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La Poste : le temps de la dernière chance

 

B. UN BILAN GLOBALEMENT POSITIF

1. Une politique de réserves financières pour exploiter le monopole encore existant

L'Etat considère que la position de quasi-monopole que Posten AB a conservé, de fait, 9 ans après son ouverture à la concurrence, assure à celle-ci une marge de manoeuvre suffisamment grande pour lui permettre de couvrir les coûts induits par l'obligation de service universel. Il faut souligner que la distribution de lettres et colis a toujours été rentable pour Posten AB et que Posten AB, étant le seul opérateur capable d'assurer entièrement ce type de services, dispose d'un avantage concurrentiel important. Cela est d'autant plus vrai que Posten AB s'est, en 1997, appuyé sur un point faible dans la construction du prix plafond en vigueur à l'époque pour justifier une augmentation de prix de 30% sur les lettres à l'unité. Posten AB a en outre procédé à une nouvelle augmentation substantielle des tarifs, de 20% en moyenne, le 1er janvier 2003. Malgré l'introduction de la TVA et un tarif postal normal fondé sur les coûts, la Suède n'est pas la pays avec le tarif le plus élevé en Europe. Le tarif postal suédois ramené au pouvoir d'achat se trouve également au niveau moyen européen.

D'autre part, Posten AB pratique depuis 1999 un politique de « constitution de réserves » dans ses exercices comptables : afin de combler les pertes attendues dans le service de bureaux de postes et de guichets imposées par l'obligation de service universel, les dirigeants de Posten ont ainsi réservé une provision de 2,4 Mds SEK (262 MEUROS) pour 2001-2005, transformant ainsi le bénéfice d'exploitation en une perte nette après provisions financières de 1360 MSEK (160,9 MEUROS) en 2000.

Selon la structure actuelle du marché, l'opérateur historique ne semble pas inquiété à court terme par ses concurrents : selon le régulateur PTS, Posten AB jouit encore de 94% de parts de marché et ses concurrents, trop nombreux pour pouvoir peser véritablement, occupent des niches très spécifiques et à un niveau local.

Cependant il faut souligner que Posten AB multiplie depuis les dernières années les difficultés l'ayant conduit à des mesures importantes de restructuration et la dotation allouée par l'Etat pour couvrir l'obligation de Service Universel, bien que récemment doublée, reste largement en deçà des besoins évalués par Posten AB.

2. Un réseau réaménagé en fonction des besoins

On constate depuis 10 ans une réduction drastique des bureaux de poste traditionnels au profit de l'ouverture de guichets à services réduits, notamment dans les zones rurales. Le nombre de bureaux de Poste avait déja diminué de moitié après l'ouverture de Posten à la concurrence (passant de 2 200 bureaux en 1990 à 1150 en 1996). Les chiffres de 2002 indiquent que la tendance se poursuit puisque l'on ne recense plus que 400 centres postaux avec des employés de Posten AB, fournissant à la fois un service postal de base et des services de logistique et de messagerie variés et avancés. Ces centres sont ouverts 5 à 6 jours par semaine de 8h à 20h et sont regroupés dans des endroits à forte concentration d'entreprises.

Le nombre de guichets dans les bureaux des grandes agglomérations va encore être réduit de moitié selon le régulateur PTS, conséquence de la désaffection des guichets de poste par les Suédois dont 2% seulement effectuent leurs transactions aux guichets. Environ 40% des Suédois paient désormais leurs factures sur l'Internet, contre 2% en 1998.

A la fin de l'année 2002, outre les 400 bureaux de poste traditionnels, on pouvait recenser :


·1800 points de contacts assurant tous les services associés aux lettres et colis postaux. Ces points de contacts se trouvent à proximité des lieux résidentiels, dans les centres commerciaux et les stations service. Les heures d'ouvertures sont celles des magasins, souvent sept jours par semaine de 9h à 21 h.


·1000 points de vente fournissant des services postaux se limitant à la vente de timbres et d'enveloppes pré-payées. Ils sont situés dans les magasins, les aéroports, gares et hôpitaux.

La substitution progressive des bureaux de poste traditionnels par les points de contacts intégrés à la grande distribution ou autres partenaires comme les stations services est considéré comme une amélioration du service proposé à la clientèle, notamment en raison des plages horaires d'ouverture moins contraignantes.