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COMPTES RENDUS DE LA DELEGATION SENATORIALE AUX OUTRE-MER


Mardi 29 mai 2018

- Présidence de M. Michel Magras, président -

Risques naturels majeurs en outre-mer - Visioconférence avec Mayotte

M. Michel Magras, président. - Mes chers collègues, nous achevons aujourd'hui le cycle de visioconférences qui nous aura permis d'entendre les acteurs en charge des problématiques de prévention, d'alerte et de secours d'urgence dans l'ensemble des outre-mer en cas de survenance d'une catastrophe naturelle.

Ces problématiques dessinent en effet les contours du premier volet de notre étude sur les risques naturels majeurs dans les outre-mer, pour laquelle nous avons nommé notre collègue de Saint-Martin, Guillaume Arnell, comme rapporteur coordonnateur. Mathieu Darnaud, sénateur de l'Ardèche, et Victoire Jasmin, sénatrice de la Guadeloupe, sont les rapporteurs de ce premier volet consacré à la gestion de l'urgence, tandis que le second traitera des questions de reconstruction et d'organisation de la résilience des territoires face aux risques.

Je dois aujourd'hui excuser Mme Jasmin retenue en Guadeloupe par une importante réunion relative à la situation du Centre hospitalier universitaire.

Outre un déplacement récent en Guadeloupe, en Martinique et dans les Îles du Nord si durement éprouvées en septembre dernier par les cyclones, nous avons été successivement à l'écoute, par le truchement de la visioconférence, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Polynésie française, de Wallis-et-Futuna, de La Réunion et de la Nouvelle-Calédonie. Nous sommes donc heureux aujourd'hui de retourner à Mayotte ; nous y étions en effet déjà jeudi dernier pour notre étude sur le sport et les échanges ont été particulièrement instructifs.

Je salue donc, au nom de la délégation, nos interlocuteurs mahorais qui se sont rendus disponibles pour éclairer nos travaux et nous instruire de la situation de Mayotte, en particulier le préfet M. Dominique Sorain, que nous avions eu l'occasion de rencontrer dans le cadre de ses fonctions précédentes en tant que directeur de cabinet de la ministre des outre-mer et préfet de La Réunion. Je tiens également à saluer M. Ramadani, président du conseil départemental, et M. Said Omar Oili, président du syndicat des communes, également présent à la visioconférence sur le sport.

Dans la palette des risques naturels majeurs, ce sont les glissements de terrain et secousses sismiques qui ont frappé durement le territoire ces derniers temps ; depuis le 10 mai la terre n'a d'ailleurs pas cessé de trembler et, même si les secousses n'ont jamais excédé la magnitude 6 sur l'échelle de Richter, nous savons la population inquiète de ce phénomène qui dure et dont la fin est imprévisible. Nous aurions clairement préféré que notre visioconférence ne soit pas aussi directement en prise sur l'actualité !

Monsieur le préfet, Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les responsables en charge de la gestion des risques, je vous propose maintenant de vous présenter tour à tour et vous remercie tous, j'y insiste, de rappeler vos nom et qualité à chaque prise de parole pour les besoins du compte rendu.

Nous devrons nous quitter un peu avant 11 h eures pour les réunions de groupe.

Je vous cède tout de suite la parole.

M. Dominique Sorain, préfet. - Mesdames et Messieurs les sénateurs, j'ai pu assister au lancement de votre étude sur les risques naturels majeurs et c'est avec plaisir que je vous retrouve ce matin pour échanger avec les élus, représentés par le président de l'association des maires, et les services concernés sur ces problématiques importantes pour Mayotte.

Je vous propose donc de commencer par quelques éléments de contexte sur l'actualité des risques naturels majeurs à Mayotte qui vit une situation exceptionnelle puisque depuis le 10 mai, de nombreuses secousses sismiques secouent le territoire. Si le risque sismique est connu sur l'archipel, le phénomène d'essaim de séismes qui nous frappe actuellement est exceptionnel. Il se caractérise par une succession de secousses erratiques tout au long de la journée, avec une centaine d'épisodes à plus de 4,4 sur l'échelle de Richter et une magnitude maximale de 5,8, un record pour l'archipel. Au total, plus de 800 secousses ont été enregistrées, dont certaines ne sont pas perceptibles. Ces séismes se propagent à partir d'une zone située à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Mayotte.

Ces secousses quotidiennes sont source de vives inquiétudes pour la population qui n'a jamais été confrontée à un phénomène de cette ampleur. En fournissant des analyses régulières, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) organise un suivi en continu du risque sismique, mais les secousses demeurent imprévisibles. Notre travail consiste donc avant tout à informer la population au travers des médias et des élus, notamment de l'association des maires, pour expliquer ce phénomène et diffuser les consignes de sécurité. Il s'agit d'une dimension essentielle du travail de prévention car, les secousses ne durant que quelques secondes, chacun doit adopter les bons réflexes et pouvoir se mettre en sécurité le plus rapidement possible. Nous apprenons donc à la population comment se protéger en intérieur, en se glissant sous une table, mais aussi en extérieur, en s'éloignant des bâtiments. Des consignes très strictes ont été données aux établissements scolaires qui ont l'obligation de réaliser des exercices quasi quotidiennement pour préparer leurs élèves.

Dans le même temps, nous procédons au recensement des dégâts sur les bâtiments avec une attention particulière portée aux établissements scolaires. Quelques bâtiments ont ainsi été fermés le temps que des études soient faites pour écarter tout danger pour les enfants. En ce qui concerne les infrastructures privées, ce travail de diagnostic précis a permis de ne condamner que les parties dangereuses de certains bâtiments.

Les conséquences matérielles de ce phénomène sont donc relativement limitées, mais la multiplication des secousses continue de générer de l'inquiétude. Nous sommes confrontés à la difficulté d'informer la population en continu pour éviter les comportements dangereux. Les premiers jours, certains habitants préféraient passer la nuit dehors, ne sachant comment réagir en cas de séisme.

Des études supplémentaires ont d'ores et déjà étaient commandées pour améliorer notre connaissance de l'essaim de séismes. À terme, nous devrons également adapter tout notre dispositif de sécurité civile, notamment le plan ORSEC séisme qui est en cours d'élaboration.

Je me permets par ailleurs d'insister sur le fait que, eu égard à l'imprévisibilité des secousses, les fausses nouvelles se sont rapidement répandues dans la population. À titre d'exemple, des messages circulaient sur les réseaux sociaux demandant aux habitants de sortir de chez eux à 3 heures du matin en prévision d'une secousse, ce qui est particulièrement dangereux. Or, il est difficile de lutter contre la prolifération de ces messages, sauf à multiplier les contenus didactiques pour s'assurer que la population reçoive les bonnes informations.

M. Said Omar Oili, président du syndicat des communes de Mayotte. - Les Mahorais, qui ont connu la sécheresse, les grèves et les séismes, considèrent que Dieu les punit. La nuit, personne ne dort, les gens prient dans la rue. À la moindre secousse, la panique s'empare de la population, tout le monde court dans tous les sens, les enfants sont apeurés. La suspicion est à son comble : certains considèrent que le préfet, en lien avec Paris, leur cache des informations. Le déploiement d'une cellule de soutien psychologique permettrait sans doute d'apaiser ce climat d'anxiété.

À l'heure actuelle, nous sommes relativement démunis face à cette crise. En tant que pouvoirs publics, nous ne pouvons que diffuser les consignes de sécurité et nous assurer que la population soit correctement informée.

M. Dominique Sorain. - En ce qui concerne la cellule d'appui psychologique, nous avons contacté l'hôpital pour tenter de monter cette structure localement. Or, il apparaît que nous avons besoin de ressources extérieures pour la mettre en place. Nous allons donc nous rapprocher de l'établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) pour tenter de trouver le soutien nécessaire à cette entreprise.

Par ailleurs, la prolifération des fausses nouvelles s'accompagne du développement d'un sentiment de suspicion à l'égard des pouvoirs publics. Ce phénomène est très difficile à combattre alors même que nous multiplions les interventions publiques et les communiqués. Le directeur de cabinet s'est exprimé encore récemment sur ce sujet à la radio, en pleine nuit. À mon sens, l'information est l'enjeu le plus important de ce type de crise, comme nous avons pu le constater après le passage d'Irma aux Îles du Nord. Nous devons absolument nous doter de moyens de communication efficaces pour éviter les mouvements de panique.

M. Michel Magras, président. - L'activité tectonique à cet endroit du globe est-elle suffisante pour provoquer des séismes encore plus violents et des tsunamis ?

M. Frédéric Tronel, chef du bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). - L'archipel des Comores dont fait partie Mayotte est situé dans une zone tectonique à sismicité majeure qui s'étend du grand rift africain à Madagascar. Le phénomène actuel semble provenir d'une faille d'une dizaine de kilomètres de long, située à l'est, au large de Mayotte. Notre connaissance du risque sismique est limitée car les séismes se forment à plusieurs milliers de mètres de profondeur, dans une zone où les données scientifiques manquent. À cet égard, une coopération internationale devra être mise en oeuvre pour faire un état des lieux des connaissances et s'assurer de remédier à ce problème.

L'essaim sismique devrait perdurer encore pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La plupart des séismes enregistrés sont d'intensité modérée, même si la secousse d'une magnitude de 5,8 n'avait jamais été observée sur le territoire, le record ayant précédemment été établi à 5,3 sur l'échelle de Richter. Cet épisode extraordinaire pourrait nous amener, après de nouvelles études, à revoir le zonage sismique dans la région et donc à réviser les normes sismiques dans le domaine de la construction.

M. Michel Magras, président. - Je comprends donc qu'il est nécessaire d'améliorer la connaissance scientifique du risque sismique dans cette zone.

M. Frédéric Tronel. - En ce qui concerne les tsunamis, nous ne devrions pas être confrontés à ce phénomène si la magnitude des séismes enregistrés reste inférieure à 6,5. Pour l'heure, nous avons donc écarté ce risque, d'autant que la configuration bathymétrique de l'île offre une protection naturelle contre les tsunamis grâce à sa barrière de corail.

M. Dominique Sorain. - Je me permets d'insister sur la nécessité de mener des études scientifiques complémentaires pour améliorer la connaissance de l'activité sismique dans cette zone. Or, nous ne disposons pas des ressources suffisantes localement car cela nécessiterait de mobiliser des bateaux pour réaliser des sondages sur zone. Des missions d'appui devront donc être menées au regard des risques qui pèsent sur Mayotte mais aussi sur les territoires voisins qui n'ont pas non plus les moyens d'une telle entreprise. Il s'agit sans doute d'une opportunité intéressante pour développer la coopération régionale, notamment avec Madagascar et les Comores.

En ce qui concerne les autres risques naturels, Mayotte est peu soumise au risque cyclonique, le canal du Mozambique étant moins familier de ce phénomène que La Réunion. Aucun cyclone n'est ainsi passé à proximité de Mayotte depuis 2014. Mis à part en 2008, aucun épisode de cette nature n'avait frappé l'archipel depuis 1984. La situation géographique de Madagascar, situé à l'est, protège Mayotte des dépressions qui se forment dans cette zone. Malgré tout, le risque cyclonique doit être pris en compte car il pourrait avoir de graves conséquences humaines et matérielles à cause de la prégnance de l'habitat précaire qui représente aujourd'hui 37 % des logements de Mayotte. La situation est d'autant plus préoccupante que les bangas, ces cases en tôles, sont souvent construites dans des zones dangereuses. Cet urbanisme sauvage, associé à l'étroitesse et à la topographie du territoire, rendent l'archipel particulièrement vulnérable aux glissements de terrain. En janvier 2018, un banal épisode pluvieux a ainsi provoqué des éboulements qui ont causé la mort de 5 personnes. Un simple événement météorologique sensible peut donc avoir de graves conséquences. Le contexte particulier du territoire justifie que nous soyons préoccupés par les phénomènes cycloniques quelle que soit leur intensité. L'utilisation des taules pour construire ces habitats précaires peut en effet avoir des conséquences dramatiques en cas de vents violents.

Nous devons donc impérativement nous préparer à faire face à ce type de phénomène. Dans cette optique, un exercice a été organisé en début d'année pour tester la chaîne de réactivité des services, de la mise en alerte jusqu'au stade de l'apparition du cyclone. En cas de crise, 250 sapeurs-pompiers, un millier de gendarmes et de policiers pourront être mobilisés dès cet été, après l'arrivée de forces de l'ordre supplémentaires, et 350 militaires au maximum pourront être déployés sur site, sans compter le régiment du service militaire adapté (SMA). À ces moyens humains s'ajoute la mobilisation de l'ensemble des services de l'État et des collectivités également mis en tension à l'occasion de cet exercice.

Cette simulation a par ailleurs permis de tester l'efficacité de tous les documents de référence en matière de gestion de crise, notamment du plan ORSEC et de ses déclinaisons locales à travers les plans communaux de sauvegarde (PCS). Si toutes les communes ne sont pas dotées de PCS, la plupart d'entre elles ont d'ores et déjà entamé des démarches en ce sens.

Nous devrions être en capacité de réagir rapidement en cas de crise majeure, à condition de pouvoir bénéficier de l'appui de services de l'extérieur. La Réunion joue un rôle majeur à cet égard puisqu'elle dispose de moyens humains considérables, et notamment du 2e régiment de parachutistes. Elle accueille par ailleurs la plate-forme d'intervention régionale de l'océan Indien (PIROI). Le matériel de la PIROI pourrait être facilement projeté à Mayotte en cas de crise, comme cela a déjà été fait par le passé pour des territoires voisins comme Madagascar. Pour autant, les urgences telles que les premiers secours et le dégagement des axes routiers devront être gérées très rapidement, ce qui implique que les forces de l'ordre et les services administratifs de Mayotte soient particulièrement réactifs et efficaces. Si les dégâts étaient très importants, nous serions rapidement confrontés à des difficultés d'intervention. Des renforts en provenance de La Réunion et de métropole devraient alors être déployés dans l'urgence. Or, cela nécessite d'abord que nous soyons en mesure d'assurer la sécurisation des sites prioritaires tels que l'aéroport et le port pour permettre le débarquement des moyens humains et matériels. Ces opérations sont d'autant plus difficiles à mener que la plupart des bâtiments ne sont pas construits aux normes sismiques, y compris les locaux des sapeurs-pompiers.

Nous devons par ailleurs mener des actions de prévention afin de limiter en amont les dégâts potentiels en cas de risque naturel majeur. La sécurisation de l'habitat est évidemment l'enjeu majeur de la politique de prévention, mais la situation est si grave que ce problème ne pourra pas être résolu à court terme. Dans cette optique, des efforts importants sont fournis pour accélérer l'élaboration des plans de prévention des risques naturels (PPRN). Cette démarche, entreprise en 2009, devrait aboutir en 2019 ou 2020. Nous espérons d'ores et déjà produire 3 PPRN en 2018 en travaillant en liaison étroite avec les collectivités. J'ajouterai que le risque de submersion n'est pas traité dans les PPRN. Il conviendra donc de mener un travail complémentaire sur ce sujet, d'autant plus que des bidonvilles se sont construits en zone littorale.

Je conclurai en apportant un complément d'information sur les tempêtes tropicales, dont l'intensité est moins importante que celle des cyclones mais qui frappent régulièrement Mayotte. Nous disposons, dans l'océan Indien, d'une classification de ces phénomènes différente de celle qui est mise en oeuvre aux Antilles. Je considère que ce système, qui différencie la vigilance cyclonique et la vigilance classique, est trop complexe et difficilement compréhensible pour la population. Il me paraît donc essentiel qu'une réflexion soit menée pour améliorer la lisibilité du dispositif d'alerte.

M. Said Omar Oili. - Encore récemment, le cyclone Hellen a provoqué des dégâts à Acoua alors qu'il est passé à plusieurs centaines de kilomètres de Mayotte. La plupart des villages sont proches de la mer et certains sont en partie construits sur du remblai. Je crains donc qu'en cas de risque naturel majeur, nous nous retrouvions complètement coupés du monde si les infrastructures portuaires et aéroportuaires étaient abîmées du fait de leur position géographique. Nous devrions alors faire face à une crise majeure avec des milliers de victimes potentielles.

M. Yves Christophe, directeur de l'aéroport de Mayotte. - La piste d'atterrissage de Saint-Martin, qui appartient également au groupe Edeis, est située à la même altitude que celle de Mayotte. Cette infrastructure a plutôt bien résisté au passage de l'ouragan Irma, ce qui est plutôt rassurant.

Nous estimons que le risque de submersion est plus à craindre que le risque cyclonique pour nos ouvrages, mais, là encore, un tel phénomène devrait laisser la piste d'atterrissage en état de fonctionner, au moins pour des avions militaires.

M. Frédéric Tronel. - Des simulations de submersion marine ont été menées sur l'ensemble de l'île en modélisant les phénomènes cycloniques historiques et en prenant en compte l'élévation tendancielle du niveau marin. Ces études ont conclu que la piste d'atterrissage était située hors zone de submersion.

M. Dominique Sorain. - Cette question est particulièrement importante. Après le passage d'Irma, nous avons pu utiliser les pistes situées en zone française et néerlandaise, ce qui a permis d'approvisionner l'île très rapidement.

Quant au port, celui-ci est très abrité et situé en eau profonde. Il devrait donc être protégé.

Si un événement majeur devait se produire, je rappelle que nous ne serions pas en capacité d'y faire face seuls et que nous aurions besoin de bénéficier très rapidement de renforts. Ceux-ci devraient donc être pré-positionnés à La Réunion pour raccourcir les délais. L'île pourrait ainsi faire office de base arrière, d'autant que la piste de Mayotte pourrait ne pas être en capacité d'accueillir de gros avions, ce qui signifie que les renforts en provenance de l'hexagone devraient obligatoirement transiter par La Réunion.

M. Michel Magras, président. - Un séisme de grande ampleur pourrait toutefois affecter les infrastructures aéroportuaires.

Par ailleurs, le passage de l'ouragan Irma a mis en lumière la nécessité de prévoir un lieu de repli, déjà équipé, pour le poste de commandement ORSEC.

M. Dominique Sorain. - J'ai encore en mémoire les visioconférences depuis les locaux provisoires aménagés à Saint-Martin. Les agents de la préfecture avaient été choqués de la violence du phénomène qui avait entraîné la destruction de leur bâtiment de travail.

À Mayotte, nous devons effectivement mener une réflexion sur nos capacités de repli en cas d'événement majeur car tous les bâtiments n'ont pas la même capacité de résistance.

M. Laurent Floch, directeur de Météo France. - Il peut paraître paradoxal qu'une île soumise aux sécheresses soit également en proie aux cyclones et aux inondations, mais nous devons nous préparer à tous ces phénomènes.

Pour revenir sur le cyclone Hellen, celui-ci est passé à 160 kilomètres au sud-ouest de Mayotte dans la nuit du 29 au 30 mars 2014. Même si les vents n'ont pas dépassé la vitesse de 89 kilomètres par heure, ce phénomène a causé de graves dégâts sur toute l'île.

Les fortes houles qui sont associées à ces systèmes dépressionnaires ne doivent pas être sous-estimées. Au niveau national, une réflexion est en cours pour adapter la vigilance en matière de submersion marine à la situation particulière des outre-mer.

M. Dominique Sorain. - Le risque de submersion marine pose la question de l'organisation de l'évacuation des populations. Des quartiers entiers pourraient être évacués, comme cela a déjà été le cas par le passé. Nous avons vu à Saint-Martin à quel point cela pouvait être difficile à gérer car de nombreuses personnes sont réticentes à évacuer leur domicile.

M. Michel Magras, président. - À cet égard, les exercices de simulation permettent de sensibiliser la population à cette problématique. Ce type d'exercice se multiplie aux Antilles, notamment pour faire face au risque sismique, dans les écoles et dans tous les établissements recevant du public. Est-ce également le cas à Mayotte ?

M. Dominique Sorain. - Aucun exercice d'évacuation de population n'a été mené récemment. Il faudrait effectivement s'y atteler, mais cela est particulièrement difficile à organiser compte tenu de l'importance de l'habitat précaire.

Nous travaillons donc d'abord sur la sensibilisation du public par des campagnes d'information, notamment dans les écoles, pour que cette culture du risque soit intériorisée dès le plus jeune âge. Un gigantesque travail de pédagogie doit être mené dans les quartiers à risque situés sur le littoral.

Au-delà de la sensibilisation, l'action de l'État doit d'abord être focalisée sur l'évacuation des habitats précaires, construits illégalement et dans des zones à risque. Il s'agit d'un enjeu majeur puisque cela concerne près de 20 000 habitations sur les 55 000 logements que compte Mayotte. Une politique ambitieuse de relogement et ou de reconstruction doit donc être menée en parallèle pour pouvoir mettre en sécurité la totalité de la population mahoraise.

M. Thani Mohamed Soilihi. - J'ai moi-même vécu le début de l'épisode sismique qui frappe le territoire à l'heure actuelle, et je peux vous assurer que nous suivons la situation de près.

Ma première question concerne les plans communaux de sauvegarde institués par la loi du 13 août 2004. J'ai noté que 10 communes en était déjà pourvues. Pour la suite, ne serait-il pas plus pertinent, comme l'a suggéré le président du syndicat des communes de Mayotte lors de la précédente visioconférence, de faire en sorte que ces plans soient élaborés à l'échelon intercommunal plutôt que communal ?

Par ailleurs, nous savons que toutes les zones de Mayotte ne sont pas couvertes par des stations d'observation météorologiques. Or, certains de ces villages comme Bouéni et Acoua ont été particulièrement endommagés par les derniers événements naturels majeurs car c'est par là qu'arrivent les kachikazi, ces pluies dévastatrices venues du Nord-Ouest africain. Encore récemment, ces pluies ont causé la mort d'une mère et de ses quatre enfants. Des stations d'observation ne devraient donc-t-elles pas être déployées dans ces secteurs ?

J'ajouterai que Mayotte fait partie des rares territoires ultramarins à ne pas être équipés de radars météorologiques, alors qu'il s'agit d'un outil essentiel pour prévoir les événements naturels majeurs et non plus simplement les subir comme nous le faisons actuellement.

M. Abdallah Hassani. - Je m'inquiète du fait que les risques naturels majeurs soient de plus en plus banalisés. À Mayotte, la population pense que la prière suffit à faire dévier la trajectoire d'un cyclone et je constate qu'elle ne semble pas avoir pris conscience de l'ampleur du phénomène sismique qui se joue actuellement. La population n'est pas en alerte, alors qu'elle devrait l'être compte tenu des nombreux risques auxquels le territoire est soumis. Il convient donc d'informer plus régulièrement les habitants pour s'assurer de leur vigilance à l'égard des risques naturels majeurs car, si aujourd'hui l'intensité des séismes que nous connaissons reste modérée, rien ne dit que nous ne serons pas soumis à une secousse de grande ampleur demain. En 1985, deux cyclones se sont succédés et ont ravagé plusieurs villages, causant des déplacements de population de grande ampleur. Nous ne sommes pas à l'abri d'une catastrophe naturelle.

M. Dominique Sorain. - L'échelon intercommunal est déjà, de fait, mobilisé puisqu'il gère la plupart des équipements pour assurer l'hébergement en urgence d'environ 20 000 personnes. Ce chiffre reste modeste et témoigne des difficultés que nous rencontrerions en cas de crise générant des déplacements massifs de population. Toutes les collectivités, des communes au conseil départemental en passant par l'intercommunalité, doivent donc être mobilisées sur cette question pour construire une chaîne cohérente de mobilisation.

En ce qui concerne les moyens d'observation météorologiques, je constate que les besoins du territoire sont identifiés depuis longtemps mais que peu de progrès ont été faits dans ce domaine, notamment en matière de prévision des fortes pluies. Wallis-et-Futuna et Mayotte sont à l'heure actuelle les deux seuls territoires ultramarins à ne pas être équipés de radars. Or, un tel équipement nous permettrait de gagner un temps précieux sur l'alerte et de mettre ainsi davantage de personnes en sécurité. Je me permets donc d'insister auprès de vous, Mesdames et Messieurs les élus, sur cette question essentielle puisque rien ne justifie que Mayotte ne puisse pas bénéficier de ces équipements.

Je partage par ailleurs les observations du sénateur M. Abdallah Hassani en ce qui concerne l'importance de l'information. Or, il est très difficile pour les pouvoirs publics de diffuser cette culture du risque auprès de la population mahoraise. Nous devons pour cela passer par des intermédiaires comme les mosquées, les cadis, les médias traditionnels et les réseaux sociaux, mais aussi effectuer un travail de prévention directe dans les quartiers. Cela nécessite une fois encore une bonne coopération entre les services de l'État et les collectivités, notamment les communes. Cela est d'autant plus important que la culture du risque, et particulièrement des cyclones, n'est pas aussi présente à Mayotte que dans d'autres îles d'outre-mer, comme en témoigne la prégnance de l'habitat précaire. Il s'agit donc d'un travail de longue haleine, qui nécessite de répéter sans arrêt les mêmes informations et de se donner les moyens de diffuser ces messages de la manière la plus pédagogique qui soit en adaptant nos modes de fonctionnement aux spécificités mahoraises.

M. Yassine Boinali, correspondant de la Croix-Rouge à Mayotte. - J'aimerais apporter quelques précisions sur les actions menées par la Croix-Rouge en matière de sensibilisation des populations. Nous avons mis en place un module d'initiation à la réduction des risques naturels majeurs qui consiste à informer la population sur les différents aléas susceptibles de frapper l'archipel. Dans le contexte de l'essaim sismique qui continue de frapper Mayotte à l'heure actuelle, nous nous rendons dans les villages pour informer directement les habitants sur la manière de se préparer aux secousses et leur apporter un soutien psychologique à travers des actions de porte-à-porte et des réunions de proximité. Ces démarches nous permettent en parallèle de recueillir de précieuses informations sur les modes de vie de la population et adapter notre communication.

Au fil de nos rencontres, nous constatons que, malgré la prégnance de la religion, les habitants commencent à prendre conscience de la dimension scientifique de ces phénomènes et de leur dangerosité.

Enfin, je profite de cette opportunité qui m'est donnée de vous parler pour adresser un appel au président du syndicat des communes. Depuis le début de notre campagne de sensibilisation, seules quelques communes nous ont sollicités pour déployer ce dispositif. Or, nos ressources sont limitées puisque notre action repose essentiellement sur l'investissement de nos bénévoles. Il nous semble donc essentiel que l'échelon local se mobilise pour garantir la bonne information des populations. Dans cette optique, nous souhaiterions proposer cette formation à plus d'agents communaux afin que ceux-ci relaient ces informations au plus grand nombre.

M. Guillaume Arnell, rapporteur coordonnateur. - Mes demandes de précision portent sur trois points particuliers et, en premier lieu, sur le fonctionnement de la chaîne de commandement une fois l'alerte déclenchée.

En outre, quel est le rôle précis de chaque acteur, et notamment du Département et des communes, dans la prévention et la gestion des opérations ?

Vous nous avez par ailleurs dressé un état des lieux des moyens humains à votre disposition pour gérer ces crises. Qu'en est-il des moyens matériels ?

M. Dominique Sorain. - Je me permets d'indiquer qu'un document apportant des éléments d'information sur les thèmes de la trame de cette visioconférence vous a déjà été adressé hier, mais que nous sommes bien sûr disposés à répondre à vos interrogations par voie orale.

Au plan théorique, la chaîne de commandement est organisée à Mayotte de la même manière que dans les autres départements. La préfecture, chargée de l'animation entre les services de l'État concernés et les collectivités, accueille le poste de commandement. Notre territoire souffrant d'un déficit d'attractivité, nous manquons toutefois de personnel, ce qui limite notre capacité à mobiliser les moyens humains civils nécessaires à la gestion de crise. Ce problème ne concerne pas les forces de l'ordre militaires dont les agents sont soumis à des règles d'affectation différentes.

En matière de prévention, nous enregistrons un certain retard dans le déploiement des plans communaux de sauvegarde mais je souhaite surtout attirer votre attention sur la nécessité de mener une réflexion avec les communes pour accélérer le processus d'élaboration des plans de prévention des risques naturels. Il s'agit du défi principal auquel nous sommes confrontés car Mayotte est un territoire de 375 kilomètres carrés avec une densité de population comparable à celle de la région parisienne.

Sur la question des moyens matériels, le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS), constitué de 250 personnes, est doté des principaux instruments d'intervention. Il ne fait aucun doute qu'en cas de crise majeure nous serions rapidement confrontés à la nécessité de recourir à des moyens matériels extérieurs. En ce qui concerne les moyens des autres administrations, la gendarmerie possède le seul hélicoptère du territoire. Cela nous pose des difficultés considérables puisqu'il y a deux mois, par exemple, l'hélicoptère était immobilisé pour sa révision alors que nous devions surveiller les barrages. L'armée possède suffisamment de camions pour intervenir efficacement en cas de crise, sous réserve que le réseau routier ne soit pas trop endommagé, ce qui est l'une de nos craintes principales. Les moyens nautiques mobilisables, enfin, sont dérisoires puisque nous disposons de deux vedettes de la gendarmerie maritime dont la capacité est très limitée et d'une barge de la marine nationale permettant d'embarquer une quinzaine de personnes. Nos moyens matériels sont donc extrêmement faibles et ne permettent pas de gérer une crise de grande ampleur, ce qui nous rend dépendants des ressources dont dispose La Réunion, elles-mêmes limitées.

M. Michel Magras, président. - Vous aviez évoqué plus tôt l'idée de faire de La Réunion une « base arrière » pour Mayotte. Cette question se pose ailleurs en outre-mer, notamment dans le bassin Atlantique où la Guyane pourrait stocker du matériel pour secourir les habitants des îles des Caraïbes en cas de sinistre majeur.

À l'international, existe-t-il un embryon de coopération régionale avec les pays voisins sur ces questions ?

J'ajouterai également qu'il a déjà été proposé à plusieurs reprises d'intégrer dans les programmes du régiment du service militaire adapté (RSMA) un module de préparation visant à créer, localement, une mini-cellule de sécurité civile, sur le modèle du volontariat chez les sapeurs-pompiers, afin de sensibiliser la population à ces problématiques. Cela vous semble-t-il souhaitable et réalisable à Mayotte ?

M. Dominique Sorain. - Les RSMA se sont avérés particulièrement utiles après le passage d'Irma puisque de nombreux jeunes bénéficient dans ce cadre de formations utiles à la reconstruction, notamment dans le bâtiment et les travaux publics. Ils jouent donc déjà un rôle de première importance en cas de crise de sécurité civile, mais nous pourrions effectivement mieux nous en servir pour diffuser la culture du risque auprès de la population. Dans cette optique, j'aborderai avec le colonel en charge du RSMA la question de l'extension de la période de formation de ces jeunes à la sécurité civile.

En matière de coopération régionale, Mayotte se situe dans une zone géographique où les moyens de sécurité civile sont très limités. Les autorités malgaches sont difficiles à joindre et ne disposent, au demeurant, d'aucune capacité d'aide ni de projection, de même que les Comores et le Mozambique. La Tanzanie est peut-être mieux dotée en moyens matériels, mais elle ne fait pas partie des circuits de coopération régionale classiques. La Commission de l'océan Indien (COI) pourrait effectivement être un outil de coordination à l'échelle de la région, mais les initiatives restent balbutiantes à l'heure actuelle.

M. Said Omar Oili. - Dans l'hexagone, les canadairs sont pré-positionnés dans le sud où le risque d'incendie est le plus élevé. À Mayotte, le risque cyclone existe mais nous ne disposons pas des moyens matériels pour y faire face localement, et M. le préfet vient de rappeler que nous ne pourrons pas compter sur nos voisins pour nous venir en aide. Je souhaite donc que vous souligniez dans votre rapport la nécessité d'équiper correctement notre territoire non seulement pour éviter une catastrophe, mais aussi pour faire de Mayotte un moteur de la coopération régionale en matière de sécurité civile.

M. Yves Christophe. - Je me permets d'insister à mon tour sur la nécessité d'équiper Mayotte d'un deuxième hélicoptère pour s'assurer que le territoire soit couvert en permanence par des moyens aéroportés. Il s'agit d'un outil d'intervention essentiel qui sert évidemment à la gestion des risques naturels majeurs mais aussi à la lutte contre l'immigration clandestine et aux opérations de sauvetage et de secours en mer. S'il est vrai qu'un hélicoptère peut être affrété en peu de temps au départ de La Réunion, les délais d'intervention sont en réalité souvent allongés par le manque de mobilisation de l'ensemble de la chaîne de commandement en dehors du département, en particulier lorsqu'il ne s'agit pas d'événements naturels d'une ampleur exceptionnelle. Or, comme cela a été dit, le moindre glissement de terrain peut être meurtrier dans le contexte particulier de Mayotte.

M. Dominique Sorain. - Le manque de moyens aériens limite également notre capacité à mettre en oeuvre les évacuations sanitaires. Dans d'autres domaines toutefois, les drones peuvent être des alternatives efficaces aux hélicoptères et je plaide donc pour qu'une réflexion soit menée sur le déploiement de ces outils légers et multi-missions sur le territoire.

M. Frédéric Robert, directeur adjoint du service départemental d'incendie et de secours (SDIS). - Les sapeurs-pompiers de Mayotte ne répondent aux standards métropolitains que depuis quatre ans. Nous sommes donc toujours en phase de structuration et de consolidation de notre dispositif pour apporter la meilleure réponse de sécurité civile possible, mais nous avons pour cela besoin de moyens similaires à ceux qui sont consacrés aux autres unités de sapeurs-pompiers de France.

Les sapeurs-pompiers de Mayotte sont en mesure de gérer les risques courants mais sont en revanche démunis face aux risques exceptionnels. Nos infrastructures sont fortement exposées, ce qui signifie que nos capacités d'intervention risquent d'être sévèrement réduites en cas de sinistre.

Nous avons donc besoin d'accompagnement, tant en termes d'ingénierie que de moyens, ceux-ci étant principalement financés par les collectivités locales.

M. Yassine Boinali. - Je souhaite vous apporter un complément d'information sur le fonctionnement de la PIROI. En termes de moyens, nous disposons à Mayotte d'un hangar pour stocker du matériel d'urgence tel que des tentes et des outils d'assainissement de l'eau ainsi que des produits de première nécessité. Nous devrions être en mesure de prendre en charge 2 000 à 5 000 personnes en cas de catastrophe naturelle, ce qui reste dérisoire par rapport à la démographie du territoire. Cet entrepôt a par ailleurs déjà servi lors des inondations au Mozambique et aux Comores ainsi qu'après le passage du cyclone Hellen à Acoua.

À l'échelle de la région, la PIROI dispose de 7 entrepôts répartis dans les différents territoires de l'océan Indien pour garantir le déploiement rapide des renforts.

M. Abdallah Hassani. - Ma question s'adresse au représentant d'Électricité de Mayotte (EDM). La majorité des câbles électriques n'est pas enfoui, ce qui représente un danger pour la population. Qu'avez-vous mis en place et que comptez-vous faire pour prévenir et gérer les risques naturels majeurs ?

M. Patrick Henry, responsable Qualité Sécurité Environnement à Électricité de Mayotte (EDM). - Nous avons élaboré plusieurs plans de prévention pour réduire au maximum les dégâts provoqués par les catastrophes naturelles. Notre politique d'enfouissement concerne uniquement les lignes à haute tension. Nous ne sommes pas en mesure d'éliminer toutes les situations à risque, ce qui nécessite que nous informions correctement la population sur les bons comportements à adopter.

Nous avons par ailleurs signé une convention avec Électricité de France (EDF) qui nous apportera son soutien en cas de crise depuis la métropole ou La Réunion, mais nous restons avant tout tributaires du rétablissement des axes routiers pour pouvoir réparer le réseau électrique.

M. Thani Mohamed Soilihi. - J'aimerais revenir sur la problématique des moyens aériens. Le déploiement de drones sur le territoire était déjà prévu par le plan Cazeneuve mais, à mon sens, cela ne peut intervenir qu'en complément de l'arrivée d'un deuxième hélicoptère.

Avons-nous les moyens, à l'heure actuelle, d'entretenir et de mettre à l'abri le seul hélicoptère dont nous disposons ?

Colonel Philippe Leclercq, commandant de la gendarmerie de Mayotte (COMGEND). - L'hélicoptère est hébergé par les forces armées, à l'aéroport, dans un lieu qui n'est pas totalement sécurisé. En cas d'alerte cyclonique, nous déplacerons cette machine vers le RSMA pour éviter qu'elle ne soit dégradée. Nous sollicitons depuis plusieurs années la direction de l'aviation civile pour tenter de trouver une solution d'hébergement pérenne, sans succès.

Par ailleurs, je n'ai connaissance d'aucun projet visant à déployer un second hélicoptère à Mayotte, alors que cela nous paraît indispensable.

Je me permets par ailleurs de rappeler que le réseau de transmission local est très fragile. Le déploiement de l'infrastructure nationale partagée des transmissions est prévu pour le début de l'année 2019. À l'heure actuelle, l'hélicoptère est le seul moyen pour projeter en tout point du département les techniciens capables de réparer le réseau.

M. Dominique Sorain. - Il n'existe pas d'autre hélicoptère, y compris civil, sur l'île, ce qui nous rend particulièrement vulnérables en cas de risque naturel majeur.

J'aimerais insister, en conclusion, sur la situation exceptionnelle de Mayotte qui nécessite de que l'on y déploie une politique de sécurité civile particulière. La départementalisation récente de l'archipel n'a en effet pas permis de combler les retards accumulés depuis si longtemps en dépit de l'engagement sans faille de tous les acteurs concernés.

M. Michel Magras, président. - Nous sommes conscients de la singularité de Mayotte et je peux vous assurer que nous en tiendrons compte dans notre rapport.