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La Poste : le temps de la dernière chance

 

III. UNE NÉCESSITÉ IMPÉRIEUSE : EFFICACITÉ, FIABILITÉ ET INNOVATION COMMERCIALE

Pour faire face aux enjeux de l'avenir, caractérisés par la diminution inexorable des volumes, la branche courrier de La Poste doit à la fois accroître son efficacité en modernisant ses appareils de production, fiabiliser sa qualité de service et assumer une démarche plus dynamique tant du point de vue des tarifs que de l'engagement de sa responsabilité.

A. AMÉLIORER L'EFFICACITÉ DE LA CHAÎNE DE PRODUCTION COURRIER POUR UNE MEILLEURE QUALITÉ À MOINDRE COÛT

1. Une réorganisation profonde de la chaîne du courrier

Pour rejoindre le niveau d'excellence des meilleures postes, il est nécessaire que La Poste conduise deux opérations en parallèle : regrouper et homogénéiser l'appareil industriel de traitement du courrier pour massifier les flux.

Il s'agit donc de réorganiser le réseau des centres de traitement et de distribution du courrier autour de points stratégiques, mais aussi d'automatiser autant que possible le tri à toutes les étapes du processus industriel. Ceci doit permettre à la fois de réduire les coûts de traitement du courrier et d'accroître la qualité de ce traitement.

Aujourd'hui, seule une telle rationalisation des processus de production apparaît à même de revitaliser le service public du courrier et de le faire échapper au dépérissement. A titre d'exemple, le déroulement de cette logique industrielle jusqu'à la tournée du facteur, permettrait à La Poste de disposer de l'équivalent de 40.000 facteurs en plus, notamment pour développer davantage de relations commerciales sur le terrain puisque, aujourd'hui, un facteur passe près de 40 % de son temps à trier le courrier avant de partir en tournée31(*). Mais, le temps ainsi gagné pourrait aussi permettre un renforcement et un développement des missions sociales accomplies par les facteurs (portage de médicaments, services aux personnes isolées, ...) et particulièrement appréciées par les Français, notamment dans les territoires ruraux défavorisés.

Selon les informations fournies par La Poste à votre rapporteur, cette reconfiguration exige un effort d'investissement sur les seuls centres de tri de plus d'un milliard d'euros, La Poste prévoyant d'en réaliser 750 millions d'ici à 200732(*). Ce n'est qu'à ce prix que La Poste pourrait être un acteur véritablement européen sur le courrier, tout en offrant aux Français un service postal de qualité.

C'est donc toute une chaîne logistique impliquant 150.000 personnes et représentant 10 milliards d'euros qu'amène à repenser l'adaptation du courrier aux exigences de la qualité du service public et de la résistance à la concurrence.

Ce lourd chantier peut être considéré comme une opportunité qui s'offre à La Poste. D'une part, comme le relève le syndicat Force Ouvrière, une automatisation des centres de tris serait l'occasion d'une révision et d'une amélioration des conditions de travail qui prévalent dans ces centres et qui sont jugées par votre rapporteur comme « déplorables ». D'autre part, La Poste sera ainsi amenée à moderniser l'ensemble de sa chaîne de traitement du courrier avec les technologies les plus récentes, ce qui pourrait en faire, en quelques années, l'une des postes les plus efficaces d'Europe en matière de coûts et de qualité.

Les gains d'efficacité que permettront ces investissements productifs pourraient être sensiblement accrus par une réorganisation concrète33(*) des 70.000 tournées de distribution de La Poste, aujourd'hui pénalisées par une certaine rigidité.

* 31 Selon les informations recueillies par votre rapporteur.

* 32 En effet, l'ampleur du changement exige au moins sept ou huit ans, horizon qui dépasse la durée du prochain contrat de plan et qui paraît déjà ambitieux comparé aux 12 ans qu'a pris l'opération équivalente pour la poste allemande.

* 33 Construire de manière optimale les plans de secteurs, réfléchir sur les modalités de distribution, parmi lesquels la traditionnelle mais lourde sacoche du facteur, le poids de la presse (qui représenterait 30 % du poids mais seulement 5 % des objets distribués)...