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COGNIOT Georges

Ancien sénateur de la Seine
  puis de Paris

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959 (Seine)
  • Réélu le 22 septembre 1968 (Paris)
  • Fin de mandat le 2 octobre 1977 (ne se représente pas)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe Communiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

COGNIOT (GEORGES), né le 15 décembre 1901 à Montigny-les-Cherlieu (Haute-Saône).

Député de la Seine de 1936 à 1942.

Délégué à l'Assemblée Consultative provisoire de 1944 à 1945.

Député de la Seine aux deux Assemblées Nationales Constituantes de 1945 à 1946.

Député de la Seine à l'Assemblée Nationale de 1946 à 1958.

Sénateur de la Seine depuis le 26 avril 1959.

D'origine paysanne, Georges Cogniot fait ses études secondaires comme boursier aux lycées de Vesoul et de Lyon. Elève exceptionnellement doué, il entre à l'Ecole Normale supérieure en 1921 et en sort agrégé des lettres en 1924. Il est successivement professeur au lycée d'Evreux de 1925 à 1928, à celui de Dijon de 1931 à 1932, à celui de Saint-Quentin de 1933 à 1934, enfin au lycée Voltaire à Paris de 1934 à 1936.

Attiré par la politique il milite dans les rangs du parti communiste dès 1921, alors qu'il n'a que 20 ans et devient, de 1927 à 1939 Secrétaire et dirigeant de l'Internationale des travailleurs de l'enseignement, organisation syndicale fondée en 1922 à l'appel d'Anatole France. Il crée l'Université ouvrière de Paris, devenue aujourd'hui l'Université nouvelle, 8, avenue Mathurin-Moreau à Paris-19e, où professaient MM. Jean-Richard Bloch, Paul Vaillant-Couturier, Prenant, Wallon, Racamond et Berlioz.

Elu, en 1935, secrétaire du Comité mondial contre la guerre et le fascisme, que dirigeait Romain Rolland, il se lie personnellement avec ce dernier. Il succède, en 1937, à Paul Vaillant-Couturier comme rédacteur en chef de l'Humanité et conserve ces fonctions jusqu'en 1948. En 1938, il s'associe à son illustre ami Paul Langevin, pour fonder la revue La Pensée, organe du rationalisme moderne dont le succès fut et reste considérable.

Lorsque éclate la guerre de 1939, il part comme officier d'infanterie et est fait prisonnier en juin 1940. Libéré comme grand malade, il est arrêté peu après, en sa qualité de Résistant, par la police allemande et interné au camp de concentration germanique de Compiègne. Il y organise aussitôt le mouvement patriotique clandestin. Après plusieurs tentatives d'évasion manquées, il réussit enfin à s'échapper avec dix-sept autres détenus, dans la nuit du 21 au 22 juin 1942, par un souterrain de plus de quarante mètres, patiemment creusé. De cette date, jusqu'à l'insurrection parisienne de 1944, il travaille clandestinement au Comité central illégal du Parti communiste français à Paris. Il y écrit en particulier un ouvrage qu'il intitule : Esquisse d'une politique française de l'enseignement, présenté par le Parti communiste français aux autres groupements de Résistance, en 1943.

Elu conseiller municipal de Paris (5e secteur) et conseiller général de la Seine le 29 avril 1945, il ne sollicite pas le renouvellement de son mandat en 1947.

C'est aux élections générales législatives des 26 avril et 3 mai 1936, qu'il devient député de la 3e circonscription du 11e arrondissement de Paris, au deuxième tour de scrutin, par 10.543 voix, contre 6.573 à M. Laborde et 590 à M. Welfling, sur 18.138 votants. Inscrit au groupe communiste, il siège à la Commission de l'enseignement et des Beaux-arts, à celle des finances et à celle de l'Alsace et de la Lorraine. Son activité est d'emblée intense. Il dépose un nombre considérable de propositions de loi ou de résolution, concernant : la célébration nationale du tricentenaire du Discours de la Méthode de René Descartes (1936), le rattachement au Ministère de l'Education nationale, des quatre établissements nationaux d'enseignement de jeunes aveugles et sourds-muets (1936), la constitution du droit à pension des fonctionnaires féminins des lycées, collèges, cours secondaires de jeunes filles et de garçons, pour les services rendus par ces fonctionnaires en qualité de surveillantes d'internat (1937), l'organisation, en 1937, de la célébration nationale du bicentenaire de la naissance d'Antoine-Auguste Parmentier (1937), la responsabilité des instituteurs tel qu'il résulte de la loi du 5 avril 1937 (1938), l'octroi de bourses destinées à l'étude de la Révolution française (1938), l'octroi d'une subvention d'extrême urgence à la Fondation Curie (1938), la satisfaction à accorder aux légitimes revendications des fonctionnaires (1938). Il rapporte en outre : le projet et la proposition de loi tendant à abroger le décret du 30 juin 1934 supprimant la maîtrise d'internat (1936), le budget de l'éducation nationale des exercices 1937, 1938 et 1939 (1936, 1937, 1938) qu'il soutint à la tribune et est chargé d'émettre un avis au nom de la Commission des finances, sur sa proposition de loi relative au droit à pension des fonctionnaires féminins des lycées, collèges et cours secondaires de jeunes filles et de garçons (1938). Il intervient souvent à la tribune, notamment sur ; le projet de loi relatif à l'obligation de l'enseignement primaire (1936), les crédits destinés à l'Education nationale (1936), la création d'une Ecole nationale d'administration relevant directement du Ministère de l'Education nationale (1938). Il demande à interpeller le Gouvernement sur la politique systématique de hausse du coût de la vie (1938), et sur la campagne de dénigrement et d'excitation contre les plus nobles figures et les souvenirs les plus glorieux de la grande Révolution française et la lumière à faire sur les sources de cette agitation qui continue sur notre sol la propagande antifrançaise des Gouvernements de Berlin et de Rome (1939).

Il est déchu de son mandat de député le 20 février 1940 en même temps que la plupart de ses amis politiques alors qu'il est au front. On sait ce qu'il en advint depuis. Ses activités clandestines lui valent d'être désigné en novembre 1944 en qualité de délégué à l'Assemblée consultative provisoire de Paris, par le parti communiste français. Il entre à la Commission de l'équipement national, de la production et des communications, à celle de l'éducation nationale, à celle des finances, à celle de réforme de l'Etat et de législation, à la Commission permanente de coordination et à la Commission d'enquête sur les fournitures du papier de presse. Il dépose deux propositions de résolution concernant : la transformation de l'Ecole libre des sciences politiques en Ecole des sciences politiques qui soit nationale et démocratique par son organisation, son recrutement et son enseignement (1945), la possibilité pour les instituteurs et les institutrices d'être candidats aux élections municipales dans toutes les communes (1945) et est chargé de rapporter le projet d'ordonnance portant fixation du budget de l'éducation nationale de l'exercice 1945 (1945), ainsi qu'une demande d'avis sur les régimes électoraux susceptibles d'être appliqués aux prochaines élections générales (1945). Il soutient ces rapports à la tribune et participe en outre à la discussion des budgets de l'information, de la guerre et de l'éducation nationale de l'exercice 1944 et de celui de l'information de l'exercice 1945.

Aux élections générales du 21 octobre 1945 destinées à l'élection de la première Assemblée Nationale constituante, il se présente dans la troisième circonscription de la Seine sur la liste communiste, et est élu au quotient électoral par 163.512 suffrages sur 488.644 votants. Membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, il dépose une proposition de résolution tendant à faire abroger l'ordonnance du 20 octobre 1945 sur la limitation des débits de boissons (1945) et deux propositions de loi, la première ayant pour objet la réintégration dans leurs droits politiques, eu égard à la guerre et à l'occupation, de certains délinquants primaires et de certains faillis non réhabilités (1946), la seconde tendant à ouvrir un recours en révision contre les condamnations prononcées pour outrages aux bonnes moeurs par la voie du livre (1946). Il prend part à la discussion de la loi de finances de l'exercice 1946, du budget de l'éducation nationale du même exercice (1945), du projet de loi portant création de nouvelles ressources et aménagement de la législation fiscale (1946), et de la proposition de loi sur la Constitution et la Déclaration des droits (1946).

Il retrouve son siège à la deuxième Assemblée Nationale Constituante élue le 2 juin 1946, sur la liste communiste et d'union républicaine et résistante. Il recueille 158.677 suffrages sur 475.651 votants. Toujours membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, il reprend sa proposition de loi tendant à ouvrir un recours en révision contre les condamnations prononcées pour outrages aux bonnes moeurs commis par la voie du livre (1946) et dépose une proposition de loi sur l'établissement du système de la représentation proportionnelle intégrale et sans panachage pour les élections au Conseil municipal de Paris (1946). Il se fait entendre à la tribune sur : les crédits de l'éducation nationale pour l'exercice 1945 (1946), les propositions de loi tendant à établir la constitution de la République française (1946), les crédits de l'économie nationale pour l'exercice 1946 (1946) et rapporte le budget de l'éducation nationale du même exercice (1946).

Il est réélu aux élections générales du 10 novembre 1946 (1re législature de l'Assemblée Nationale) sur la liste du parti communiste et d'union républicaine et résistante, par 166.512 voix sur 472.467 votants. Toujours membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, il dépose de nombreuses propositions de loi ou de résolution concernant : les personnels scientifiques des bibliothèques, des archives et des musées (1946), les dames secrétaires de l'enseignement du second degré (1946), les agents des lycées, des écoles normales et des collèges techniques (1946), la titularisation des élèves des écoles normales d'instituteurs (1946), les membres de l'enseignement déplacés par le Gouvernement de Vichy (1946), les surveillantes générales des lycées et collèges de Paris (1947), le surclassement des localités en vue de réviser les conditions d'attribution de l'indemnité de résidence (1947), la nécessité de ne pas augmenter les droits universitaires (1947), l'interdiction de recruter du personnel scientifique et technique non titulaire (1947), la réforme de l'enseignement (1947), l'amélioration du reclassement des bibliothécaires (1949), le reclassement des directeurs et directrices d'école normale primaire (1949), le reclassement du personnel des inspections académiques (1949), le statut du personnel des centres d'apprentissage (1949), la prise en compte pour la retraite du temps de service accompli en vertu de la prolongation de l'activité autorisée par le décret du 18 décembre 1948 (1949), la reconnaissance de la licence de psychologie comme équivalente à une licence d'enseignement (1951). Il rapporte au nom de la Commission des finances : le projet de loi portant ouverture de crédits au titre de la commémoration du centenaire de la mort de Chateaubriand (1948), le projet de loi relatif au transfert au Panthéon des cendres de Jean Perrin et de Paul Langevin (1948), le projet de loi relatif au transfert au Panthéon des cendres du gouverneur général Eboué (1948), la proposition de loi tendant à l'allocation d'une subvention de 25 millions à la Cité universitaire (1949), le projet de loi relatif à la célébration du centenaire de la mort de Chopin (1949), le projet de loi concernant la célébration du bi-millénaire de la bataille d'Alésia (1949), le projet de loi relatif à la création du laboratoire normal de France (1949). Il rapporte en outre et soutient à la tribune les crédits provisionnels et le budget de l'éducation nationale de l'exercice 1947 et se fait entendre encore sur : les manoeuvres s'opposant à la collecte et à la répartition des denrées rationnées (1947), le reclassement de la fonction publique (1948), les fonctionnaires de l'enseignement auxquels est refusé le droit de grève (1951).

Il retrouve son siège aux élections générales du 17 juin 1951, sur la liste d'Union républicaine, résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix, en recueillant 136.931 voix sur 430.312 votants. Il entre à la Commission de l'éducation nationale et dépose plusieurs propositions de loi ou de résolution concernant : l'installation pour octobre 1951, de 12.000 classes dans les établissements publics d'enseignements (1951), l'abrogation des lois dites Pleven-Marie et Barangé-Barrachin (1951), la suppression des taxes qui frappent les concerts symphoniques (1951), la prolongation par la S.N.C.F. des billets populaires des congés annuels (1952), l'organisation d'une célébration nationale du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Victor Hugo (1952), la date et la durée des vacances scolaires dans l'enseignement primaire, secondaire et technique (1952), la création en 1952 d'un contingent supplémentaire de postes d'agrégés et de certifiés (1952), les centres d'apprentissage commerciaux menacés de suppression (1952), la restauration du château de Versailles (1952), la pratique de la psychotechnique (1953), la célébration du 400e anniversaire de la mort de Rabelais (1953), la création d'une indemnité de fonction pour le personnel de l'Education nationale (1953), l'autorisation de construire des bibliothèques et salles de dessin dans les écoles primaires (1953), l'annulation des blocages des crédits de l'Education nationale (1953), les tarifs des billets de la S.N.C.F. pour les enfants participant aux colonies de vacances (1953), la célébration du deuxième centenaire de la naissance de Jean-Paul Marat (1953), l'immatriculation à la Sécurité Sociale des agents généraux d'assurance (1953), la célébration dans les écoles du dixième anniversaire de la Libération (1954), la création d'une Commission technique paritaire au Centre national de la recherche scientifique (1954 et 1955), l'abrogation des lois antilaïques introduites, depuis 1951, dans la législation (1954), l'assimilation des grottes ornées aux richesses minières, quant à leur appartenance à l'Etat (1955), la réforme de l'enseignement (1955), la création d'un comité administratif paritaire au Centre national de la recherche scientifique (1955). Il prend part en outre à la discussion : du projet de loi portant subvention à l'enseignement libre, pour s'y opposer (1951), d'une proposition de loi accordant des allocations aux parents d'élèves (1951), du projet de loi relatif au redressement financier (1953), du projet de loi .relatif à l'organisation européenne pour la recherche nucléaire (1954), des projets de loi relatifs aux dépenses du Ministère de l'Education nationale (1954 et 1955), du projet de construction d'un sous-marin atomique (1955). Il dépose une demande d'interpellation sur le refus du Gouvernement d'appliquer le statut de la fonction publique et son attitude répressive à l'égard de la grève des examens, et la développe (1951), sur le projet dit de réforme des études secondaires, et la développe (1953), sur la provocation policière du 14 juillet 1953 qui a causé, place de la Nation, à Paris sept morts (1953), sur les mesures discriminatoires prises à l'encontre de certains candidats à l'E.N.A. en raison de leurs opinions politiques et sociales (1953).

Réélu aux élections générales du 2 janvier 1956 sur la liste du parti communiste français, par 167.173 voix sur 516.599 votants, il siège à la Commission des finances et à la Commission de l'éducation nationale. Il présente des propositions de loi ou de résolution concernant : le rétablissement de l'indemnité de doctorat (1956), la revalorisation des salaires des ingénieurs de l'Institut national de recherche chimique appliquée (1956), les indemnités perçues par les fonctionnaires de l'éducation nationale pour participation à un jury de concours de recrutement (1956), l'accélération du rythme d'avancement des professeurs techniques adjoints (1956), la réforme de l'enseignement (1956), les bûcherons- élagueurs de la ville de Paris (1956), les droits acquis des personnels logés de l'éducation nationale (1957), la validation des services d'enseignement accomplis à titre privé par certains Français naturalisés avant leur entrée dans l'enseignement public français (1957), l'octroi au personnel de la recherche scientifique d'un statut garantissant l'avenir de la situation de chercheur (1957). Et il participe à la discussion : de l'ajustement des dotations budgétaires reconduites à l'exercice 1957 (1956), de la création, à Lyon, d'un institut national des sciences appliquées (1957), de la politique scientifique du Gouvernement (1957), de la revalorisation des rentes viagères (1957), du plan de développement de l'énergie atomique (1957).

Aux élections générales des 23 et 30 novembre 1958 qui ont lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, il subit un échec au deuxième tour, n'obtenant que 13.506 voix, contre 15.235 à M. Fanton, sur 41.649 votants.

Mais il prend sa revanche aux élections sénatoriales du 26 avril 1959 dans le département de la Seine. Il entre à la Commission des affaires culturelles, et à la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la promotion spéciale en Algérie, et assurant par des mesures exceptionnelles, la promotion des Français musulmans. Il prend part à la discussion de ce projet (1959), à la discussion du projet de loi de finances pour l'exercice 1960 (1959), et à celle du projet de loi sur les rapports entre l'Etat et les établissements d'enseignement privés, pour opposer la question préalable (1959). En 1960, il s'intéresse au ramassage scolaire, et à l'enseignement et à la formation professionnelle agricoles. En 1961, il intervient au cours de la discussion de la loi de finances de l'exercice 1962.

Sa carrière sénatoriale se poursuit, toujours active.

Parmi ses principaux ouvrages publiés, il faut citer : L'Evasion, recueil de nouvelles (1947) ; La question scolaire en 1848 et la loi Falloux (1948) ; Réalité de la Nation, étude d'histoire et de politique sur l'idée de Nation (1950) ; Actualité du « Capital » (de Karl Marx), La nécessité sociale et l'action humaine (1948) ; Lucrèce : De la nature des choses, commentaire et traduction (1954) ; Petit guide sincère de l'Union soviétique (1954), etc. La plupart de ces livres ont été traduits en langue russe, polonaise, hongroise et allemande.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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Ve République

COGNIOT (Georges)

Né le 15 décembre 1901 à Montigny-les-Cherlieu (Haute-Saône)

Décédé le 12 mars 1978 à Gagny (Seine-Saint-Denis)

Député de la Seine de 1936 à 1940

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Seine)

Député de la Seine de 1946 à 1958

Sénateur de la Seine puis de Paris de 1959 à 1977

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, pp. 1091-1094, et deuxième partie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome III, pp. 162-163)

En novembre 1958, Georges Cogniot se représente aux élections législatives dans la 9e circonscription de la Seine. Arrivé en tête au premier tour, il est pourtant battu à l'issue du second par le candidat de l'Union pour la nouvelle République (UNR) André Fanton, élu avec 15 236 voix contre 13 506, sur les 41 649 suffrages exprimés. Il retrouve toutefois un siège parlementaire dès le 26 avril 1959 : candidat sur la liste communiste dirigée par Jacques Duclos, sur laquelle figure notamment Jeannette Thorez-Vermeersch, et qui recueille 2 176 voix sur 6 003 suffrages exprimés, il est en effet élu sénateur de la Seine. Membre du comité central du Parti communiste français jusqu'en 1964, il est ensuite réélu sénateur de Paris le 22 septembre 1968, la liste communiste obtenant 825 voix sur 2 847 suffrages exprimés.

Au Palais du Luxembourg, inscrit au groupe communiste, il siège à la commission des affaires culturelles de 1959 à 1977. En octobre 1968, il se porte candidat à la présidence du Sénat, mais ne recueille que 22 voix au troisième tour de scrutin. A l'occasion de ses mandats sénatoriaux, il se prononce en faveur de plusieurs grandes réformes de société : la loi portant réforme des régimes matrimoniaux (1965), la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967), la loi fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité, la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse (1974), et la loi portant réforme du divorce (1975). Il vote en revanche contre la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie (1960), et contre la loi portant création et organisation des régions (1972). Il choisit de s'abstenir lors du scrutin sur la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat (1973).

Professeur agrégé de philosophie, Georges Cogniot consacre l'essentiel de son activité de sénateur à l'enseignement, ainsi qu'il l'a fait tout au long de sa carrière parlementaire. Il défend en particulier la laïcité de l'école. Dès mai 1959, il présente une proposition de résolution invitant le Gouvernement à la rétablir et à la préserver. Puis, en décembre 1959, il prend vivement position contre la loi Debré sur les rapports entre l'Etat et les établissements d'enseignement privé, qu'il présente comme une « loi de peur et de haine » qui « contredit la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat ». Par la suite, il n'a de cesse de dénoncer « la faveur dont jouit l'enseignement privé » (1973).

Il interpelle en outre régulièrement les ministres de l'Education nationale successifs sur le manque de moyens dévolus à l'école. Il critique fréquemment le sureffectif dans les classes, aussi bien dans les écoles maternelles que dans les universités, de même que le manque de création de postes d'enseignants. C'est lui qui prend la parole pour exprimer la position le plus souvent opposée du groupe sénatorial communiste face à la politique scolaire du Gouvernement. Il dénonce ainsi la loi Fouchet (1963), la loi sur la formation professionnelle (1966) ou la loi Haby qui vise à créer un collège unique (1975). Dans ce dernier cas, il considère que « le but réel de la réforme est de fixer les inégalités sociales par l'école ». La lutte contre la « sélection sociale » à l'école constitue précisément l'un de ses principaux chevaux de bataille. En 1966, il est d'ailleurs nommé membre de la commission de contrôle chargée d'examiner les problèmes d'orientation et de sélection dans le service public de l'enseignement.

S'il s'intéresse à l'ensemble des problèmes éducatifs - de la date de la rentrée scolaire (1959) à la situation des docteurs d'Etat du second degré (1966) en passant par le ramassage scolaire (1960) -, Georges Cogniot intervient plus particulièrement en séance publique au sujet de l'enseignement supérieur pour lequel il demande continuellement réformes et crédits supplémentaires. En mai 1968, en pleine contestation étudiante, il plaide en faveur de l'instauration d'une « vie démocratique » à l'Université. Ce souhait ne l'empêche pas d'exprimer en octobre 1968 l'approbation du groupe communiste au projet de loi d'orientation de l'enseignement supérieur. Nommé vice-président de la mission sénatoriale d'information sur l'enseignement supérieur en 1976, il s'inquiète en 1977 du déplacement éventuel de l'université de Paris VIII-Vincennes, y voyant la volonté gouvernementale de mettre fin à « une expérience originale et anticonformiste ».

Au Sénat, Georges Cogniot suit également de près les questions touchant à la recherche scientifique et à la culture. Concernant la première, il déplore régulièrement l'insuffisance des crédits qui lui sont affectés et s'inquiète des difficultés du Commissariat à la recherche atomique, du Centre national de la recherche scientifique ou de l'Institut Pasteur. De même, il intervient sur des sujets culturels. En 1965, il fait ainsi part de son indignation au sujet de la vente des Grandes baigneuses de Paul Cézanne à la National Gallery, qu'il voit comme une attaque « portée au patrimoine culturel de la Nation ». Il s'élève aussi contre la réforme de l'enseignement des langues vivantes dans le second degré (1970), contre toute atteinte à la langue française (1975), et plaide en faveur d'une réglementation plus libérale pour la communication des archives publiques (1972).

Parallèlement à son activité parlementaire, Georges Cogniot poursuit son oeuvre intellectuelle de théoricien marxiste. En 1964, à la mort de Maurice Thorez, dont il était le secrétaire politique depuis 1954, il prend part à la création de l'Institut Maurice Thorez dont il devient le président délégué. Il continue également de publier des articles dans L'Humanité, La Pensée ou Les Cahiers du communisme, ainsi que de nombreux ouvrages tels que La Religion et la science (1960), Laïcité et réforme démocratique de l'enseignement (1963), La Lyre d'airain (1964), La Révolution d'octobre et la France (1966), Prométhée s'empare du savoir (1967), Karl Marx, notre contemporain (1968), Présence de Lénine, et Maurice Thorez, l'homme, le militant (1970). En 1976 puis 1978 paraissent ses mémoires, Parti pris.

En 1977, Georges Cogniot choisit de ne pas se représenter au Sénat et met ainsi un terme à une carrière parlementaire débutée en 1936, au moment du Front populaire. L'année suivante, le jour même du premier tour des élections législatives, le 12 mars 1978, il succombe brutalement à une syncope.

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Photo de M. Georges COGNIOT, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Communiste
Etat-civil
Né le 15 décembre 1901
Décédé le 12 mars 1978
Profession
Professeur agrégé
Département
Paris