parlementaire, se doivent d'être régulièrement présents dans leur circonscription.

· Entre l'exécutif des collectivités locales que sont les présidents et maires et les services administratifs, il y a place pour les vice-présidents, adjoints au maire ou titulaires de délégations, tous élus et responsables devant les électeurs.

· Enfin, il est paradoxal de voir que la modernisation proposée ignore totalement le rôle que peuvent jouer les nouvelles technologies pour favoriser l'exercice plein et entier de plusieurs mandats simultanément.

On fait valoir l'évolution des institutions en occultant celle des moyens de transport (TGV, avion) et des méthodes de communication (téléphone portable, télécopie, ordinateur portable, Internet). A croire que le parlementaire siégeant à la capitale est toujours à plusieurs journées de diligence de sa circonscription et que le point le plus reculé du département est toujours à une journée de cheval de la préfecture.

Ainsi, les comparaisons avec les IIIème et IVème Républiques n'ont-elles guère de sens aujourd'hui.

Au demeurant, chacun sait que l'emploi du temps d'un élu national ou local, a fortiori titulaire d'une fonction, n'est pas limité aux 39 heures, bientôt 35 heures, ni aux cinq jours de travail hebdomadaire. Pourtant, à entendre certains jeunes députés s'interroger sur la compatibilité des exigences nationales et locales, on pourrait croire qu'ils aspirent à une " fonctionnarisation " de leur mandat.

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