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Prison et troubles mentaux : Comment remédier aux dérives du système français ?

 

3. Le projet Curabilis

Au cours des prochaines années, la Suisse romande se dotera d'un établissement fermé spécialisé entièrement consacré à l'accueil d'auteurs d'infractions atteints de troubles mentaux, baptisé Curabilis, dont la première pierre a été posée à la fin de l'année 2009. En réalité, ce projet aurait dû être réalisé dès le début des années soixante-dix, mais sa construction a été différée pour des raisons budgétaires.

L'établissement sera implanté sur la même parcelle de terrain que la prison de Champ-Dollon, principal établissement pénitentiaire du canton de Genève. Il comportera quatre-vingt-douze places soit :

- soixante-deux places réparties en quatre unités pour l'exécution des mesures, qui permettront d'accueillir des personnes soumises à un « traitement institutionnel » en raison de leurs troubles mentaux ou des personnes soumises à un « internement » ;

- quinze places pour accueillir le centre de sociothérapie « la Pâquerette », aujourd'hui situé au sein même de la prison de Champ-Dollon ; ce centre accueille les personnes détenues en exécution de peines ou de mesures, atteintes de désordres graves de la personnalité ;

- quinze places pour une unité carcérale psychiatrique qui a vocation à prendre en charge des détenus-patients qui présentent une décompensation psychique aiguë ou des détenus-patients nécessitant une prise en charge ambulatoire intensive et brève.

L'établissement devrait être doté de 219 emplois, dont 146 postes médicaux et 73 postes pénitentiaires. Il devrait être livré en 2012. Le prix de journée moyen est évalué en première analyse à 1 089 francs suisses, soit environ 766 euros.

L'ensemble des personnes accueillies dans l'établissement auront vocation à bénéficier d'une évaluation individualisée portant sur leur situation psychique, le niveau de risque, le degré de motivation pour les soins... Elles pourront ensuite s'intégrer dans des programmes incluant des traitements psychiatriques, mais également des activités liées à leur réinsertion. Ce type d'établissement existe déjà en Suisse alémanique et doit conduire la Suisse romande à rattraper son retard en ce qui concerne la mise en place d'établissements spécialisés.