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C. UNE SÉCHERESSE MOINS INHABITUELLE

Comme l'a fait remarquer à la mission M. Pierrick Givonne, directeur scientifique adjoint du Centre national du machinisme agricole du génie rural, des eaux et des forêts (CEMAGREF), « en termes de gestion de l'eau, la canicule a été exceptionnelle, mais la sécheresse n'a pas été exceptionnelle, même si elle a été marquée. »

1. Un déficit pluviométrique important et précoce...

La sécheresse a, il est vrai, commencé dès le mois d'avril et s'est poursuivie jusqu'à l'automne, et la pluviométrie a été déficitaire de février à août, c'est-à-dire durant les six mois précédant la canicule.

Comme l'a indiqué M. Hervé Gaymard à la mission, dès le début du deuxième trimestre 2003, la faiblesse des précipitations et le constat de déficits hydriques (différence entre les précipitations et les pertes en eau du couvert végétal) anormalement précoces rendaient prévisible l'occurrence d'une sécheresse estivale importante sur une grande partie du territoire.

M. Pierrick Givonne a souligné que toutes les régions françaises n'avaient pas été touchées de la même façon pendant cette période : « la plupart ont connu des pluies de 200 à 400 mm en cumul, tandis que le Sud-est et la Corse ont enregistré une pluviométrie de moins de 200 mm. »

Il a rappelé qu'en 1976, la pluviométrie dans l'ouest et le nord de la France avait été plus faible, variant entre 100 et 200 mm.

2. Toutefois compensé par l'abondance des réserves en eau

M. Givonne a toutefois rappelé que « l'histoire hydrique de la France était plutôt défavorable en 1975 et 1976, alors qu'elle était très favorable en 2001 et 2002. »

En effet, pour M. Pascal Berteaud, directeur de l'eau au ministère de l'écologie et du développement durable, « la sécheresse a, par chance, fait suite à un hiver pluvieux et même à deux ou trois années pluvieuses [...]. Un certain nombre d'inondations s'étaient produites. Dans le nord de la France, la sécheresse a été moins forte que celle de 1976. Dans le sud, elle était plutôt plus importante, mais les effets sur le niveau des nappes phréatiques ont été moindres. Ceci est également dû aux effets d'investissement. »

Au début juillet 2003, le remplissage des barrages, retenues et réserves variait entre 80 et 95 % de leur niveau maximal. L'état des nappes phréatiques était contrasté, mais le remplissage était globalement satisfaisant.

Il reste que l'événement climatique de l'été 2003 a eu des conséquences sanitaires dramatiques et qu'il conduit naturellement à poser la question de l'anticipation, donc de la pertinence des prévisions, des alertes et de la communication dans le domaine de la météorologie.

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