La délégation sénatoriale aux outre-mer a adopté le troisième volet de son étude sur la coopération et l’intégration régionales des outre-mer, consacré au bassin Pacifique, après les océans Indien (2024) et Atlantique (2025). Le rapport formule 20 recommandations pour faire de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna le centre de gravité de la coopération et de l’influence française et européenne dans le Pacifique.

Les rapporteurs Guillaume Chevrollier, Solanges Nadille et Rachid Temal, sous la coordination de Christian Cambon, identifient trois priorités :

1. Construire une relation de confiance entre l’Etat et les collectivités

Le rapport préconise la création d’un ministère délégué au Pacifique afin de garantir une action interministérielle cohérente. Cet élan politique doit s'accompagner d'un renforcement financier majeur, marqué par le doublement du Fonds Pacifique et la création d’un instrument financier dédié de l’AFD pour les projets de coopération régionale.

Sur le plan institutionnel, il devient indispensable de doter Wallis-et-Futuna d’une véritable compétence en matière de coopération via la révision de sa loi statutaire de 1961. Il est proposé d’organiser un débat parlementaire annuel dédié à la stratégie extérieure des outre-mer, après consultation préalable des collectivités, ainsi qu’un Sommet Pacifique-France-UE tous les trois ans.

2. Faire de l’Union européenne un véritable levier de rayonnement

La délégation demande un rééquilibrage budgétaire d'envergure, en sanctuarisant les deux tiers de l’enveloppe PTOM 2028-2034 (soit 1 milliard d’euros) au profit des territoires ultramarins (hors Groenland) et en portant à 100 M€ les crédits de coopération régionale à la main des collectivités du Pacifique. Les financements européens doivent être recentrés sur les projets structurants en matière de transports, d’énergie et de connectivité à forte visibilité.

Par ailleurs, les collectivités du Pacifique doivent siéger dans les comités de gestion et de suivi des programmes européens dans la région.

3. Agir sur les facteurs structurels et créer un « Erasmus du Pacifique »

Un « Marché commun des transports » associant États, Union européenne, collectivités et compagnies locales est à créer pour connecter la région. Ce marché pourrait être ce que la CECA fut à l’Europe. Un « Erasmus du Pacifique » doit aussi prioriser les échanges universitaires et les mobilités étudiantes à l’intérieur de la région.

Le rapport prône aussi le renforcement de la coopération sécuritaire contre le narcotrafic et la lutte contre des dispositifs de concentration de poissons (DCP). Les projets environnementaux innovants comme le classement en Zone Maritime Particulièrement Vulnérable en Polynésie française ou l'usage des scories de nickel contre l'érosion côtière doivent être soutenus.

Pour la présidente de la délégation, Micheline Jacques, il faut une concertation permanente avec les collectivités du Pacifique autour de leurs priorités, en amont de toute décision les concernant.

CONTACT PRESSE

Direction de la communication - Philippe Péjo
Tél. : 01 42 34 35 98 - presse@senat.fr