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RUDLOFF Marcel

Ancien sénateur du Bas-Rhin

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 25 septembre 1977
  • Réélu le 28 septembre 1986
  • Fin de mandat le 5 mars 1992 (nommé membre du Conseil Constitutionnel)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale
  • Membre du Groupe de l'Union Centriste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

RUDLOFF (Marcel)

Né le 15 mars 1923 à Strasbourg (Bas-Rhin)

Décédé le 23 mars 1996 à Strasbourg (Bas-Rhin)

Sénateur du Bas-Rhin de 1977 à 1992

Marcel Rudloff est né le 15 mars 1923 à Strasbourg. Ses études au lycée Fustel-de-Coulanges sont interrompues par l'évacuation de Strasbourg en septembre 1939. Il termine sa classe de philosophie au collège Freppel d'Obernai. De retour dans sa ville natale, le jeune élève refuse de poursuivre ses études sous l'annexion de fait, car elle signifie pour lui et ses camarades « l'écroulement absolu de tous les projets, de tous les objectifs pour lesquels nous avions vécu, travaillé, étudié depuis notre enfance ». Désoeuvré, le jeune homme seconde son père, architecte. Déclaré apte au Reichsarbeitsdienst, Marcel Rudloff s'évade d'Alsace en 1942 pour éviter l'incorporation de force dans la Wehrmacht. Après un passage clandestin de la ligne de démarcation, le jeune homme gagne Clermont-Ferrand où s'est repliée l'université de Strasbourg. Il s'inscrit à la faculté de droit et obtient, en juin 1944, une licence de droit puis, en novembre de la même année, le certificat d'aptitude à la profession d'avocat.

Il s'engage dans un régiment d'infanterie en mars 1945 mais ne participe pas directement à la libération de sa ville natale. Il est affecté au service central des interprètes de l'armée à Paris. Libéré de ses engagements militaires en janvier 1946, Marcel Rudloff s'inscrit au barreau de Strasbourg et s'installe comme avocat en août 1948. Il fréquente un foyer d'étudiants animé par le frère Médard, qui sera le creuset du christianisme social dans la région. Très rapidement, l'avocat prend des responsabilités dans les organisations professionnelles : il devient membre du conseil de l'ordre, est élu bâtonnier en 1971 et préside pendant un temps l'association régionale des avocats d'Alsace et de Moselle et l'Union des jeunes avocats de France. Il s'implique également dans la vie associative et fonde, en 1955, l'association des parents d'élèves de l'enseignement public en Alsace, qu'il préside jusqu'en 1990.

Ce goût de la vie publique trouve son prolongement dans l'engagement politique. Catholique pratiquant, le jeune avocat adhère au MRP. Dès 1959, il figure sur la liste menée par Pierre Pflimlin lors des élections municipales de Strasbourg. En 1965, il est élu conseiller municipal de sa ville auprès de son mentor. Après sa réélection en 1971, Marcel Rudloff devient adjoint au maire chargé des affaires sociales, de la jeunesse et des cultes. En 1976, après deux tentatives infructueuses, il est élu conseiller général du Bas-Rhin. Réélu en 1982, il abandonne ce mandat en 1988 par application de la loi sur le non cumul. Par ailleurs, au nom de l'alternance entre Haut-Rhin et Bas-Rhin, il succède à Pierre Schielé en février 1980 comme président du conseil régional. En septembre 1982, lorsque Pierre Pflimlin annonce qu'il renonce à la mairie, le nom de Marcel Rudloff s'impose rapidement. Sa liste obtient une confortable majorité dès le premier tour. « J'ai aimé toutes les fonctions que j'ai exercées. Mais le poste de maire est le plus formidable », avait-il l'habitude de confier. Six ans plus tard, l'opposition conduite par la socialiste Catherine Trautmann fait campagne sur un projet de tramway et contre le métro souterrain préconisé par le maire en place. A la surprise générale, Marcel Rudloff est battu. Il demeure conseiller municipal jusqu'en 1995. Dans ses mémoires publiées en 1996, l'ancien maire de Strasbourg revient sur cet échec : « ma seule défaite peut-être, mais quelle défaite, lourde et douloureuse, ô combien ! ».

Finalement, c'est surtout comme législateur et plus tard membre du Conseil constitutionnel que Marcel Rudloff donne la pleine mesure de son talent et de ses compétences.

Après avoir été le suppléant de Michel Kauffmann sur la liste centriste aux élections sénatoriales de 1968, Marcel Rudloff est élu sénateur en 1977 dès le premier tour, avec Louis Jung, Daniel Hoeffel et Paul Kauss, sur une liste commune réunissant centristes et gaullistes dans le Bas-Rhin. Cependant, Marcel Rudloff est le moins bien élu, récoltant tout de même près de 66% des voix. En 1986, les quatre sénateurs sortants du Bas-Rhin sont réélus au premier tour avec une confortable moyenne de 81% des suffrages. Tous améliorent d'ailleurs leur score. Le maire de Strasbourg obtient presque 80% des voix en 1986. Le scrutin confirme la large approbation des grands électeurs du Bas-Rhin.

Dès son arrivée au Palais du Luxembourg, Marcel Rudloff siège à la commission des lois dont il devient le secrétaire en 1989. A partir de 1986, il est également membre du Conseil national de la prévention de la délinquance. La plupart des interventions de cet ancien avocat qui avoue « avoir passé toute sa vie dans le lit du droit » portent sur les questions de justice. Il est d'ailleurs rapporteur de plusieurs textes délicats comme la réforme du Code pénal, celle de l'instruction, du fonctionnement des établissements pénitentiaires ou sur les écoutes téléphoniques au sujet desquelles il dépose une proposition de loi en 1990 tendant à les réglementer. Opposant farouche à la peine de mort et ardent partisan d'une politique de réinsertion des prisonniers, il salue à plusieurs reprises le dévouement des visiteurs de prisons, éducateurs, personnels sociaux et personnels pénitentiaires. Il vote tous les budgets de la justice sans considération de politique partisane. Quoique de sensibilités politiques opposées, Marcel Rudloff et Robert Badinter sont assez proches. En revanche, il n'hésite pas à se montrer critique sur certains aspects de la loi « sécurité et liberté » d'Alain Peyrefitte dont il approuve cependant l'économie générale, après le compromis issu des débats parlementaires.

En commission comme à la tribune, ce bourreau de travail déploie une intense activité parlementaire. En séance, il s'intéresse à d'autres sujets nombreux et variés comme la protection de la vie privée à l'heure de l'informatique dès 1977. Nombre de ses interventions portent sur l'école, la place que les parents doivent y tenir, l'importance des langues vivantes, la nécessité d'améliorer le cadre de vie des étudiants. Sénateur du Bas-Rhin, Marcel Rudloff est également sensible à la question des « Malgré-nous » qu'il évoque souvent à la tribune.

Marcel Rudloff vote la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980, la loi portant abolition de la peine de mort l'année suivante, la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage en 1982, la loi créant un revenu minimum d'insertion en 1988, et la loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne » en 1992.

La reconnaissance de ce travail législatif vient en février 1992 lorsque Alain Poher le nomme, à 68 ans, membre du Conseil constitutionnel. « C'est la réalisation d'un rêve un peu fou » s'émerveille-t-il. Marcel Rudloff doit abandonner son mandat sénatorial mais ne renonce pas pour autant à la politique : « Je n'ai pas du tout l'intention de prendre ma retraite politique en Alsace. Au contraire ! » prévient-il. Pourtant ce n'est pas lui qui conduit la liste de la majorité aux élections régionales en 1992, mais son collègue du conseil général du Bas-Rhin, Daniel Hoeffel. Au soir du scrutin, l'UDF et le RPR doivent se contenter d'une majorité relative. Marcel Rudloff retrouve cependant la présidence du conseil régional au terme d'un accord avec les gaullistes assorti d'une formule originale : il fera tandem avec le sénateur RPR du Haut-Rhin, Hubert Haenel, élu premier vice-président.

Marcel Rudloff s'éteint le 23 mars 1996 à Strasbourg des suites d'un cancer. Agé de 73 ans, il était chevalier de la Légion d'honneur, des Palmes académique et de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. A l'annonce de son décès, le président de la République, Jacques Chirac, a salué « une grande figure de la politique française, un républicain convaincu qui avait une très haute idée du régime parlementaire et une passion pour la justice ».

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Photo de M. Marcel RUDLOFF, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union Centriste
Etat-civil
Né le 15 mars 1923
Décédé le 23 mars 1996
Profession
Avocat
Département
Bas-Rhin