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L'Union européenne et les droits de l'homme

 

CONCLUSION

La Déclaration universelle des droits de l'Homme est marquée du double sceau de l'universalité et de l'indivisibilité. Elle a proclamé des principes, les a inscrits dans les deux Pactes sur les droits civils et politiques, mais aussi économiques, sociaux et culturels, qui sont indissociables.

Soixante ans après, des progrès considérables ont été réalisés. Mais il reste beaucoup à faire et la violation des droits de l'Homme demeure une préoccupation dans la majeure partie du monde. En outre, de nouvelles menaces sont apparues. Elles sont notamment liées à la dégradation de l'environnement ou aux technologies de l'information. Parallèlement, la mondialisation de l'économie a des conséquences sur les inégalités entre pays riches et pays pauvres.

Dans ce contexte, l'Union européenne peut légitimement tirer fierté d'un système de protection des droits fondamentaux qui a fait la preuve de son efficacité. Ce système a su conjuguer la proclamation des droits avec leurs garanties effectives, en particulier à travers des procédures juridictionnelles solidement établies. Pour autant l'Union doit demeurer vigilante pour que la préoccupation de la sécurité, mise au premier plan dans le contexte du terrorisme international, ne soit pas satisfaite au détriment de la protection des droits fondamentaux. Au plan international, l'Union européenne est confrontée à une double contestation de l'universalité des droits de l'Homme. Au nom de leur souveraineté ou d'une conception différentialiste, de nombreux États remettent en cause cette universalité. L'universalité est attaquée comme elle ne l'a pas été depuis la guerre froide.

Les droits de l'Homme sont le fondement de la civilisation contemporaine. Les droits de l'Homme sont, également le fondement du système de valeurs des sociétés occidentales héritées des Lumières. Il faut bien mesurer que la contestation en cours, violemment affirmée et revendiquée, de la nature même des droits de l'Homme, aboutira à ruiner leur universalité.

Or il n'est pas possible de transiger sur les valeurs que la communauté internationale a proclamées, il y a 60 ans, dans la Déclaration Universelle : les droits de l'Homme sont universels parce que tous les êtres humains sont titulaires des droits fondamentaux que l'on ne peut nier sous peine de nier l'humanité elle-même. L'intégrité de la personne humaine doit être respectée dans le monde entier. Partout, les êtres humains ont notamment le droit intangible de ne pas être torturés, tués, mutilés, de ne pas être réduits en esclavage, de n'être pas détenus arbitrairement, de jouir des garanties d'une justice impartiale, de choisir librement et à intervalles réguliers ceux qui les gouvernent, de recevoir des soins, d'avoir accès à l'éducation, à la culture. Les êtres humains doivent pouvoir s'associer, penser et s'exprimer librement où qu'ils se trouvent sur la planète.

La diversité culturelle ou la souveraineté ne saurait justifier que l'on porte atteinte à ce qui constitue les droits fondamentaux de tout être humain.