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La Poste : le temps de la dernière chance

 

2. Un enjeu humain indéniable

Une telle reconfiguration, lourde d'enjeux sociaux et territoriaux, appelle un urgent effort pédagogique auprès des postiers et de l'opinion. Aujourd'hui, peu ont conscience, dans le pays, de l'urgence de telles évolutions. Le discours lénifiant trop longtemps tenu par La Poste et les pouvoirs publics sur ces questions n'a pas, en effet, été de nature à éclairer les esprits sur le caractère inexorable, décisif et, désormais, quasi-immédiat des défis que l'activité courrier de La Poste se devait de relever.

On peut le déplorer. Mais, désormais il ne sert à rien de s'en lamenter. Il s'agit simplement de tenir un discours de vérité, seul à même d'expliquer les raisons du changement et son absolue nécessité. Il s'agit de créer l'envie de changer, ce qui exigera sans doute, comme le demande la CFDT, la mise en place d'une véritable méthode de conduite des changements34(*).

Pour votre rapporteur, il est indispensable qu'à l'heure où ce changement sera entrepris, il soit toujours accompagné, afin que nul postier n'ait le sentiment d'en être victime.

* 34 Lors de son audition par votre rapporteur, la CFDT a estimé que 7 % du personnel suffirait à bloquer le courrier en France. Et, il est vrai qu'environ 35.000 jours de grève ont été enregistrés dans les centres de tri en 2002, soit environ 1 jour par agent, ce qui correspond à la moyenne constatée depuis 1996, exception faite des années 2000 et 2001, durant lesquelles le nombre de journées de grèves a atteint 40.000 et 45.000 jours, en raison des réorganisations liées à la mise en place de l'aménagement et de la réduction du temps de travail. Lors de son audition par votre rapporteur, la CFDT a estimé que 7 % du personnel suffirait à bloquer le courrier en France.