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La Poste : le temps de la dernière chance

 

II. QUEL AVENIR POUR LA POSTE DANS LE SECTEUR FINANCIER ?

A. NI NÉCROSE, NI MÉTAMORPHOSE...

1. Le dépérissement par statu quo : intolérable

Si le rajeunissement de la clientèle des services financiers de La Poste ne s'opère pas, la part de marché de La Poste financière pourrait se contracter jusqu'à 7 % en 202060(*). Ceci représenterait une perte de 20 % de cette part de marché sur les 17 prochaines années. Or, ce rajeunissement ne peut pas s'opérer si la situation reste figée, c'est-à-dire si les services financiers restent bridés comme ils le sont aujourd'hui. Ce rajeunissement constitue donc un impératif commercial vital. S'il ne s'effectue pas -ne nous leurrons pas-, La Poste financière est condamnée à disparaître à moyen/long terme.

La politique de La Poste en matière de services financiers n'est donc pas une politique agressive mais bien plutôt défensive : il s'agit d'assurer une stabilisation de sa part de marché globale autour de 10 % et donc de fidéliser sa clientèle, notamment la plus jeune.

Si une nécrose progressive des services financiers par vieillissement de la clientèle avait pu, au prix toutefois de financements publics croissants, être supportée par une Poste-administration, il est incontestable que cette situation ne peut perdurer dans une entreprise exposée de manière croissante à la concurrence sur tous ses marchés.

Votre rapporteur et, avec lui, votre Commission des Affaires économiques et son groupe d'études Poste et télécommunications estiment donc que le maintien d'une clientèle diversifiée apparaît comme la condition sine qua non pour que les services financiers de La Poste puissent concilier leur équilibre économique, le maintien de leur part de marché -sinon leur développement- et une accessibilité large de toutes les couches de la population à ses services, à travers un réseau présent sur tout le territoire.

Le rôle d'animation du réseau que remplissent les services financiers et donc leur impact en termes d'aménagement du territoire se doit ici d'être souligné : si les services financiers de La Poste représentent le quart du chiffre d'affaires global du groupe, 87 % de cette part passe par les bureaux, contre à peine plus de 20 % pour les activités courrier et colis. Au total, 58 % du chiffre d'affaires des bureaux de poste provient des services financiers. En bref, sans services financiers, le réseau de La Poste ne serait que l'ombre de ce qu'il est !

Ceci permet de comprendre pourquoi le président de La Poste présente aujourd'hui l'extension des services financiers comme un moyen -parmi d'autres- pour assurer l'avenir du réseau, lequel reste, en tout état de cause, à adapter. Il convient donc d'avoir conscience qu'un dépérissement des services financiers par statu quo entraînerait mécaniquement dans son sillage celui du réseau postal. Qui pourrait s'y résoudre ? Qui pourrait le demander ?

* 60 Projections effectuées par la Direction des Clientèles Financières de La Poste.