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La Poste : le temps de la dernière chance

 

B. UN RÉSEAU QUI NE RÉPOND PLUS AUX MODES DE VIE ACTUELS

Modelé sur la démographie du XIXe siècle, il est logique que le réseau postal ne soit plus toujours adapté aux besoins du XXIe siècle.

1. Une antenne postale sur cinq en sous-activité, une sur trois à mi-temps

Beaucoup d'indicateurs convergent pour mettre en lumière l'inadaptation d'une grande partie des implantations actuelles.

L'activité postale est concentrée sur un faible nombre d'antennes : 10 % des bureaux réalisent plus de 50 % du chiffre d'affaires tous segments d'activité compris (courrier, colis, services financiers). Ce qui signifie que sur 10 bureaux de poste, un seul concentre la moitié de l'activité du total !

Les indicateurs en termes d'heures quotidiennes d'activité sont édifiants : sur 17.000 points de contact, 6.500, soit plus d'une antenne postale sur trois, ont moins de quatre heures d'activité par jour. Parmi eux, 3.700 bureaux, soit une antenne sur cinq, ont moins de 2 heures d'activité par jour.

Les 6.700 points de contact situés dans les communes de moins de 1.000 habitants assurent autant d'heures quotidiennes d'activité de guichet (20.262 heures) -soit à peu près la même charge de travail- ... que les 500 points de contact (treize fois moins nombreux !) situés dans les communes de plus de 200.000 habitants.

2. Une absence des nouveaux lieux de vie

A l'inverse, La Poste est peu présente dans les aires d'urbanisation les plus récemment développées et qui connaissent la plus forte expansion démographique, comme la périphérie des villes par exemple. Ces zones répondent pourtant aux aspirations actuelles des Français, à leurs nouveaux modes de vie, de consommation, à leurs loisirs. Elles sont plébiscitées en matière d'habitat.

De plus, les intercommunalités et les pays qui sont devenus, depuis cinq à dix ans, de puissants pôles d'organisation spatiale, ne sont pas pris en compte en tant que tels par le réseau de La Poste, qui continue à être structuré, comme autrefois les paroisses, village par village. Ces nouvelles solidarités territoriales reflètent pourtant les nouveaux modes de vie et d'organisation.

Dans sa réponse écrite au questionnaire de votre rapporteur, la fédération CGT PTT juge que si « L'heure n'est donc pas à défaire la pelote de la présence postale, mais au contraire à prendre appui sur ce qui existe et à élargir le réseau, en répondant encore plus aux besoins de service public », il doit toutefois « être tenu compte de l'aménagement de plus en plus urbain de villages périphériques des grandes et moyennes villes, sans que La Poste ne déserte les zones rurales. »

Comme le disait M. Daniel Hoeffel, président de l'Association des maires de France lors de la rencontre des présidents de commission départementale de présence postale territoriale le 5 mars 200381(*) : « l'évolution [du réseau postal, NDLR] doit être effectuée avec les communes, mais le territoire pertinent peut représenter dans de nombreuses circonstances un territoire plus vaste : pays, canton, intercommunalité, etc. Selon moi, l'intercommunalité me semble la réponse pertinente à une organisation rationnelle des territoires. Les contours des établissements publics de coopération intercommunale contiennent la réponse à la présence postale sous des formes à adapter. »

* 81 Ces propos sont rapportés dans les Actes du colloque, page 28.