Allez au contenu, Allez à la navigation

JARROT André

Ancien sénateur de la Saône-et-Loire

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 1986
  • Fin de mandat le 1er octobre 1995 (ne se représente pas)

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe du Rassemblement pour la République

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

JARROT (André)

Né le 13 décembre 1909 à Lux (Saône-et-Loire)

Décédé le 21 avril 2000 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) Sénateur de la Saône-et-Loire de 1986 à 1995

Né le 13 décembre 1909 à Lux, petit village de Saône-et-Loire au sud de Chalon-sur-Saône, André Jarrot suit une formation professionnelle pour devenir électromécanicien. En 1927, il entre à la Compagnie du gaz et d'électricité du Sud-Est comme électromécanicien et, après son service militaire en 1929-1930, y reste jusqu'en

1936. Il ouvre alors un garage spécialisé dans les poids lourds. Il se passionne dans les années 1930 pour le sport motocycliste et devient champion de France de vitesse sur 500 cm3 en 1937. L'année suivante, il est recordman du monde des 24 heures moto avec Georges Monneret. Il est aussi moniteur d'aviation populaire en 1937-1939, activité développée par le Front Populaire. Cette passion sportive ne l'abandonnera jamais et, à l'âge de 86 ans, il effectue un dernier saut en parachute pour marquer la fin de sa carrière politique.

Mobilisé en septembre 1939, André Jarrot est fait prisonnier le 22 juin 1940. Il s'évade deux jours plus tard puis gagne Toulouse. Démobilisé, il regagne la Bourgogne où, dès août 1940, il commence à organiser des passages en zone sud à partir de son village de Lux, proche de la ligne de démarcation. De 1940 à 1942, il participe à trois réseaux clandestins (ALI-France, Zéro-France et Brandy). Ceux-ci ont pour mission de faire passer vers l'Espagne les agents des réseaux alliés et français, les pilotes britanniques tombés en territoire ennemi et les prisonniers évadés. Il prendra en charge près de 4 000 personnes dans les premières années de la guerre. Arrêté en 1942 puis relâché, André Jarrot, alias Claude Goujon, passe en Angleterre via l'Espagne, et y rencontre le général de Gaulle. Entre 1943 et 1944, il est parachuté en France à quatre reprises pour y mener des actions clandestines destinées à saboter l'effort de guerre allemand (notamment par des sabotages contre les usines du Creusot). En 1943-1944, il est coresponsable du réseau action « Mission Armada » avant d'être délégué départemental du quartier général de Gaulle pour la Saône-et-Loire. Démobilisé le 8 août 1945, il reviendra sur ses combats de l'ombre beaucoup plus tard dans un ouvrage de mémoire paru en 1983, Les chemins de la destinée. Ce Compagnon de la Libération (décret du 16 juin 1944) restera après-guerre en contact avec les Résistants et présidera à partir de 1976 l'importante Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance.

André Jarrot s'engage dans l'aventure gaulliste dès le lancement du Rassemblement du Peuple Français (RPF) en 1947. Il est responsable du RPF en Saône-et-Loire et se porte candidat sur une liste RPF lors des élections législatives de 1951 dans son département. Même durant la « traversée du désert », il reste fidèle à de Gaulle et adhère à l'association nationale pour le soutien à l'action du général de Gaulle. Il figure parmi les membres fondateurs du nouveau parti gaulliste en 1958, l'Union pour une nouvelle République (UNR), et entre au comité central de l'UNR en octobre 1958. Il siégera par la suite et jusqu'aux années 1990 au sein du comité central des partis gaullistes successifs (UDR puis RPR).

Maire de sa commune natale, Lux, entre 1953 et 1965, il est élu en 1965 maire de Montceau-les-Mines et conservera ce mandat jusqu'en 1986. En 1967, il entre au Conseil général de Saône-et-Loire et garde son siège jusqu'en 1978, puis il y revient de 1984 à 1992. Il est également élu au Conseil régional de Bourgogne de 1986 à

1987. Parmi ses autres mandats locaux figure la présidence pendant 17 ans de la Communauté urbaine de

Creusot-Montceau-les-Mines qu'il avait fondée en 1970. Il dirige également, de 1978 à 1984, le Conseil supérieur de l'électricité et du gaz.

Ce fidèle du général de Gaulle est élu député UNR de Saône-et-Loire au deuxième tour en novembre

1958, face au député sortant, l'instituteur communiste Rémy Boutavant. Il restera député jusqu'à son entrée au gouvernement en 1974 (avant d'être réélu en 1978). Parallèlement, il représente la France à la délégation parlementaire auprès de l'OTAN entre 1959 et 1962 puis au Parlement européen entre 1962 et 1974. De mai

1974 à janvier 1976, il est le ministre de la Qualité de la Vie dans le gouvernement Chirac et contribue à sensibiliser l'opinion aux enjeux alors méconnus de l'environnement. Il restera toute sa vie marqué par ces préoccupations écologiques et, en août 1992, il interpelle les médias à l'occasion du scandale provoqué par la révélation de l'introduction clandestine en France de déchets hospitaliers allemands et suisses. En février 1991, il déposera avec d'autres parlementaires une proposition de loi visant à reconnaître d'intérêt général la préservation des paysages ruraux.

Le 28 septembre 1986, André Jarrot, alors maire, conseiller général et régional, est élu au Sénat. Pour ne pas être frappé par la loi du cumul, il renonce en décembre à son mandat de maire de Montceau-les-Mines (où il est remplacé par son premier adjoint, le RPR Michel Thomas) mais reste conseiller général. La victoire au premier tour des trois candidats (les UDF Marcel Lucotte et André Pourny, le RPR André Jarrot) de la liste d'Union de la majorité en Saône-et-Loire marque un renversement de tendance entre la majorité et l'opposition dans le département, consécutif à la poussée de la droite (et notamment du parti gaulliste) depuis les dernières élections municipales et cantonales. La campagne d'André Jarrot est efficace : il sait rassurer les élus locaux qu'inquiètent les problèmes de l'agriculture (exploitations laitières et viticoles), l'insuffisance de la dotation globale d'équipement et le départ des jeunes. L'opposition de gauche a beau publier une lettre des trois candidats de droite sollicitant le soutien du FN, cette révélation ne change pas le cours du scrutin. Au Palais du Luxembourg, André Jarrot rejoint la commission des affaires économiques avant d'en démissionner en octobre

1988. Il est alors nommé membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Membre de la délégation sénatoriale pour l'Union européenne, il participe dès 1986 au conseil supérieur de la sûreté et de l'information nucléaire. En avril 1993, il devient juge suppléant de la Haute Cour de justice.

André Jarrot ne mâche pas ses mots, notamment quand il s'agit de critiquer la majorité de gauche au pouvoir depuis 1981. En 1985, à l'occasion de la célébration du 18 juin, il s'en prend violemment aux partisans de François Mitterrand : « Il faut rejeter les naufrageurs de la patrie comme de Gaulle a rejeté les partisans de la capitulation. La France de 1985 est à nouveau marquée par la décadence. Ses dirigeants sans prestige nous mènent à la catastrophe ». Son arrivée au Palais du Luxembourg lui offre donc une nouvelle tribune contre le président socialiste. De 1986 à 1988, André Jarrot défend avec vigueur la politique menée par Jacques Chirac. A l'occasion de la discussion du projet de loi de finances, fin novembre 1987, au moment de l'examen des crédits du ministère de l'agriculture, il souligne les efforts réalisés par le ministre de l'agriculture François Guillaume depuis 1986 (augmentation des investissements, amélioration de l'enseignement et de la recherche agricole, croissance du revenu moyen agricole, soutien aux régions agricoles défavorisées, recherche de nouveaux débouchés non-alimentaires pour la production agricole) avant de remercier le Premier ministre pour sa fermeté à Bruxelles en matière de défense des intérêts français au sein de la PAC. Mais l'essentiel de ses interventions concerne la question, à ses yeux apolitique, de la défense des intérêts des Anciens combattants. De 1986 à 1994, il prend régulièrement la parole, notamment lors des débats sur les projets de loi de finances, pour demander plus

de garanties concernant les pensions, cartes et décorations des anciens Résistants et combattants des deux guerres.

Au Sénat, André Jarrot vote la loi du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion. Il

s'oppose à la loi constitutionnelle du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne ». Il approuve la loi du 22 juillet 1993 relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale.

Ancienne figure de la Résistance, André Jarrot suit de près les grands procès des années 1980 et 1990 concernant des collaborateurs ou officiers allemands impliqués dans des crimes contre l'humanité. L'annonce de l'hospitalisation de Klaus Barbie, début janvier 1987, provoque une réaction de sa part qui créé une polémique. Le sénateur, partie civile en tant que représentant de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance, déclare en effet dans la presse : « C'est une erreur d'avoir ramené Barbie en France. Il fallait le faire mourir en Bolivie, paix à son âme. Le procès va coûter une fortune à la France, on va salir la Résistance et Barbie n'aura aucun intérêt à dire la vérité. Qu'on me laisse un quart d'heure avec Barbie dans sa cellule et il n'y a plus de procès ». Le procès Touvier lui donne l'occasion d'intervenir de nouveau. A l'annonce, en août 1992, d'un non-lieu qui le scandalise, il s'adresse, au nom de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance, au procureur général de Paris, Pierre Truche, pour lui demander d'annuler le jugement de non-lieu.

André Jarrot, qui ne se représente pas aux sénatoriales du 24 septembre 1995, meurt le 21 avril 2000. De très nombreux responsables politiques nationaux (Valéry Giscard d'Estaing, Michèle Alliot-Marie pour le RPR) et régionaux (Dominique Perben, député-maire de Chalon, Jean-Pierre Soisson, président du Conseil régional, René Beaumont, président du Conseil général, André Billardon, député-maire du Creusot, Jean-Patrick Courtois et Jean-Paul Emorine, sénateurs, Robert Poujade député-maire de Dijon) lui rendent hommage, mettant notamment en avant son action héroïque durant la Résistance.

Grand officier de la Légion d'honneur, André Jarrot était également titulaire de la Croix de Guerre 39-45 et de la Médaille des évadés. Compagnon de la Libération, il arborait la croix du Combattant volontaire de la Résistance. Il avait été honoré, enfin, de plusieurs décorations étrangères (Military medal britannique, médaille de la liberté américaine, Croix de guerre belge, Ordre de Léopold, Ordre national guinéen, médaille du Mérite polonais).

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. André JARROT, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Rassemblement pour la République
Etat-civil
Né le 13 décembre 1909
Décédé le 21 avril 2000
Profession
Electro-mécanicien
Département
Saône-et-Loire