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« Le principe de précaution : bilan de son application quatre ans après sa constitutionnalisation », (compte-rendu de l'audition publique du 1er octobre 2009 organisée par M. Claude BIRRAUX, député, et M. Jean-Claude ETIENNE)

 

QUESTIONS - DÉBAT

M. Claude BIRRAUX

Prend-on deux questions ? Mme Marie-Christine Blandin.

Mme Marie-Christine BLANDIN

Je ne veux pas évoquer le fond car ce serait beaucoup trop long. A propos du mot « dérive » que vous avez tous employé : ce ne sont pas des dérives mais des symptômes de la rupture de la confiance. Or il y a des outils pour réconcilier science et société, technologie et société :


· le retour sur le passé : que les Académies nous ressortent les rapports où elles approuvaient l'amiante comme non dangereuse ;


· l'étiquetage : le droit de choisir est la liberté du citoyen en démocratie. Écrivez « superbe crème L'Oréal avec des nanomatériaux » et des femmes iront sans doute bénéficier de cette grande avancée technologique avec l'ambition que leurs rides disparaissent, mais écrivez-le... Écrivez « bovin nourri aux OGM » ;


· dernier point, évoqué par le représentant du CNRS : la science et les expériences. Oui, nous manquons de cadres et de procédures pour que le juge ne soit pas prescripteur d'expériences car ce n'est pas son métier, mais que le citoyen puisse demander qu'on mette des souris et des rats autour des boîtes hi-fi et des antennes pour en finir, pour savoir s'il s'agit ou non de phantasmes, de craintes millénaristes ou d'un risque réel.

M. Claude BIRRAUX

Merci, Mme Marie-Christine Blandin. Voilà qui laisse encore de beaux jours à l'organisation des interfaces.

M. Olivier GUICHARDAZ, Environnement et technique

Le professeur Tubiana a dit que la constitutionnalisation du principe de précaution avait généré un recul de la pensée rationnelle ; j'ignore si c'est le cas ou si ce n'est pas l'inverse. Je constate effectivement un recul de la pensée rationnelle ; de nos jours, on est prêt à croire n'importe quoi (il y a là un champ de recherche assez vaste pour les sciences sociales et humaines afin de savoir pourquoi on en est là). L'exemple sur l'hypersensibilité supposée aux champs électromagnétiques : beaucoup de gens y croient, avec foi, sans se demander si des essais en aveugle ont été faits pour voir s'il y a un lien de cause à effet entre la cause supposée et le trouble ressenti. Il faudrait arriver à se demander pourquoi notre société en est arrivée là.

M. Claude BIRRAUX

Ce que vous dites sur la rationalité me fait penser à un mail du Canada qu'on m'a transmis, où j'ai appris qu'en février le Gouvernement français avait mobilisé les réserves de la gendarmerie et de la Défense pour encadrer la population, l'obliger à se faire vacciner au mois de septembre contre la grippe et pour prévenir les résistances des populations à la vaccination ; c'est sur Internet, mais ne contribue évidemment pas beaucoup à développer la rationalité.